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Bruits, poussières, ..., gâchent la vie des riverains de l’usine de soja de Brest

L’usine de soja et de colza, située dans la zone portuaire de Brest est des 1000 installations de Cargill, la plus grande compagnie privée américaine, le n° 1 des exportateurs américains de céréales.

Cette présence industrielle à Brest est déjà ancienne (plus de 30 ans). Elle fait presque partie du décors.

Mais l’envers du décors laisse pour le moins à désirer : bruits, odeurs, poussières, risques, en font partie.

Depuis quelques années, des riverains s’organisent pour dénoncer la situation tout à fait anormale qu’ils doivent subir. Courrier aux autorités, pétition de plusieurs centaines de signatures principalement des habitants des quartiers qui cernent la zone portuaire, Merle Blanc, Forestou, Guelmeur, Saint Marc.

Longtemps sans réponses, leur espoir réside aujourd’hui dans l’arrêté préfectoral du 9 avril 2004 qui met Cargill en demeure de remédier aux nuisances.

Madame Urien, vous habitez le quartier du Forestou à Brest, au-dessus du port de Brest et vous avez à subir un certain nombre de nuisances ? Pouvez-vous nous expliquer ce que vous devez subir depuis pas mal de temps ?

Les nuisances sont d‘ordre divers, ce qui gêné le plus, c’est surtout le bruit 24 heures sur 24. C’est un bruit qui ne s’arrête jamais, un bruit permanent comme des ronflements de moteur.

Comment dirais-je, dans la mesure où ils ne s’arrêtent jamais c’est quelque chose qui vous porte sur les nerfs, en ce sens que vous vous demandez mais où est-ce que vous pouvez aller respirer sans entendre un bruit de fond comme ça. Lorsque le soir on veut lire tranquillement ou même dans la journée je ne peux pas aller sur le balcon, et je ne peux pas en profiter parce qu’il y a toujours ce bruit.

On a constaté la nuit et également le soir à partir de 19 heures ainsi que le week-end, des pics importants à certaines heures, des bruits très sourds. Ces pics de bruit vous réveillent la nuit, on a un double vitrage pourtant sur les chambres et dans le séjour. On ne peut rien y faire puisque quand tout est fermé on entend aussi, on peut rien y faire ...

La poussière aussi ?

La poussière et les odeurs, tous les brestois, qui habitent le quartier de Saint-Marc et certains autres quartiers, connaissent cette odeur caractéristique du soja. C’est une odeur écoeurante lorsque vous sortez de chez vous certains jours, cette odeur qui est comme une odeur à base, je ne sais pas comment dire ça, ça doit être des corps gras qu’il y a dans l’air , ça fait suffoquer par moment et puis ces poussières...

C’est lié aussi au vent comme pour le bruit ?

C’est pareil, il y a des jours où les nuisances seront, entre guillemets « moindres », mais elles sont toujours là, mais elles sont moindres, c’est évident en fonction des vents.

Certains riverains mettent en avant aussi les problèmes d’allergie ?

J’ai un voisin de palier qui a de l’asthme et qu’il ne sait pas pourquoi, il habite à côté de chez nous là et il nous dit qu’il a de grosses difficultés respiratoires, et beaucoup plus que lorsqu’il n’habitait pas le secteur. Chez nous, c’est pareil, puisque mon mari est asthmatique et quand nous avons la chance de pouvoir de temps en temps nous échapper et aller à l’extérieur de Brest et si on reste plusieurs jour à l’extérieur de Brest, il se porte mieux qu’ici.


Vous pensez qu’il y a beaucoup de gens qui sont touchés par ces nuisances ?

Sûrement, oui il y a des secteurs très précis, on peut les cibler.

Tous ceux qui sont situés au-dessus du port.
La zone du Guelmeur a également une partie des personnes qui doivent être concernées et puis, bien sur ici, le Forestou.

Et puis on peut se poser des questions aussi par rapport aux enfants.
Il y a plusieurs établissements scolaires dans le quartier.
Il y a une maternelle, il y a également l’école Fénelon qui est directement concernée, car tout à côté. Il y a l’école du Forestou dont le directeur se plaint que dans la cour parfois les odeurs étaient vraiment incommodantes.


Des initiatives ont été prises par des associations, par des riverains, vous-même vous avez écrit au préfet, un arrêté préfectoral a été pris au mois de mars 2004. Est-ce que la situation a évolué pour vous ?

Non, à l’exception d’une période d’un mois, où on a eu l’impression qu’il y a eu beaucoup moins de bruit. Est-ce que l’usine était fermée, est-ce qu’elle était en réparation, je ne sais pas pendant cette courte période, il n’y avait pratiquement plus de nuisances et là on se rendait compte de la différence, de la qualité de vie retrouvée.

Mais autrement non, depuis, je ne peux pas dire qu’il y ait réellement de changement notable, non non...

Ce que vous attendez maintenant c’est que la réglementation soit respectée et appliquée ?

Appliquée oui et puis que les nuisances cessent bien entendu.

Oui, et quelle que soit la manière, l’usine est-elle réellement aux normes, est-ce qu’elle l’est, est-ce qu’elle ne l’est pas, ça je l’ignore. L’arrêté préfectoral du mois d’avril 2004 est-il appliqué ?

Lire aussi l’interview de Monsieur Youinou, riverain et l’article intitulé " L’usine Cargill à Brest, ses nuisances et ses risques : l’arrêté du préfet du Finistère veut mettre fin à de graves dérives"

Posté le 21 octobre 2004 par Christian Bucher
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