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Le pic de Hubbert ou la fin du pétrole bon marché !

les articles publiés par Yves cochet sur le sujet

Quel est l’évènement le plus important qui adviendra, en France et dans le monde, dans quelques années ? Le franchissement du pic de Hubbert pétrolier.

Pour contribuer à ce débat essentiel Brest-Ouvert reprend ici les introductions et des liens vers les articles publiés en 2004 par Yves Cochet et en ligne sur son site

Yves Cochet a publié en octobre 200" avec Agnès Sinaï le livre "Sauver la terre" (Fayard).

- Pétrole, l’élan vers le pire, par Yves Cochet

Tribune publiée dans Le Monde du 26 octobre 2004

POINT DE VUE

Le choc est inévitable. La seule politique qui puisse en amoindrir les effets désastreux est la sobriété. La hausse des cours du baril de pétrole donne lieu, pour l’instant, à des prévisions mondiales précautionneuses de la part des grands trésoriers Jean-Claude Trichet et Alan Greenspan, et à de vaines polémiques françaises sur les actions immédiates du gouvernement en faveur de certains secteurs touchés par les prix croissants des carburants.

D’un côté, les gouverneurs des banques centrales rassurent les investisseurs en évaluant, pour 2005, à moins de 2 % et moins de 3 % les taux d’inflation des économies régionales qu’ils surveillent respectivement.

De l’autre coté, Nicolas Sarkozy cède rapidement à l’essentiel des revendications des marins-pêcheurs, puis des agriculteurs, puis des transporteurs routiers... tandis que le Parti socialiste et l’UFC - Que choisir réclament le retour à la "TIPP flottante" pour tous les citoyens-consommateurs-automobilistes. Le mécanisme, que vient d’annoncer M. Sarkozy, mesure financière immédiate, en masquant la vérité des coûts, n’incitera pas nos concitoyens à réduire leur consommation. En outre, on sous-entend que la conjoncture pétrolière tendue reviendra bientôt à de plus sages niveaux permettant de "soutenir la croissance".

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- Présentation générale du Pic

Lors des journées d’été de Toulouse, une plénière et deux ateliers ont été consacrés à la présentation du pic de Hubbert et de ses conséquences prévisibles.

A cette occasion, Yves Cochet a rédigé un document qui reprend les tenants et les aboutissants de cette question.

Pour le télécharger

- Un monde de Brut (1)

Première partie de la tribune publiée dans le quotidien Libération du vendredi 6 août 2004 :

Repousser les effets de la crise pétrolière passera forcément par l’apprentissage de la sobriété.

Par Yves Cochet, député (Verts) de Paris, ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement.

Plusieurs raisons sont couramment évoquées pour expliquer la hausse actuelle des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Il y aurait les affres de Ioukos, premier exportateur russe, menacé de banqueroute par Vladimir Poutine qui lui réclame des arriérés d’impôt. Les mouvements de brut du Venezuela vers les Etats-Unis seraient fragilisés par la proximité du référendum contre le président Chavez, le 15 août prochain. Le Nigeria est en proie à des troubles durables. Les Etats-Unis relèvent leur niveau d’alerte contre le terrorisme. Le conflit israélo-palestinien devient chaque jour plus aigu. L’Irak enfin est au bord du chaos. Ainsi, le facteur « peur » serait responsable d’une surcote de cinq à huit dollars par baril.

Une autre série de raisons, d’ordre économique, sont aussi parfois suggérées. La demande mondiale en produits pétroliers, notamment en huiles légères, est plus forte que prévue. La Chine est en plein boom. Sa demande en pétrole augmente de 30 % par an. L’Inde suit le même chemin. Dans ces pays, la richesse récente des dizaines de millions d’individus de la nouvelle classe moyenne s’exhibe par l’achat de voitures. Pas des Clio, tout juste bonnes pour les prolétaires européens. Des Mercedes, des BMW, des 4x4. Ces derniers se vendent d’ailleurs toujours bien aux Etats-Unis, malgré une hausse de plus de 25 % du prix du gallon de super à la pompe californienne depuis le début de l’année 2004. Ils se vendent bien aussi en Europe comme le montrent les chiffres du premier semestre, bien que le SP98 ait augmenté de plus de 10 % sur cette période.

