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Mines d’uranium abandonnés en Bretagne : risques sanitaires mal connus !

Un communiqué de presse de Sortir du Nucléaire Cornouaille

L’association Sortir du Nucléaire Cornouaille réagit à
l’article « L’uranium n’a pas enrichi le roi Morvan » paru dans Ouest-France en page Bretagne le 25 janvier 2005

En France, c’est bien connu, les nuages
radioactifs sont interceptés aux frontières et les essais
nucléaires ont été d’une totale innocuité, contrairement aux expériences conduites par les autres états possesseurs de
l’arme atomique. Il n’est donc pas étonnant d’apprendre au
détour d’un article de presse (« L’uranium n’a pas enrichi le
roi Morvan
 » paru dans Ouest-France le 25 janvier 2005) que
« les rhumes constituent le principal danger pour les mineurs
d’uranium »
et que « la COGEMA, lors de la mise en sécurité
des sites, a dirigé une opération exemplaire avec une
transparence maximum »
dans ce pays du nord-ouest du Morbihan.

La réalité est certainement moins réjouissante.
Les publications conjointes COGEMA/CEA montraient nettement un
excès de mortalité par cancer (1), mais cette étude a
semble-t-il été interrompue puisque les résultats ne sont plus
accessibles depuis 1988

Au cours de l’exploitation, la majeure partie de
la radioactivité se retrouve en surface au cœur des
« stériles » (partie du minerai peu exploitable) entraînant la
dispersion de radioéléments comme le radium 226 et le radon.
Le taux de radon est d’autant plus élevé que l’on est proche
des mines. Cette pollution de l’air, des sols et des eaux ne
peut qu’avoir des répercussions sur la santé des populations
avoisinantes (atteinte du système immunitaire, problèmes
dermatologiques, cancers....)

Pour ce qui concerne la COGEMA, les propos
contenus dans l’article tranchent avec les plaintes dont cet
organisme fait régulièrement l’objet tant en Limousin qu’en
Auvergne. Elle a, entre autres forfaits, autorisé les
habitants et les entreprises à se servir des stériles pour
notamment remblayer les propriétés et a même entreposé des
déchets nucléaires venus d’ailleurs au sein des galeries
d’anciennes mines(2).

Si la COGEMA agit ainsi en France, qu’en est-il au
Niger et au Saskatchewan, province du Canada où vivent les
Indiens Cree et Dene ? Elle y exploite plusieurs mines qui
fournissent l’essentiel de l’uranium 235 nécessaire au
fonctionnement des centrales nucléaires françaises.

L’importation de ce minerai s’explique par la faible teneur en
uranium 235 des filons français (quelques kg/ tonne de
minerai) mais aussi par l’exportation des problèmes ingérables
relatifs à cette activité minière, un des maillons parmi les
plus délétères de la chaîne nucléaire. Autant l’éloigner de
l’hexagone....

La CRIIRAD-laboratoire indépendant spécialisé dans
les analyses de radioactivité- et l’association SHERPA
sollicitées par des ONG nigériennes, inquiètes devant la
dégradation de la situation sanitaire constatée aux alentours
des mines d’uranium, ont décidé de se rendre sur place
(décembre 2003). La COGEMA a fait pression dans l’espoir
d’obtenir l’annulation de cette mission et est très
vraisemblablement à l’initiative de la confiscation du
matériel de la CRIIRAD dès l’arrivée à l’aéroport de Niamey.

Les premiers constats sont accablants : les activités des
mines échappent largement au contrôle de l’Etat nigérien, la
gestion des déchets est inexistante, entraînant une
dissémination de la radioactivité, les ferrailles contaminées
sont éparpillées puis récupérées par la population. Force est
de constater qu’on atteint ici un sommet en matière de
cynisme : la France se targue d’une certaine indépendance
énergétique obtenue grâce à de l’uranium importé ! Et
l’exploitation de ce minerai a des répercussions
catastrophiques sur les populations locales.

Ici dans le Morbihan comme ailleurs, c’est
emprisonné dans sa gangue minérale originelle que l’uranium
est le moins nocif.

 [1]
 [2]

En pièce jointe, pour info, la carte des mines d’uranium en
Bretagne extraite de l’inventaire national des sites miniers

Inventaire des mines dd’uranium en Bretagne


Stéphane Bergot
Sortir du nucléaire Cornouaille

[1(1)Roger Belbéoch "les riques de cancer chez les mineurs
d’uranium français. Analyse des dernières publications des
experts du CEA" gazette nucléaire dec 1993

Posté le 30 janvier 2005
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
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  • Janvier 2007
    18:23

    L’énergie nucléaire produit du CO2

    par Hervé

    L’énergie nucléaire produit du CO2 et contribue à l’effet de serre. Elle en produira de plus en plus à mesure que la teneur des minerais en uranium est de plus en plus faible.

    Dans la production d’électricité à partir de centrales nucléaires, il ne faut pas se limiter à la dernière étape, qui ne produit pas de CO2, mais prendre en compte l’ensemble de la filière depuis l’extraction du minerai.

    Dans les exploitations à ciel ouvert, cette extraction utilise des pelleteuses et des camions, aux dimensions impressionnantes et aux consommations de produits pétroliers à la mesure de ces dimensions. Dans les mines souterraines, le résultat est identique avec d’autres moyens. Le concassage de ce minerai utilise les mêmes énergies productrices de CO2. Le transport depuis les mines, par camions ou par trains à locomotives diésel, puis par voie maritime fait de même.

    Les étapes ultérieures utilisent aussi une grande quantité d’énergie, quelle qu’en soit la source.

    Au total, chaque kilogramme d’oxyde d’uranium utilisé dans une centrale nucléaire à demandé des quantités considérables d’énergie fossile pour sa production. Cette consommation à produit du CO2 en proportion et c’est en cela que l’énergie nucléaire est elle aussi émettrice de CO2.

    A l’heure actuelle, avec les minerais les plus riches (teneur élevée en uranium), l’utilisation d’énergies fossiles est encore modérée. Mais cette consommation augmente à mesure que les minerais disponibles ont une teneur de plus en plus faible en uranium. Pour obtenir la même quantité d’oxyde d’uranium, il faudra consommer deux, puis dix ... fois plus d’énergie fossile en produisant deux, puis dix ... fois plus de gaz à effet de serre (CO2).

    En fin de compte, la même quantité d’électricité produite par une centrale nucléaire produira plus de CO2 qu’une centrale électrique au gaz naturel.