Verts-Plouzané Info Numéro 11 - juin 2005
C’est donc NON au TCE !
La majorité a donc décidé de dire non au traité établissant une constitution pour l’Europe. Un « non » multiple, parfois nationaliste, le plus souvent « antilibéral ». Il va donc falloir prendre son temps pour élaborer un autre traité, et pourquoi pas une vraie constitution. Arrivera-t-on à négocier mieux que ce que l’on nous proposait ? Il faudra que les Français soient convaincants ! Il faudra aussi que nous évoluions et que nous arrêtions de penser que nos systèmes sont les meilleurs. Ils sont bons - en général - mais il existe en Europe de nombreux autres modèles, parfois plus performants (en terme social, d’équité ou d’efficacité - pas dans le sens économique du terme). Il va falloir négocier. Peuples et gouvernements. Avec des histoires différentes. Dans un contexte économique et social difficile, et sans la base politique qu’aurait apportée le traité. C’est ainsi. Que ceux ayant voté « non » ne l’oublient pas en redevenant de simples citoyens consommateurs. Vos espoirs dépendent de vous. Mon engagement ne change pas. J’ai voté « oui » en espérant faire évoluer doucement les choses, la majorité en a décidé autrement. Je partage de nombreux objectifs avec beaucoup de partisans du non. Retrouvons-nous et construisons cette Europe démocratique, sociale et écologique.
Antoine Beugnard
Plan Local D’Urbanisme (PLU)
Le 9 mai, le PADD et les grandes lignes du PLU ont été présentés. Ce qui est étonnant, c’est que certains de nos concitoyens ont eu une information plus détaillée : les élus en commission plénière du conseil municipal (pour cet important sujet il n’y avait que 50% de participation), et les agriculteurs de la commune.
Le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durable) se décline en 4 études complémentaires : L’habitat, le développement économique, les déplacements et l’environnement. C’est un travail intéressant qui invite les déci-deurs politiques à penser globalement.
On attend l’installation de plus de 20000 ménages sur la communauté urbaine dans les 15 ans à venir. Pour maintenir la qualité de la vie, un des objectifs est de conserver un équilibre entre les zones urbanisées (U) et à urbaniser (AU) - 17% - et les zones agricoles (A) - 51% - et naturelles (N) - 32%. Cela se traduit à Plouzané par les grandes lignes suivantes :
Protéger la bande littorale. Mais les Verts feront particulièrement attention car à Plouzané, ville littorale, la loi littorale s’applique à toute la surface de la commune.
Vouloir relier les pôles de Plouzané (Bourg-Castel Nevez ; La Trinité-Kerezoun)
Etre économe en espace.
Ce qui se traduit par l’ouverture à Plouzané de 20 ha pour l’habitat au Bourg, 57 ha à la Trinité et 18 ha à Kérézoun et 14 ha pour le dévelop-pement économique. Soit un total de 109 ha et environ 1600 lots de 600 m².
Lors de la réunion, les Verts sont intervenus sur plusieurs points :
Existe-t-il un recensement de tous les cours d’eau et points de captage privés et publics ? Oui, mais ce n’est pas un document public.
Existe-t-il une réflexion sur les énergies renouvelables ? Une implantation d’éolienne est à l’étude sur le Polder de Brest. Et Plouzané ne pourrait-elle pas accueillir des éoliennes ? Plusieurs sites sont favorables. (Voir la carte ci-dessous).

- Sites éoliens à Plouzané (et Brest Polder)
Est-il prévu un 3e centre commercial sur Plouzané (vers Coatuelen) ? Le Maire a affirmé qu’« il n’y avait pas de projet de développement commercial dans cette zone. » Nous avons appris que la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) avait une charte commerciale pour « conforter les centralités » des commerces pour éviter le développement d’équipement en périphérie. Le supermarché de la Trinité ne devrait donc pas bouger de sitôt...
Existe-t-il une charte pour l’habitat qui inciterait à construire des habitations économes en énergie ? Non, mais nous avons appris qu’un projet d’habitat HQE (Haute Qualité Environ-nementale ) était en cours à Keranroux (Brest)... Qu’en est-il à Plouzané ?
