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La langue bretonne enfin reconnue officiellement par le Conseil régional

Un jour historique !

L’assemblée régionale de Bretagne vient de reconnaître officiellement l’usage du breton et du gallo en adoptant à l’unanimité, ce matin, vendredi 17 décembre 2004, un projet linguistique inédit et ambitieux. Ce plan de sauvetage de nos langues régionales table sur 20 000 scolaires inscrits en classes bilingues ou à Diwan à l’horizon 2010.

« Pour la première fois, le Conseil régional reconnaît officiellement, aux côtés de la langue française, l’existence des langues de la Bretagne », a déclaré l’élue verte Janick Moriceau après s’être exprimée, en introduction de son discours, en gallo. Une forte émotion a traversé l’hémicycle, vendredi matin, à un peu plus de 9 h, à peine le dernier café noir avalé. La session de décembre reprenait avec l’adoption du projet linguistique pour la Bretagne. Un projet orchestré par Yann-Ber Thomin (PS) auquel ont contribué, entre autres, Naïg Le Gars et Mona Braz (UDB), Didier Le Buhan et Kaourintine Hulaud (PS).

Naïg Le Gars, les larmes aux yeux, a qualifié ce jour « de réparation historique » pour la Bretagne. Historique. Un mot qui avait disparu dans le projet remplacé par le qualificatif « important » à la demande de certains esprits chagrins socialistes. Naïg Le Gars a eu « une pensée pour ceux qui ont eu la honte de parler breton ou gallo ». Comme elle, comme Janick Moriceau, en cette matinée pas comme les autres, on a entendu des élus s’exprimer en breton, d’autres en gallo, dans un hémicycle dont certains rêvent déjà de le voir équipé en matériel de traduction simultanée.

« L’identité, ce n’est pas la fermeture. Nous souhaitons que langue bretonne bretonne devienne la langue du désir », a insisté Jean-Yves le Drian. « Notre politique linguistique touche l’ensemble des compétences de la Région, pas seulement le champ culturel », a précisé Yann-Ber Thomin. Le Conseil régional devra, il est vrai, donner l’exemple. Le projet sera évalué chaque année par un organisme indépendant. Il y a donc de forte chance que les objectifs soient atteints.

Pour Jean-Yves Le Drian, 20000 élèves en bilingue en 2010, « c’est ambitieux mais réaliste ». On le souhaite car ce plan, comme l’a souligné Janick Moriceau (lire son discours intégral ci-dessous) a été élaboré en concertation avec les associations culturelles. L’espoir est grand, il ne doit pas être déçu.

Cette belle unanimité a toutefois été malmenée par Françoise Louarn. Le groupe UMP a voté pour ce projet non sans avoir déclaré au préalable qu’il s’agissait d’un plan de façade, sans moyens financiers derrière. Ce à quoi Yann-Ber Thomin a rétorqué : « On a besoin de construire un budget consolidé que nous n’avons pas aujourd’hui et auquel nous travaillons. Fallait-il attendre pour autant ? »

Lors de la session d’octobre, une aide d’urgence de 150 € avait déjà été votée pour chaque élève pratiquant le breton. Cet effort sera poursuivi, y compris pour Diwan. Ce que semble regretter Jean-Claude Lessard (PS) qui voit dans le comblement des déficits de Diwan « Une porte-ouverte à des dérives ». Jean-Yves Le Drian a rappelé que « le Conseil supérieur de l’Education nationale avait reconnu la pédagogie Diwan » et invité le Président de la République à signer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Jacques Chirac n’a-t-il pas déclaré que l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne était conditionnée au respect des minorités par Ankara !

Il est vrai que ce dernier n’est pas à une contradiction près.

Le discours de Jancik Moriceau
Le plan linguistique dans sa version bretonne
Posté le 17 décembre 2004 par Christophe Kergosien
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