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Le "Confort électrique" se paye au prix fort !

Chauffage électrique : l’exception française !

Plus de 30% des logements français sont équipés en chauffage électrique. Cette proportion de 30% de chauffage électrique est une exception française (ex : 15% en Luxembourg, 10 % en Autriche, 5% en Allemagne, Au Danemark, le chauffage électrique est interdit depuis 1985 !) Une exception française qu’on est obligé de mettre en parallèle avec une autre exception : celle de 80% de l’énergie électrique produite avec le recours au nucléaire

Le chauffage électrique : une aberration énergétique !

Le chauffage électrique, c’est près de 13% de la
consommation nationale française d’énergie.

En termes de consommation, le chauffage électrique représente près de 25% des consommations d’électricité du secteur résidentiel et tertiaire.

Et pourtant en terme de rendement, le chauffage électrique est une aberration. Entre l’électricité primaire (production) et l’électricité finale utilisée, il y a 73% de pertes ! Le rendement du chauffage électrique n’est finalement que de 23 % en supposant 100% un rendement de 100% chez l’utilisateur (ce qui n’est jamais le cas) !

Le chauffage électrique impose un coûteux parc de production nucléaire surdimensionné !

Le chauffage électrique, usage saisonnier, par excellence nécessite une importante capacité de production de pointe. Ces unités de production utilisées qu’une partie de l’année ont un coût de production plus élevé.
Dès 1988, les services du Ministère de l’industrie pointaient du doigt cette irrégularité précisant que "EDF vend chaque kWh pour le
chauffage à environ la moitié de son coût comptable"
et chiffraient le transfert financier à plusieurs
milliards de francs par an. En toute logique, le kiloWattheure de chauffage électrique devrait être facturé plus cher.

Vivrelec, la force de frappe d’EDF pour imposer le chauffage électrique !

EDF a créé la marque Vivrélec®. Huit installations
de chauffage électrique sur dix dans le neuf se font sous cette dénomination.

Vivrélec® est une marque déposée par EDF, une formidable machine qui englobe toutes les activités marketing mises en œuvre pour développer l’utilisation du chauffage électrique en France depuis 1997. Des sommes considérables sont englouties, au travers de cette
appellation, "séduire" tous les acteurs concernés
professionnels du bâtiment, décideurs ou simples particuliers avec à la clef un dispositif éléboré qui va de
la simple aide à la décision jusqu’à la subvention (plusieurs centaines d’euros par logement, en passant par les prêts facilités. Une force de persuation telle qu’aujourd’hui encore, par exemple, dans le Finistère et à Brest, des organismes de logements sociaux ont toujours recours au mode de chauffage électrique.

Le coût social du recours au chauffage électrique est pourtant élevé !

Il est payé en grand partie par la collectivité.
Les ménages avec des revenus faibles sont souvent logés dans des logements vétustes, mal isolés et
équipés en tout électrique. Les factures EDF peuvent être très élevées l’hiver.

Un Fond social énergie alimenté chaque année par EDF et les collectivités sert à couvrir les factures
impayées, il se montait à 237 millions de Francs en 1999.

Le tiers seulement est pris en charge par EDF qui se dédouane à bon compte. EDF, à chaque fois qu’elle verse 1 euro, elle en encaisse 3 avec le paiement de la facture, les 2 autres étant fournis par les communes (CCAS), les
départements (Fonds départemental aux impayés d’énergie géré apr LADDASS et la DRASS, les CAF, les associations caritatives ;

Le choix du chauffage électrique par EDF, c’est finalement l’usager et la collectivité qui le paye !

Le chauffage électrique, indispensable au développement de l’énergie nucléaire !

La disparition de l’aberrant chauffage électrique équivaudrait à l’arrêt de la production de 8 réacteurs nucléaires de 900MW : insupportable pour le lobby nucléaire français !

Marcel BOITEUX, ancien Directeur général d’EDF ne déclarait-il pas au journal Le Point, le 30 juillet 1973 (il ya plus de 30 ans) :
"Tout client nouveau qui opte pour le chauffage électrique nous amène à augmenter d’autant notre programme nucléaire".

Une conclusion en forme de note d’espoir : la population ne cède pas si facilement aux sirènes de "Confort électrique"

En dépit d’une campagne de promotion très aggressive autour de l’offre VIVRELEC accompagné du label "Confort électrique" le nombre de logements neufs dans le Finistère ayant retenu l’option chauffage électrique a baissé en 2003 par rapport à 2002 :

2003 : 1487 sur 3995 logements neufs construits (soit 37,2%)

2002 : 1589 sur 3722 logements neufs construits (soit 42,7%)

"64% des ménages ayant choisi d’avoir un chauffage électrique ne le choisiraient plus à la date d’aujourd’hui" (source CEREN : Centre Etudes et Recherches Economiques sur l’Energie)

Peut être que ces accédants finistériens au logement neuf récalcitrants au chauffage électrique, ont vu quelque part cette information ?

A lire aussi "Le chauffage électrique ou la bûche ?" le très bon article du CIELE, Centre d’Information sur l’Energie et l’Environnement,

Posté le 23 décembre 2004 par Christian Bucher
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
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  • Juin 2006
    00:48

    Le "Confort électrique" se paye au prix fort !

    voui ...quelle autre solution pour les personnes aux revenus modestes ? acheter une chaudiere au bois à 15000 euros ?
  • Juillet 2005
    16:00

    > Où sont les chiffres ?

    par Guillemet
    73% de pertes par rapport à l’énergie primaire : la fission ou la sortie de l’alternateur ? Où sont les comparaisons avec le gaz et l’inévitable production de gaz à effet de serre de ce système ? Des questions de ce genre, il m’en vient une à la lecture de chaque ligne de l’article en référence. Ce n’est en tout cas pas avec ce genre de (dés)informations que l’on fait avancer le débat et la recherche de solutions viables. Sachant que GdF et EdF ont des intérêts communs, l’argument de l’arrêt de plusieurs tranches de 900 MW pour justifier le maintien du chauffage électrique est assez irrecevable : il y a bien longtemps que nous exportons à très bon prix les surplus d’électricité à nos voisins !!! Non vraiment, un article portant sur un tel sujet d’actualité se doit d’être un peut plus réfléchi (une référence à la crise pétrolière pourrait peut-être y trouver sa place ?) et ne pas se cantonner à une succession de pourcentages subjectifs.
  • Décembre 2004
    15:04

    > Le "Confort électrique" se paye au prix fort !

    par Stéphane Prost

    petite question technique :

    Vu que de nombreux petits appareils électrique nécéssitent un tranfo pour convertir le 220 V en 50 V est il utile de maintenir un réseau électrique en 220 V ?

    En sachant qu’il y a une grande perte de cette électricité dans l’acheminement du courant, est ce que de diminuer la tension, ferait elle diminuer la production à la source ?