Élection américaine : suspicion sur les machines à voter électroniques
Environ 10 millions d’électeurs américains éliront leur président le 2 novembre via des machines électroniques à écran tactile. Mais un rapport de l’OSCE souligne qu’elles sont très loin de garantir un scrutin sans polémique.
Extraits d’un article d’Estelle Dumout publié par ZDNet France Mercredi 29 septembre 2004
L’élection présidentielle américaine du 2 novembre va-t-elle à nouveau tourner à l’imbroglio politico-technico-judiciaire, comme ce fut le cas il y a quatre ans ? Tout n’a pas encore été mis en œuvre pour éviter les contestations et les suspicions qui ont entouré l’élection de George W. Bush en 2000. Selon un rapport de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) publié le 28 septembre (*), l’introduction de nouvelles machines à voter électroniques « a le potentiel pour créer de sérieuses controverses ».
L’organisation, qui intervient habituellement dans les pays d’Europe orientale pour vérifier la validité des scrutins, a enquêté sur les conditions de la prochaine élection présisentielle aux États-Unis - à la demande même de Washington. L’OSCE y enverra d’ailleurs une centaine d’observateurs le jour du scrutin. Les conclusions de son premier rapport ne sont guère tendres. La confidentialité du vote par correspondance y est remise en cause, ainsi que l’exactitude des listes des personnes exclues du scrutin à cause d’une condamnation pour crime.
L’OSCE pointe surtout les problèmes pouvant résulter des machines à voter. « Les électeurs aux États-Unis utilisent divers équipements pour voter, qui peuvent varier non seulement d’un État à l’autre, mais aussi d’un comté à l’autre à l’intérieur d’un État », explique l’organisme international. Cinq technologies différentes peuvent être utilisées dans un même État : les classiques bulletins de vote papier, deux types de machines pour perforer les bulletins, le scanner optique ou les machines électroniques, notamment celles à écran tactile (baptisées DRE).
Besoin de traces sur papier des votes électroniques
Après la polémique en 2000 (le décompte laborieux des voix en Floride, où le gouverneur Jeff Bush est le frère de l’actuel président), le gouvernement a demandé aux États de l’Union de remplacer les machines à perforer par de nouvelles installations, qui permettent notamment de recompter plus facilement les votes. Mais ce changement n’est pas obligatoire, si bien que ces mêmes machines seront encore en activité dans plus de la moitié des États pour le scrutin en novembre.
Quant à ceux qui ont opté pour des machines électroniques à écran tactile, ils ne sont pas pour autant à l’abri des polémiques. L’OSCE affirme que la grande majorité d’entre elles « ne fournissent pas de traces des votes sur papier, ce qui est pourtant prévu dans de nombreuses lois nationales et absolument nécessaire pour un nouveau décompte en cas de résultats très serrés. »
De plus, les logiciels utilisés dans ces machines sont également soumis à suspicion, puisqu’ils n’ont pas pu être examinés par des experts indépendants. « Cela soulève de nombreuses interrogations au sujet de la fiabilité des équipements et de leur protection contre des interférences non autorisées », note l’OSCE.
Des fabricants de machines électroniques partisans
...
Pour en savoir plus
Une proposition de loi cherche à banaliser le vote par internet des Français expatriés
Présidentielle américaine : le vote électronique par internet déclaré inéligible
États-Unis : la fiabilité des futures machines à voter est remise en question
Pourriez vous me faire passer plus d’information sur le fonctionnement de cette machine s’il vous plaît.
Cordialement
Site: Elections américaines : suspicion sur les machines à voter
Une information qui peut contribuer au débat brestois :
Comission Européenne pour la démocratie par le droit - Venise, 12-13 mars 2004 Rapport sur la compatibilité du vote à distance et du vote électronique avec les standards du Conseil de l’Europe - Adopté par la Commission de Venise lors de sa 58e session plénière.
"Le Code de bonne conduite de la Commission de Venise contient une précision qui peut servir de ligne directrice. D’après le rapport explicatif (voir paragraphe 42), certaines précautions doivent être prises pour limiter les risques de fraude, ce qui peut notamment se faire en permettant à l’électeur de contrôler immédiatement l’enregistrement de son vote. Il est aussi important de s’assurer que les bulletins de votes sont conçus de manière à éviter toute confusion. Pour permettre vérifications et recomptages en cas de réclamation, on peut aussi prévoir que la machine imprime automatiquement un bulletin comprenant le vote exprimé et range automatiquement les bulletins dans une boîte fermée, afin qu’ils soient soustraits aux regards. Un mécanisme doit aussi permettre leur mélange pour qu’on ne puisse identifier à qui ils correspondent, par exemple aux derniers ou aux premiers votants, s’il fallait ouvrir la boîte dans un but de contrôle." (source : venice.coe.int)


Poster un message
Brest en Bretagne
