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Europe et OGM : entre résistance et résignation !

Les Ministres de l’Environnement de l’Union européenne défendent le droit d’interdire certains OGM dans les pays européens qui le souhaitent, face à une Commission européenne qui, à l’écoute de l’organisation mondiale du commerce s’apprête à autoriser en Europe le colza transgénique GT-7 (3ème OGM autorisé après 2 mais). Au même moment on apprend qu’une version génétiquement modifiée de "moutarde" vient d’être trouvé sur un site anglais un an après que des expérimentations de transgénèse en plein champ s’y soient déroulées.

La Commission Européenne demandait aux 5 pays européens France, Autriche, Luxembourg, Grèce et Allemagne, de lever, sous 20 jours, les interdictions prises sur leurs territoires, depuis 1997, à l’encontre de certains OGM, pour des raisons de sécurité.

Les Amis de la terre s’en indignent : "La commisssion va-t-elle enfin écouter l’avis des Etats membres et la volonté des citoyens européens ou, va-t-elle continuer sa politique anti-démocratique d’imposition de plantes et d’aliments OGM à une Europe qui n’en veut pas ? Il est temps que la Commission se remette au service des citoyens européens et prennent toute mesure nécessaire pour les protéger de plantes et d’aliments OGM indésirables. »

lire le communiqué complet des Amis de la Terre

Les Ministres de l’Environnement de l’Union européenne ont voté le 24 juin 2005 en faveur des pays prenant le contrepied des propositions de la commission faites
suite au recours des Etats-Unis, du Canada et de l’Argentine (3 grands pays producteurs de plantes modifiées génétiquement). Ces pays avaient déposé, en 2003, auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, une réclamation proclamant que ces interdictions nationales étaient des barrières au libre échange.

Les Ministres n’ont toutefois pas atteint la majorité qualifiée requise pour empêcher l’autorisation d’un autre maïs GM, le maïs MON863 de Monsanto alors même que Monsanto a refusé de livrer tous les résultats de ses propres tests sur cette plante OGM.

Un manque d’unité qui, hélas, offre des failles dans lequelles s’engoufffre la Commission pour autoriser l’introduction de nouvelles plantes OGM en Europe.
Ainsi, la Commission européenne devrait autoriser, début août, l’importation la transformation, dans l’Union européenne, du colza transgénique GT-7 produit par le géant américain des biotechnologies Monsanto. Après le mais BT-11 du suisse Syngenta et le mais NK-603 de Monsanto, en octobre, ce serait donc le troisième OGM autorisé dans l’Union européenne depuis la reprise en mai 2004, des procédures suspendues pendant plusieurs années.

Déjà, en décembre 2004, les ministres de l’Environnement de UE n’avaient pas dégagé de majorité qualifiée pour approuver ou rejeter cette proposition. La Commission en profita ppour autoriser le colza GT-73 modifié génétiquement par Monsanto afin d’être tolérant à l’herbicide glyphosate, également appelé "Roundup" et, lui aussi, développé par le groupe américain.

La contamination génétique est déjà en route en Europe

En parlant de colza , Sky News l’annonce dans un article du 25/07/05 (en anglais) : « La première super mauvaise herbe mutante a été découverte au Royaume-Uni - résultat d’un croisement entre du colza génétiquement modifié et une mauvaise herbe ordinaire » .

Dans le cadre d’une étude officielle, des chercheurs ont trouvé, sur l’un des sites test, une version génétiquement modifiée de "moutarde" (une mauvaise herbe courante) un an après des expérimentations de colza rendu résistant à un herbicide par manipulation génétique.

la suite sur Citron vert

Posté le 26 juillet 2005 par Christian Bucher
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  • Septembre 2005
    08:13

    > Europe et OGM : entre résistance et résignation !

    LA LIGNE VERTE POUR UNE EUROPE DES BIENS COMMUNS

    - par Mamére Noel, le lundi 22 août 2005

    Au lendemain de ce qui apparaît comme un tournant dans la société française, la gauche tout à ses règlements de comptes entre « sociaux- libéraux » et « antilibéraux » semble dans l’incapacité de mesurer l’ampleur du désastre auquel elle a pourtant participé depuis vingt-cinq ans. En panne de projet au moment où elle devrait être en première ligne, elle sème dans son propre camp les germes d’une division qui peut être durable. Les « oui » comme les « non » de gauche ne peuvent se contenter de ressasser leurs certitudes et se figer sur des positions de principe. On ne rassemble pas sur la méfiance et les rancoeurs.

