Vote électronique : le soutien des "junior assesseurs" à Vandoeuvre
Citation reproduisant l’article publié Par Hélène Prigent et Rachid Sekkour sur le site de Place publique locale à Vandoeuvre dan la rubrique Zoom
Note de la rédaction : le vote électronique faisant débat à Brest il nous a semblé intéressant de reproduire ici cette initiative qui est une contribution sur une des questions soulevées celle de l’acceptabilité.
Lire l’article et le forum associé sur le site de place publique locale à Vandoeuvre
Lors du référendum du 29 mai, la Ville de Vandœuvre a proposé à des jeunes, qui n’ont pas encore le droit de vote, de s’impliquer autrement. Sur la base du volontariat, chaque collégien, de 4ème ou de 3ème, choisit de rester dans un bureau de vote en fonction de ses disponibilités personnelles. Cette année, ils étaient une trentaine de Junior Assesseurs affectés dans l’un des 21 bureaux de la commune.
Quatre d’entre eux ont témoigné pour expliquer leur démarche. Dans chaque collège de Vandoeuvre - Haut de Penoy, Callot et Monplaisir -, la possibilité d’être Junior Assesseur a été proposée. Après une première réunion dans l’établissement, avec l’intervention de Julie Fort, responsable de la « modernisation des services » à la mairie de Vandœuvre, les collégiens intéressés sont venus découvrir la machine à voter à l’Hôtel de Ville.
Le principe ? Chaque électeur se voit remettre une carte à puce de vote anonyme et à usage unique qu’il doit introduire dans l’urne (ou machine à voter) juste avant de voter. C’est à partir de ce moment que le « junior assesseur » peut intervenir pour répondre aux questions ou guider la personne. Le jeune peut aider l’électeur jusqu’à ce qu’il ait validé son choix puis imprimé son attestation de vote.
Un acte civique
Beaucoup ont accepté de participer à l’opération parce que leurs copains étaient aussi motivés pour le faire avec eux. Mais c’est surtout une forte envie d’agir et d’aider qui était leur principale motivation. Mohamed, en 4ème au collège Callot, estime que « faire cette action est un véritable acte civique car j’ai aidé les personnes qui ont éprouvé des difficultés quant à la manipulation de cette nouvelle machine. J’avoue que cela m’a particulièrement fait plaisir car j’aime le bénévolat ! ». Ce jeune de 14 ans est resté toute la journée dans le bureau de vote n°3 de l’école Europe Nation tandis que ses deux camarades « sont restés une heure car ils trouvaient le temps long... ».
Pour Dounia et sa copine, en 4ème au Haut de Penoy, une petite déception était au rendez-vous. Venues avec la volonté de rendre service, elles se sont vite senties inutiles : « les gens savaient déjà comment utiliser les machines à voter et nous n’avons rien eu à faire. Nous avions prévu de rester toute l’après-midi mais nous sommes parties rapidement. Nous recommencerons peut-être pour un prochain vote, on verra ».
Pour d’autres collégiens, l’intervention a été beaucoup plus concluante, avec un bon accueil reçu sur place : « ils m’ont remercié et certains m’ont même souhaité bon courage ! C’était surtout les personnes âgées qui avaient besoin d’aide, note Gaëlle, déjà Junior Assesseur l’an dernier au bureau n°2 (Ecole Paul Bert) et habitante de Vandœuvre. Des fois, cela a pris cinq minutes pour expliquer la manipulation à certains électeurs ». Gaëlle vient d’une 4ème d’un autre collège de l’agglomération, mais tenait à participer à cette action. Elle remarque que « pour cette élection, beaucoup moins de gens étaient familiarisés avec le système que lors du dernier scrutin ».
Ne pas regarder l’écran
Afin d’expliquer aux électeurs comment se servir de la machine, les « junior assesseurs » disposaient, selon les bureaux de vote, d’un appui visuel sur papier avec des copies de chaque écran, pour fournir des indications à chaque étape.