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- Un monde de Brut (2)

Suite de la tribune parue dans le journal Libération du vendredi 6 août 2004 :

L’une des grandes différences entre le point de vue des « optimistes » et celui des « pessimistes » est l’importance accordée au temps. Pour les « optimistes », le quotient entre les réserves de pétrole (un peu plus de 1000 milliards de barils) et la consommation mondiale annuelle (un peu plus de 25 milliards de barils) nous donne encore quarante ans de consommation au rythme actuel. Pour les « pessimistes », ce quotient n’a aucun sens. Ce qui compte est la date du pic de production, à partir de laquelle les prix s’envoleront. Sommes-nous donc aujourd’hui au pic ? Ali al-Naïmi, ministre saoudien du Pétrole, affirme au contraire que son pays a les moyens d’exporter rapidement un million de barils supplémentaires par jour, plus encore à terme si nécessaire. Mais Matt Simmons, patron de la plus habile des compagnies américaines d’investissement en énergie, affirme au contraire : « The Saudis are out of capacity. » Qui croire ? En tout cas, qu’un événement violent conduise à la baisse brutale des exportations saoudiennes, c’est le monde entier qui souffrira de pénurie et les cours s’envoleront.

Nous sommes au bord d’un triple choc pétrolier, beaucoup plus important que ceux de 1973 et 1979. Un choc géologique, par franchissement du pic de la production pétrolière. Même si des controverses existent sur la date de ce pic (aujourd’hui ? En 2007 ? En 2010 ?), ne pas en tenir compte ni en informer la population nous paraît irresponsable. Un choc économique, par excès structurel de la demande sur l’offre. Les prix vont grimper. Il en est toujours ainsi lorsque la quantité d’un bien est durablement inférieure à celle réclamée par les acheteurs, notamment dans les secteurs où ce bien n’est pas rapidement substituable par un autre, ce qui est le cas pour le pétrole. Un choc géopolitique, par la permanence de la guerre et du terrorisme. Le problème du Moyen-Orient, ce n’est pas « les Arabes » ou « l’Islam », c’est notre longue addiction au pétrole, c’est la complaisance américaine et européenne envers des régimes répressifs, c’est l’hubris productiviste.

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- Brève introduction à la géologie politique

La fin imminente du pétrole et du gaz bon marché est la plus grande épreuve qu’ait jamais affrontée l’humanité. Désormais inévitables, les conséquences sociales de cette épreuve seront dévastatrices. Afin d’en repousser un peu la date et d’en réduire un peu les effets, la seule conduite possible est l’apprentissage de la sobriété. Soit, politiquement, une perspective d’autosuffisance décentralisée, par minimisation des échanges de matières et d’énergie, une mobilisation générale de la société autour d’une sorte d’économie de rationnement organisé et démocratique. Les Verts, en France et ailleurs, sont aujourd’hui placés devant cette triple responsabilité : décrire la vérité de la déplétion prochaine des hydrocarbures, élaborer une société de la sobriété, se mobiliser pour mobiliser l’ensemble de la population.

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- Affronter le monde après Hubbert

uel est l’évènement le plus important qui adviendra, en France et dans le monde, dans quelques années ? Le franchissement du pic de Hubbert pétrolier. Les conseillers régionaux et généraux, les députés européens et les sénateurs de 2004 puis, en 2007, le président de la république française, le gouvernement et sa majorité, les députés, les conseils municipaux et les maires des communes, devront alors affronter une série de problèmes nouveaux et considérables. Cette note est destinée à tous les Verts afin qu’ils se persuadent que notre parti doit se saisir de cette question, en faire la première de nos priorités et se préparer aux échéances difficiles qu’elle annonce.

