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Le dimanche, on ne travaille pas...

Une tribune de Daniel le Bigot, élu EELV à Kemper

Il paraîtrait, aux dires de la droite quimpéroise, qu’en dehors d’une ouverture le dimanche, il n’y aurait point de salut pour le commerce du centre ville. Comme si l’acte d’achat correspondait uniquement à l’offre qui nous est proposée et non plus à la satisfaction de nos besoins ou de nos désirs. Voilà une manière bien cavalière de nous prendre pour des moutons. Notre statut de citoyen responsable se serait, d’après cette droite, progressivement transformé en celui d’acheteur compulsif sept jours sur sept.

Il y a de plus, dans la revendication d’ouverture des commerces le dimanche, une énorme tromperie. Consciente ou innocente cette revendication satisfait tout particulièrement les grandes surfaces. Il est en effet impossible de faire une distinction entre le commerce de centre ville et celui de la périphérie, l’autorisation concernerait donc toutes les formes de commerce. Sachant que près de 80% du chiffre d’affaire commercial de la semaine se réalise aujourd’hui en périphérie, il y a tout lieu de penser qu’il en sera de même le dimanche. C’est donc bien la décision prise par la municipalité de Quimper de ne pas accorder de dérogations qui préserve le commerce de proximité. En effet rien n’empêche les commerçants du centre d’ouvrir sans salariés. Le fondement de la loi est basé sur cette notion de travail salarié. Ce qui est interdit ce n’est donc pas d’ouvrir un commerce mais bien de faire travailler des salariés le dimanche.

On lit, il est vrai des témoignages comme quoi ceux-ci ne demanderaient que cela afin de compenser les faibles salaires pratiqués dans ces grandes surfaces. Ou se situerait alors la limite ? Pourquoi ne pas, dans la foulée, envisager une ouverture tous les dimanches et ensuite une ouverture de nuit...toujours pour parer aux fins de mois difficiles. Ou se situe la liberté de choix quand les salariés sont insuffisamment payés et n’ont d’autres solutions que d’accepter ces corvées. L’obligation du repos hebdomadaire, puis les 35 heures sont de grandes avancées sociales, soyons vigilants à ne pas les voir disparaître, grignotées petits bouts par petits bouts.

Il appartient par ailleurs aux commerçants de mettre en valeur les vitrines en cette période de noël. Si le désir d’acheter est suscité par une présentation que chacun aura pu apprécier un dimanche à l’occasion d’une flânerie en centre ville, l’acte d’achat viendra tout naturellement. Qu’il se réalise le mardi ou le samedi n’est à mon sens, pas d’une importance capitale. Le centre ville est tellement plus qu’ une vaste galerie marchande ouverte sept jours sur sept.

Posté le 12 décembre 2013 par Reunig Kozh
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