Dans d’autres bureaux, l’image de l’écran était projetée sur le mur. D’ailleurs, Clint en 4ème au collège Monplaisir, raconte quelques anecdotes : « on a bien rigolé car des personnes ont voulu appuyer sur le mur ! D’autres ont mis leur carte de vote au mauvais endroit dans la machine. Par contre, certaines fois, des personnes parlaient en même temps qu’elles appuyaient sur une touche et nous demandaient comment faire pour mettre OUI ou NON... donc on se doutait de leur vote... mais nous n’avons jamais regardé l’écran ni la touche qu’ils appuyaient bien sûr. » En effet, une règle doit être strictement respectée pour tous les citoyens en herbe : ne jamais se positionner du côté de l’écran, sauf en cas d’impossibilité de voter de la part d’un électeur. Gaëlle a les idées très claires sur le sujet : « A mon avis, c’est important d’être mineur pour aider car quelquefois quand quelqu’un n’y arrive pas du tout et nous demande plus d’aide, on peut venir voir l’écran pour débloquer la situation, mais ça, je sais que normalement on n’a pas le droit : c’est seulement quand on ne peut pas faire autrement. »
La technologie au bout des doigts
Gaëlle note encore que beaucoup de personnes ont été tentées d’appuyer sous l’écran, sur le bouton « luminosité » et non sur l’écran. Il s’agit là d’un comportement d’usagers non habitués aux nouvelles technologies et qui n’était pas prévu dans les copies d’écran dont disposaient les « juniors assesseurs »...
Mohamed a constaté que « les plus jeunes semblent avoir la technologie au bout des doigts car aucun n’a éprouvé de difficultés avec la machine. Par contre, les personnes âgées sont celles qui ont eu le plus de difficulté à la manipuler. Mais, cela reste encourageant pour les prochaines échéances électorales : je pense que d’ici là, ils auront compris comment ça marche ». Souvent vivement remerciés par les électeurs ayant eu besoin de leur aide, ces collégiens sont déjà tous prêts à renouveler l’expérience aux prochaines élections.
Regrettable que les jeunes de Vandoeuvre se limitent à être les prescripteurs d’une propagande intistitutionnelle sans prendre le recul de la réflexion de fond sur l’utilisation de tels systèmes.
Regrettable qu’une municipalité "utilise" des jeunes citoyens pour "vendre" ses machines électroniques.
Regrettable qu’aujourd’hui les politiques sont plus intéressés par une spéculation médiatique à court terme qu’aux débats de fond sur les dossiers.
A Brest, sur ce dossier, toujours aucun débat de fond avec la population sur ce dossier, toujours une démocratie consultative en trompe l’oeil . Quant à la transparence sur le coût réel de l’utilisation de ces systèmes de votation (NEDAP) , c’est toujours Waterloo morne plaine.
Com, com, com...
Chris Perrot
Monsieur,
Pour connaître la réflexion de fond menée par la mairie de Vandoeuvre au sujet du vote électronique ainsi que le coût d’utilisation d’un tel système, nous vous invitons à consulter la mairie de Vandoeuvre. A savoir que l’interlocuteur dans ce domaine est Séverine Goudard, chargée de mission "Démocratie participative", que vous pouvez contacter à sgoudard@vandoeuvre.fr
D’autre part, les Juniors Assesseurs ne sont pas là pour "vendre" ces machines, comme vous l’affirmez, mais dans un but citoyen, afin de soutenir les personnes non familiarisées aux nouvelles technologies mais aussi pour répondre aux questions des habitants avant ou après le vote. Ils sont uniquement présents au moment de l’acte citoyen et se font discrets mais présents.
Merci également de venir consulter dans les prochaines semaines le site de Place publique locale Vandoeuvre ( www.pplvandoeuvre.net ) , sur lequel il est prévu, depuis le départ, de publier un article principal consacré aux avantages et inconvénients du vote électronique. C’est un autre rédacteur qui a proposé ce sujet et qui a prévu de le finaliser dès qu’il le pourra, car ces articles reposent sur le travail de personnes bénévoles.
Site: Place publique locale Vandoeuvre


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