L’arrêt de mort de l’éolien en Bretagne !
Un communiqué de presse de l’Association Sortir du nucléaire Cornouaille

La situation est très grave et le sort de l’éolien français risque de se jouer dans les prochains jours avec les amendements du trio de députés UMP Ollier-Poignant-Nicolas qui doivent être examinés ce 23 ou 24 mars 2005. Les amendements 152 et 133 stipulent que l’obligation d’achat de l’énergie produite par EDF serait réservée aux parcs de plus de 30 MW. Il n’existe à ce jour aucun parc breton (ni français) supérieur à 30 MW.
Tous les projets actuels sont donc menacés. La fin du grand éolien en France (potentiel supérieur à 100 TWh terrestre et off-shore) signifierait aussi l’arrêt de la seule technologie d’électricité renouvelable qui, aujourd’hui, commence vraiment à entrer en concurrence directe avec le nucléaire aux yeux d’un investisseur.
Ces amendements sont d’autant plus absurde qu’EDF elle-même défend l’idée de petits investissements dans le cadre d’une stratégie de développement de toutes les formes d’énergies renouvelables. C’est ainsi que la première ferme éolienne créée par EDF en Bretagne, à Dirinon, et inaugurée le vendredi 18 mars, ne représente qu’une puissance de 1,7 MW, soit 5,66% de la puissance minimale qui serait requise...
Cette attaque n’est donc pas innocente : par un verrouillage législatif, elle vise à ne pas laisser un tel choix ouvert pour nos futurs moyens de production d’électricité. Mr Patrick Ollier [député UMP] a d’ailleurs déclaré hier : "Je suis tout à fait favorable au nucléaire, je souhaite non seulement que le nucléaire conserve la part qu’il a aujourd’hui (en France dans la production d’électricité et dans le bilan énergétique global) mais à la limite, je souhaiterais qu’on l’augmente parce que, dans le monde entier, on ne connaît pas de production propre d’énergie aussi fiable que le nucléaire".
Tout le monde sait que l’énergie éolienne est la filière de production d’électricité qui a le plus faible impact écologique. A l’inverse l’industrie nucléaire ne peut se vanter d’un tel bilan. Rappelons à titre d’exemple que le coût annoncé du démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis (1985-2018) est de 480 millions d’euros. Sa production (1967-1985) s’est élevée à 6,235 milliards de kWh.
La même somme investie dans l’éolien, c’est une production d’environ 24 milliards de kWh en 20 ans, si nécessaire, des équipements facilement démontables, et la création de nombreux emplois. Laisser faire, c’est offrir un boulevard à la poursuite du nucléaire, sans combat et par défaut. La Bretagne qui s’est battue âprement dans les années 70 et 80 pour que les centrales nucléaires ne s’y implantent plus, ne peut laisser passer cet amendement félon qui signerait l’arrêt de mort de l’éolien en Bretagne.
Sortir du Nucléaire Cornouaille demande la suppression, pure et simple, de cet amendement et appelle les sympathisants des énergies renouvelables à mobiliser leurs parlementaires locaux en vue du vote des 23 et 24 mars prochains.
Stéphane Bergot
Chantal Cuisnier
Membres de l’équipe d’animation de Sortir du nucléaire Cornouaille
Contacts :
Association Sortir du nucléaire Cornouaille 53, impasse de l’Odet 29000 Quimper
Olivier MARC 02 98 73 66 24
Nicole JACQUIN 02 98 59 57 34
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info


Poster un message
Brest en Bretagne
