Brest Aotearoa, bien mieux que Brest Océane !
Au-delà de la forme très malheureuse, qui associe vaguement la CUB à une offre de restauration rapide, ce changement de nom doit nous interroger sur la continuation d’une certaine erreur de stratégie qui grève les chances de Brest et dans une certaine mesure de la Bretagne occidentale dans un développement soutenable et ambitieux pour le 21ème siècle.
Cette erreur, disons-le franchement, consiste à se penser comme bénéficiant d’une pole position garantie dans les rapports avec la mer, alors que toutes les grandes villes du littoral européen peuvent à court terme faire mieux que nous.
Ne trouverait-on pas ridicule ou prétentieux que Grenoble se renomme "Grenoble-Montagne", donnant ainsi à croire qu’elle est indispensable pour aller au sports d’hiver, ou que Pointe-à-pitre se renomme "Pointe-à-pitre-Caraïbes-Soleil-Vacances", déclenchant ainsi une surenchère entre îles ?
On l’a bien vu avec les fêtes nautiques à Brest : nous ne pouvons espérer qu’un avantage de courte durée. Le touriste est libre. C’est le marché. Dans les cas d’investissements et de constructions à long terme, comme Océanopolis, on peut se poser la question du sens de telles dépenses si l’on n’est pas capables de viser l’un des premiers rangs européens, en prenant en compte les possibilités des éventuels concurrents dans les 20 ans à venir.
La spécialisation d’une ville peut aussi porter préjudice à une population, si elle est mal comprise. Ainsi, les habitants de Paris ont droit à toutes sortes de ressources culturelles gratuites portant sur toute l’humanité, et pas seulement l’histoire locale de Paris. De même les Brestois doivent avoir le droit d’ "oublier la mer". Il importe aussi de ne pas pousser la notion d’identité locale au point de faire croire à une osmose naturelle entre habitants tous tournés vers le même but, de faire croire que les chercheurs qui arrivent forment une communauté avec les précaires qui envisagent de quitter Brest, de faire croire qu’il a existé une dynamique scientifico-maritime intrinsèquement locale sans un fort soutien institutionnel et financier de l’Etat, etc...
En vérité, la carte que Brest peut jouer par rapport aux autres villes françaises et dans une certaine mesure les autres villes européennes, ce n’est pas exactement la mer, c’est sa combinaison unique de science et d’ouverture sur le vaste monde extraeuropéen.
Dans une telle dynamique pourraient figurer :
Un festival de cinéma portant sur les mangas japonais
Un festival de musique brésilienne
Un centre de réflexion écostratégique planétaire
L’accueil du siège d’ONG prestigieuses
Un quartier central voué au commerce exotique et équitable
Un renommage de rues de ce quartier à la manière de "rue de Siam"
et.... un "renommage" de la ville en Brest-Aotearoa, ce dernier étant le nom en Maori de la Nouvelle-Zélande, pays auprès duquel la France doit se racheter. Cela cadrerait aussi avec une pleine affirmation de la place de la ville en Europe, avec Brest-Litovsk à l’Est, continentale, et Brest-Aotearoa à l’Ouest, maritime, scientifique et xénophile.
Il conviendrait aussi de donner un petit coup de pouce à l’aide de l’Etat, en assumant pleinement la divergence d’intérêts d’aménagement du territoire avec Rennes, et encore plus avec Nantes et les Pays de la Loire, et créer enfin cette région de Bretagne occidentale qui nous rendrait tant service.
Et puis bon, fermons les yeux et rêvons un peu... Brest-Aotearoa, ça aurait quand-même plus de gueule que "Brest métropole océane", non ?
Arnaud HERVE 11 rue Corto Maltese 29200 Brest-Aotearoa EUROPE


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Brest en Bretagne