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Vers la pétro-apocalypse

ARTICLE PARU DANS LE MONDE, ÉDITION DU 1ER AVRIL 2004

Dans quelques années, la production mondiale de pétrole conventionnel déclinera tandis que la demande mondiale ne cesse de croître. Le choc résultant de cette famine pétrolière structurelle est inévitable, tant sont importantes la dépendance de nos économies au pétrole bon marché et l’impossibilité concomitante de les en sevrer rapidement.

Nous pouvons seulement espérer amortir ce choc, à condition que cette perspective proche devienne dès aujourd’hui le repère unique d’une mobilisation générale de nos sociétés, imposant des conséquences drastiques dans tous les secteurs sous peine de chaos. Cette anticipation est fondée sur la méthode du géologue américain King Hubbert, qui avait prédit en 1956 le pic de la production pétrolière domestique aux Etats-Unis pour 1970. Ce qui fut exactement observé.

La transposition de la méthode d’Hubbert à d’autres pays a donné des résultats prédictifs similaires : aujourd’hui, tous les champs pétrolifères géants - les seuls qui comptent - voient leur production décroître, sauf dans le "triangle noir" Irak-Iran-Arabie saoudite.

Le pic d’Hubbert de ce Moyen-Orient pétrolier devrait être atteint autour de 2010, selon la reprise plus ou moins tardive de la pleine production irakienne et selon le taux de croissance de la demande chinoise.

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- Pétrole : le choc est pour demain

Article publié dans VERT N°2, octobre 2003.

Le Queen Mary II et l’Airbus A380 sont
morts-nés. Ces deux transporteurs
géants de passagers, fleurons des industries
navale et aéronautique françaises, n’ont
aucun avenir avant même que d’être lancés.

Pourquoi ? Parce que dans les années 2008-
2012, c’est-à-dire demain, deux courbes vont se
croiser. La première de ces courbes est celle de
l’offre mondiale de pétrole
depuis cent cinquante ans,
qui a toujours été supérieure
à la seconde, la courbe de la
demande mondiale de pétrole.
Bientôt, donc, l’offre ne
pourra satisfaire la demande
pour des raisons géologiques
inéluctables, qu’aucunvolontarisme
industriel ou politique
ne pourra contrarier.

Que se passera-t-il alors ? Les
milliards d’utilisateurs quotidiens
de produits pétroliers,
drogués depuis des décennies à un pétrole abondant
et bon marché (le prix du pétrole en 2003
est inférieur à celui de 1974, année du “premier
choc pétrolier”), exerceront une pression à la
hausse par leurs besoins excessifs.

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- George W. Bush, notre héros ?

Tribune parue dans Le Monde daté du 19 février 2003

Comme la majorité de nos concitoyens, je suis opposé à la guerre et j’approuve la posture actuelle de la France au Conseil de sécurité. De même, je considère que Saddam Hussein est un dictateur et qu’il faut aider les démocrates irakiens à établir un autre régime à Bagdad.

Mais, au-delà de ces positions partagées, qu’en est-il des arrières-pensées économiques du gouvernement français et du comportement quotidien de chacun d’entre nous vis-à-vis du pétrole ? Les réponses à ces deux questions sont liées, comme le sont la dérive de l’effet de serre, le naufrage du « Prestige » et la perspective de guerre en Irak. Autrement dit, si l’on pense que la principale motivation américaine pour cette guerre est la main mise d’ExxonMobil et de Chevron-Texaco sur le pétrole irakien, il faut ajouter que les dirigeants français préféreraient que cette main mise soit celle de TotalFinaElf, les russes celle de Loukoil (cf. Le Monde du 13 février 2003), et que nous sommes individuellement schizophrènes lorsque nous nous lamentons sur les marées noires à répétition ou les changements climatiques tout en continuant à vénérer la sacro-sainte bagnole et à hurler contre toute hausse du litre à la pompe.

Que nous importe alors de nous arrêter à la station Total ou à la station Esso pourvu que nous puissions faire le plein à bon marché. En ce sens, George W. Bush est notre héros et les Marines nos mercenaires, comme ils le furent déjà en 1991, à un Bush près.

