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Disparités sociales à la "Condor ferries" : demande d’enquête administrative adressée au nouveau premier ministre

Lettre ouverte de la CGT des marins du Grand Ouest

Monsieur le Premier Ministre,

Par la présente, le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest premier Syndicat maritime du littoral Français, vous demande de poursuivre l’action menée par votre prédécesseur et l’ouverture d’une enquête sur les conditions sociales des marins Français de la société maritime « Condor Ferries ». Après que vous ayez pris connaissance des éléments contenus dans la lettre ci-dessous, Monsieur le Premier Ministre, vous devez diligenter le plus rapidement possible une enquête par la direction des Affaires Maritimes et par tous les services concernés.

Que se passe-t-il à bord des navires exploités par la société « Condor Ferries » ?

L’Inspectrice CGT du Syndicat International des Transports (ITF) Laure TALLONNEAU (06.85.65.52.98), soutenue par le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest émet des doutes sérieux sur les conditions de sécurité à bord des navires de la société précitée ainsi que sur les conditions de travail et d’emploi des marins embarqués sur ce navire. Nous savons que la situation est précaire pour tous les marins qui sont à bord des navires de cette société de complaisance, nous vous demandons de réagir.

Les syndicats ont été informés qu’un marin était passé par-dessus bord lors d’une manœuvre d’accostage dans le port de Saint Malo. Les syndicats s’interrogent sur les circonstances de cet accident.

Le Syndicat ITF et la CGT des Marins du Grand Ouest s’interrogent de « sur » la sécurité à bord des navires sous pavillon de complaisance et ceux de cette société en particulier qui sont tous immatriculés sous pavillon du Bahamas, ce pavillon qui permet toutes les dérives sociales, de sécurité, fiscales et autres…. D’après nos informations, les effectifs ne seraient pas suffisants pour assurer la sécurité du navire et des passagers.

La décision d’effectif du navire est-elle suffisante et respectée ? Les marins ont-ils suffisamment d’heures de repos ? Combien de marins sont postés lors des manœuvres ? Quelles sont les mesures prises par l’armement pour assurer la prévention des risques à bord, les procédures en cas d’homme à la mer, l’incident survenu il a en décembre 2013 et la gestion de celui-ci répond à la question.

Les Syndicats ITF et CGT des Marins du Grand Ouest dénoncent les conditions de travail et d’emploi inacceptables des marins avec des « contrats » en dessous de toutes les normes internationales, aucune protection sociale, ni retraite, ni chômage, ni couverture santé, cette société maritime se donne le droit de licencier n’importe quand, sans condition, sans contrepartie, etc. !!!

Au moment ou notre pays lutterait, nous dit-on, contre le dumping social, cette situation est scandaleuse.

Lors de son Conseil Syndical du 4 avril 2014 le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest a renouvelé à l’unanimité tout son soutien aux marins du « Condor Rapide ». Ces marins qui résident en France doivent bénéficier d’un vrai statut avec tous les droits qui sont reconnus et dus en France, y compris l’affiliation à la Sécurité Sociale des gens de mer ENIM, ces marins paient l’impôt en France.

Le Syndicat CGT des Marins du Grand Ouest vous demande de diligenter une enquête sur cet armement (anglais ou franco-anglais) et notamment sur son statut.

Au moment où la Convention du Travail Maritime 2006 (Maritime Labour Convention 2006) vient d’entrer en application, comment pourriez-vous « accepter » encore « tolérer » de telles disparités sociales dans un port français qui voit escaler chaque jour les navires de cette société ?

Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons de tout mettre en œuvre afin de mettre fin à cette situation scandaleuse et ignoble, « injuste », vis-à-vis de ces marins Français. Vous devez tout faire dès réception de cette lettre ouverte et en informer la Direction des affaires maritimes (nationale, régionale et locale) ainsi que l’inspection du travail et toutes les autorités portuaires des ports d’escale de ces navires. Les marins embarqués sur les navires de cette société qui demeurent en France et qui paient leurs impôts en France ne peuvent, « ne doivent » pas, rester dans une telle situation de complaisance, en marge de toute règle.

Monsieur le Premier Ministre en l’attente acceptez nos sincères et respectueuses salutations.

Posté le 7 avril 2014 par Jean-Paul Hellequin
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