Brest ouVert

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Pour un oui constructif et combatif !

En préambule, je souhaiterai préciser que, aussi bien un non ne doit pas être interprété comme anti-européen, un oui ne doit pas être interprété comme pro-libéral.

Il est bien évident que ce traité constitutionnel n’aurait pu être écrite par un(e) Vert(e) ! C’est le résultat d’une coopération concrète entre état, pour aboutir à un consensus, plein de compromis.

Peut-on dire oui à un texte qui ne va pas l’assez loin ? Peut-on dire oui à un texte qui énonce des opinions inverses de celles que l’on défend ? Oui, deux fois oui !

Pas assez loin. C’est une évidence pour tous. Mais doit-on attendre le texte idéal pour daigner dire oui ? Je veux être plus constructif que cela. La politique, et plus particulièrement la démocratie, sont des processus lents. Dire oui, n’est pas stopper l’histoire. Notre lutte se poursuit ! D’autres traités suivront. Une vraie constitution, un jour.

Des idées inverses. Eh oui, nous ne sommes pas encore assez convaincants, assez nombreux pour ne pouvoir accepter que nos idées ! Il nous faut accepter des idées autres. Et lutter contre. Sur le terrain.

Que gagne-t-on avec ce traité ? La création de l’Europe en tant que personnalité juridique, un rôle du citoyen et du parlement légèrement étendu, une charte des droits fondamentaux qui, si elle ne semble pas apporter beaucoup à nous français, donne des bases à d’autres citoyens européens. Pas assez ? Symbolique, peut-être, mais mieux que rien !

Alors si on ne gagne pas assez. Que perd-on ? Lors d’un débat récent à Quimper, l’unique réponse fut la référence à l’article I-42 point 3 qui stipule que « Les États membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires. » Inacceptable ! Certes, mais aussi inapplicable ! Quand s’arrêter ?

Quand 100% des dépenses seront consacrées aux militaires ! Cette clause est si ridicule qu’elle porte en elle la nécessaire révision de ce traité ! Quelle interprétation raisonnable en faire ? Que l’effort de défense des états membres doit être mieux partagé - il repose essentiellement sur la France et l’Angleterre -.

Ne serait-ce pas l’occasion pour réduire le budget militaire Français et mutualiser ? Interprétation trop optimiste... peut-être.

Voter non, c’est rejeter les parties I et II, les plus acceptables - celles qui ne font pas trop référence au libéralisme - pour ne conserver que les traités précédents, donc l’équivalent de la partie III. Paradoxe.

Voter non, pour construire une nouvelle proposition, plus proche de nos idées, c’est prendre le risque d’un enlisement, car dans la situation politique actuelle des 25, croyez-vous sincèrement qu’un meilleur traité sera négociable ? Les libéraux ne pourraient-ils pas se contenter du statu quo ?

Voter non, pour envoyer un signal anti-libéral, c’est prendre le risque d’être mal interprété. Peut-être pas par les intellectuels alter mondialistes, mais combien sont-ils en Europe ? Que penseront la grande majorité des Polonais, Létoniens, Hongrois ? Que la France se replie sur elle-même, qu’elle ne veut pas partager avec eux ? Je ne suis pas sûr, mais je crains que ce ne soit le message qui passe, même si ce n’est pas celui envoyé !

Y a-t-il le même risque de mauvaise interprétation du oui ? Je ne pense pas. Car la résistance contre le libéralisme continue que le résultat soit oui ou non.

Je n’arrive pas à être convaincu par le non. L’histoire ne s’arrête pas. Oui ou non, je défendrai nos idées écologistes, mais le peu que nous fait gagner ce traité, je le prends, pour nous mais aussi pour tous les jeunes et nouveaux européens. Donc, sauf à lire l’argument contre imparable, je voterai oui.

Antoine Beugnard

Posté le 20 février 2005 par Antoine Beugnard
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Nouveau commentaire
  • Février 2005
    19:17

    > Pour un oui constructif et combatif !

    par Jean Yves PIRIOU
    D’accord pour dire OUI à une amélioration du fonctionnement de l’Europe. Le projet de traité établissant une constitution pour l’Europe apportera , par rapport à la situation actuelle,
    - plus de stabilité : le président sera élu pour un mandat de 2,5 annnées renouvelable ;
    - plus de démocratie : les pouvoirs du parlement des élus sont augmentés par rapport aux Commissaires européens qui préparent les lois ;
    - plus de justice : le droit européen va avoir plus de poids ( dans le domaine de l’environnement par exemple) ;
    - plus de politique étrangère commune, plus de sécurité commune, plus de défense commune ( donc moins par pays ) ;
    - plus d’environnement : le niveau élevé de protection de l’environnement sera intégré dans toutes les politiques de l’Union.