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Sauver la terre, Yves Cochet et Agnès Sinaï, Fayard, 2003

Notre planète est malade, très malade : dérèglement du climat, pollution de l’air et de l’eau, épuisement des sols, disparition d’innombrables espèces animales et végétales... Les signaux d’alerte ont beau clignoter, ils rencontrent une incrédulité quasi générale. Comme si le caractère irréversible de ces phénomènes échappait à l’entendement commun et à la lecture des dirigeants politiques.

La cause de ce déni ? L’idéologie productiviste : indifférence à la nature, primauté de l’économique sur toute autre considération - fût-elle environnementale, sociale ou politique -, mais aussi dimension démiurgique de la technologie. C’est ainsi qu’à l’échelon international toutes les négociations environnementales - décrites de l’intérieur par les auteurs, qui en relatent les faux espoirs et les ambiguïtés perverses - semblent détournées dans le sens des intérêts du marché et des sociétés industrielles. C’est un cri d’alarme que poussent Yves Cochet et Agnès Sinaï : il est plus qu’urgent de prendre conscience de la menace qui pèse sur notre planète, et donc sur nous tous, et d’agir en adoptant une attitude de responsabilité écologique.

ECOLOGIE, DÉVELOPPEMENT DURABLE, PÉTROLE
Sortie du livre "Sauver la terre"
mise à jour du jeudi 23 octobre 2003

Sauver la terre, Yves Cochet et Agnès Sinaï, Fayard, 2003, 19 Euros.

Présentation :

Notre planète est malade, très malade : dérèglement du climat, pollution de l’air et de l’eau, épuisement des sols, disparition d’innombrables espèces animales et végétales... Les signaux d’alerte ont beau clignoter, ils rencontrent une incrédulité quasi générale. Comme si le caractère irréversible de ces phénomènes échappait à l’entendement commun et à la lecture des dirigeants politiques.

La cause de ce déni ? L’idéologie productiviste : indifférence à la nature, primauté de l’économique sur toute autre considération - fût-elle environnementale, sociale ou politique -, mais aussi dimension démiurgique de la technologie. C’est ainsi qu’à l’échelon international toutes les négociations environnementales - décrites de l’intérieur par les auteurs, qui en relatent les faux espoirs et les ambiguïtés perverses - semblent détournées dans le sens des intérêts du marché et des sociétés industrielles. C’est un cri d’alarme que poussent Yves Cochet et Agnès Sinaï : il est plus qu’urgent de prendre conscience de la menace qui pèse sur notre planète, et donc sur nous tous, et d’agir en adoptant une attitude de responsabilité écologique.

Yves Cochet a été ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement dans le gouvernement Jospin. Scientifique de formation et militant de l’écologie politique depuis trente ans, il est aujourd’hui député Vert de Paris.

Posté le 26 décembre 2004
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Nouveau commentaire
  • Décembre 2004
    11:33

    « Les négociations écologiques globales au coeur d’un "New Deal" pour le XXIème siècle »

    par Ecolo+

    janvier 2005 par Alain Lipietz

    ["Penser globalement ; agir localement" : cette devise des écologistes se heurte à de sérieuses limites... Quand il s’agit des crises écologiques globales. Celles dont les causes sont locales mais les effets retentissent sur toute la planète…. ] La suite ici : http://lipietz.net/article.php3?id_article=1403

    Voir en ligne : "Agir globalement ; agir localement"

  • Décembre 2004
    11:31

    « Les négociations écologiques globales au coeur d’un "New Deal" pour le XXIème siècle »

    par Ecolo+

    janvier 2005 par Alain Lipietz

    ["Penser globalement ; agir localement" : cette devise des écologistes se heurte à de sérieuses limites... Quand il s’agit des crises écologiques globales. Celles dont les causes sont locales mais les effets retentissent sur toute la planète…. ] La suite ici : http://lipietz.net/article.php3?id_article=1403

    Voir en ligne : "Agir globalement ; agir localement"