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La Cour administrative d’appel de Nantes vient d’annuler l’autorisation administrative pour l’exploitation à Plabennec du site du traitement de mâchefers

Le fiasco du site de traitements des mâchefers de l’usine d’incinération de Brest !

un communiqué d’AE2D

La Cour administrative d’appel de Nantes vient d’annuler l’autorisation administrative accordée en juin 2008 à la société Scorvalia pour l’exploitation à Plabennec d’un site du traitement des 40 000 tonnes de mâchefers, résidus issus de l’usine d’incinération des déchets de Brest. Scorvalia devra déposer une nouvelle demande d’exploitation avant le 31 décembre 2014 et est autorisée en attendant à traiter 33 000 tonnes.

Scorvalia est une filiale de la Sotraval dont le capital est détenu par Eurovia à hauteur de 51 % et Sotraval pour 49 %. Sotraval, qui se positionne comme actrice du développement durable en Finistère mais aussi comme opérateur dans le domaine des énergies renouvelables ( !), regroupe dix communautés de communes du Nord-Finistère et a pour actionnaire principal Brest métropole océane.
Ce jugement en appel confirme celui du Tribunal administratif de Rennes.

Motif : des insuffisances graves dans le système de recyclage des eaux polluées du site. En 2010, après seulement six mois d’exploitation, Scorvalia fut déjà dans l’obligation d’évacuer le trop plein du bassin de rétention de 2 000 m3 vers la station d’épuration du port de commerce de Brest dont on peut s’interroger sur sa capacité à éliminer dioxines et métaux lourds contenus dans les lixiviats - « jus » issus des déchets - du site de Plabennec.

Selon l’exploitant lui même, l’évacuation des eaux chargées en polluants vers une station d’épuration a représenté 4 500 m3 en 2010 soit plus du double de la capacité normale du bassin. Volume évacué en 2011 : 9 000 m3 ; volume évacué en 2012 : 14 000 m3.

Les mâchefers, véritable talon d’Achille de la filière de l’incinération des ordures ménagères

Après avoir longtemps laissé croire que l’incinération avait le pouvoir magique d’éliminer entièrement les déchets, alors qu’en fait 25 % de ce qui est incinéré devient mâchefers, ce qui représente au bout du compte des volumes considérables.
Aujourd’hui, on nous présente volontiers les mâchefers comme des sous-produits totalement inertes, donc sans danger, se prêtant bien à une utilisation routière.
À la lecture des documents sur le site du Ministère de l’Écologie et du Développement Durable, on peut lire concernant la nature chimique des mâchefers et leur évolution qu’ils sont essentiellement dépendants de la composition des ordures incinérées.

On y trouve couramment des métaux lourds à hauteur de 1 à 0,1 % comme le magnésium, le titane, le chlore, le manganèse, le baryum, le cuivre, le plomb, le chrome, et d’autres encore. Plus inquiétant, on trouve aussi des constituants en trace moins de 0,1 % comme l’étain, l’arsenic, le nickel, le cobalt, le cadmium, le mercure, le brome, l’iode, etc.... mais aussi des chlorophénols ou des furanes et surtout des dioxines dont la toxicité est reconnue hautement cancérigène.

On est loin du produit banal sans incidences sur le milieu !

Le mauvais choix de l’incinération des déchets fait par la communauté urbaine Brest, et celui de la confier en grande partie à des entreprises privées, conduisent aujourd’hui à une impasse : cette filière a besoin, pour fonctionner et « rentabiliser » les investissements faits, de volumes d’apports conséquents et constants. De fait, on entre, de plain-pied, dans une logique économique et commerciale dangereuse. On commence à en mesurer les effets néfastes.

Aujourd’hui, pour AE2D, l’urgence est d’arrêter le fonctionnement de cette plateforme non conforme à l’arrêté d’exploitation, d’aménager un stockage étanche, couvert et conforme au plus près de l’usine, c’est-à-dire au Spernot... et de sortir progressivement de l’incinération en repensant complètement la gestion de nos déchets à l’échelle du Pays de Brest, notamment de réfléchir à une autre politique avec réduction massive des déchets à la source et à un tri sélectif renforcé.

- > le site d’AE2D

Posté le 28 juillet 2014
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