D’autres questions ont été abordées comme la desserte de Brest, par train, vers le sud Finistère et le contournement du bourg de Plouzané par une nouvelle route. Ces actions sont de la responsabilité du conseil général et, si elles sont à l’étude, leur réalisation ne devrait pas aboutir avant une dizaine d’années ! Par contre, le Maire a souhaité qu’à court terme, un accès au technopôle puisse éviter La Trinité par la construction d’un rond-point sur la nouvelle déviation du Conquet.
La démarche du PADD est très intéressante. Elle pourrait être un peu plus participative. Elle aboutit à de nombreuses déclarations d’intention, mais n’est pas contraignante ; c’est aux citoyens, aux associations d’être vigilants. Notons que Y. Pagès, Maire, s’est prononcé contre un tramway, mais que Pagès Y., vice président de la communauté urbaine pour un Transport en Commun en Site Propre ! C’est limpide.
Les citoyens seront amenés à s’exprimer lors de l’enquête publique qui aura lieu fin 2005.
Pourquoi la grogne des agriculteurs BIO en France ?
Les produits bio sont assez chers. Pourquoi ? En France, contrairement aux autres pays européens, il n’existe toujours pas d’aide versée spécifiquement à la filière BIO via les primes de la Politique Agricole Commune (PAC), ce que l’on appelle la « rémunération de reconnaissance ».
Pourtant l’article 69 de la nouvelle PAC (règlement 1782/2003) permet à chaque état de prélever jusque 10% du budget de la PAC afin de la reverser vers « des types particuliers d’agriculture qui sont importants pour la protection ou l’amélioration de l’environnement ou pour l’amé-lioration de la qualité et de la commercialisation des produits agricoles. » L’agriculture BIO répond donc parfaitement à ce texte ! Sauf en France. En février 2005, le ministère refuse toujours de reconnaître la filière BIO et ses spécificités. La BIO en France est pourtant soutenue par les clients, mais l’attitude de l’état fait que de moins en moins de reconversions à la BIO ou d’installations voient le jour : trop compliqué, trop cher. Les produits trouvés en commerces sont donc importés, selon les types, à près de 50%. Pourtant la BIO c’est 30% d’emplois en plus que dans l’agriculture conventionnelle. Ces emplois bénéficient à l’ensemble de la société car la BIO c’est l’absence garantie de pollution chimique (engrais, pesticides, anti-biotiques...) et d’OGM. Certains pays le savent bien. Ainsi, à Munich, les bassins versants sont maintenant cultivés en BIO permettant ainsi une réduction très nette des coûts de traitement des eaux potables ce qui bénéficie à l’ensemble des habitants. Le prix de l’eau y est alors 28 fois plus bas qu’en France !
Alors pourquoi la France refuse-t-elle de voir en la BIO une des solutions durables pour la qualité de l’environnement ? Ne pas appliquer cet article 69 ne fera que freiner un peu plus la BIO en France ; Les produits français ne bénéficiant pas d’aide sont plus chers alors que directement mis en concurrence avec les produits d’importation !
Réflexion sur le commerce équitable
Faire du « commerce équitable » c’est vouloir rémunérer à sa juste valeur le travail d’un producteur pour qu’il en vive décemment.
Nous connaissons bien ce type d’échanges dans le développement des marchés entre le Nord et le Sud. Mais le commerce équitable c’est aussi une autre façon de consommer tous les jours. Si nous faisions l’effort d’acheter au plus près du producteur, le prix serait plus proche du coût de production. Pour l’alimentation, la chose est aisée. Si vous achetez directement au producteur, pêcheur ou éleveur, vous payez le juste prix qui revient intégralement à celui qui fournit le plus de travail. Si vous achetez en grande surface ou dans les discounts, à peine 30% de la somme est reversée au producteur à qui on demande sans cesse de baisser les prix et donc de réduire son revenu, les 70% restant allant aux intermédiaires et la plus grosse partie au revendeur final : la grande surface.
Alors, le commerce équitable c’est très bien entre le Nord et le Sud, mais aussi à notre porte.


Poster un message
Brest en Bretagne