    J’ai défendu ce projet de Constitution, par conviction européenne et parce que je croyais sincèrement que nous tenions là une occasion unique que nous ne reverrons pas de sitôt de franchir un pas décisif dans la construction de l’Europe fédérale que les Verts ont toujours souhaitée. Pourtant, la dynamique électorale a été portée par les partisans du non de gauche. A partir d’un discours « antilibéral » classique associé à une demande de changement de méthode dans la construction européenne, ils ont rencontré une majorité du pays qui éprouve un douloureux sentiment de vulnérabilité sociale et économique et qui en veut beaucoup aux « élites » devenues les boucs émissaires de ce désenchantement général. Ce vote a été populaire et nourri d’une démarche « citoyenne » évidente. Le reconnaître n’est pas aller à Canossa, mais se demander simplement pourquoi, avant le 29 mai, la question européenne n’a jamais été considérée en France comme une question politique et sociale majeure, dont les citoyens avaient tout autant le droit de discuter que leurs députés ou les eurocrates de Bruxelles.

    Il faut donc trouver maintenant une manière de débattre qui, sans réduire nos divergences, mette en avant les contenus, les alliances, les stratégies et qui permette de vérifier sur quoi nous sommes d’accord. Le débat n’est plus entre réformistes et révolutionnaires, ni entre contestataires et gestionnaires, mais entre une politique d’accompagnement visant à réduire les inégalités du libéralisme et une politique de transformation structurelle de la société que la gauche n’a pas osé engager lorsqu’elle était au pouvoir, ce qui a conduit au désastre du 21 avril 2002.
    Parce qu’ils se sentent vulnérabilisés, les citoyens attendent des structures publiques, de la commune à l’Europe, qu’elles leur offrent des garanties contre une accélération de la mondialisation sans régulation. Ils expriment aujourd’hui une triple exigence de protection, de précaution et de prévention. Sous prétexte d’« adaptation au changement », ils ne veulent pas voir brader la protection sociale, le service public, le code du travail, éléments clefs de l’Etat providence à l’époque des Trente Glorieuses. Ce n’est pas la défense des acquis sociaux qui est réactionnaire, mais la volonté toujours remise sur le tapis d’en finir avec les avancées sociales, sur les retraites, les conditions de travail, l’assurance maladie, au nom de la « modernité ». Oui il faut moderniser, mais en se souvenant que le premier objet de la Loi est de protéger les faibles.

    Dans un pays où la brutalité des rapports sociaux est telle qu’elle sape les fondements de la société, la lutte contre la précarisation et la vulnérabilité doit faire l’objet d’un accord de toute la gauche. L’égalité des chances passe par la mutualisation des risques sociaux.

    La gauche du non comme du oui doit aussi clarifier son rapport au productivisme. Si l’on se réfère, par exemple, à ses renoncements en matière de transport ou d’énergie ou à son discours sur la croissance, on constate que le « social-productivisme » se porte encore très bien ! Au vu de la situation environnementale de notre planète, l’urgence écologique impose donc que nous placions ce débat au coeur d’un contrat de gouvernement potentiel. Socialistes comme communistes doivent comprendre qu’il ne s’agit plus de peindre en vert la chambre des enfants de la maison commune, mais bien de changer de logiciel programmatique et ce, pour toutes les politiques communes. Les Verts seront-ils assez convaincants et assez forts politiquement pour entraîner leurs partenaires dans cette nécessaire révolution culturelle ?

    Les faits sont là qui tombent, rapport après rapport des instances internationales les plus sérieuses. Ainsi : l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire (ONU, mars 2005), document inégalé sur l’état de notre planète, dont le constat est accablant : plus de 60 % des écosystèmes permettant la vie sur Terre sont dégradés, notamment à cause du réchauffement climatique, de la surexploitation des ressources, des pollutions de tous types. A ce rythme, précise le rapport, la capacité de la planète à répondre aux demandes des générations futures ne peut plus être considérée comme acquise. Et il confirme ce que les écologistes disent depuis longtemps (Illich, Ellul, Partant, Fournier, Latouche) sans être réellement entendus : « Les perdants de la dégradation des écosystèmes sont les pauvres, les femmes et les communautés indigènes. » Qui sont les premières victimes de la malbouffe, des conditions de travail dégradées, des logements au plomb, du bruit, d’un maximum de violence environnementale, sinon les plus démunis ? Non seulement la preuve est apportée que l’écologie est « politique » mais qu’elle devrait se trouver au coeur des politiques de lutte contre les inégalités, puisque conditions sociale et environnementale sont liées.

    N’est-ce pas là une urgence pour toute la gauche que de prendre à bras-le- corps ces menaces ? Mais trouvera-t-elle le courage politique de se remettre en question et de proposer des solutions qui risquent de déplaire à son électorat si elle ne prend pas le temps nécessaire de l’explication ?

    A l’image d’autres gauches européennes, aura-t-elle le courage d’exiger de l’agriculture intensive et des grands gaspilleurs d’eau qui épuisent nos nappes phréatiques et polluent nos sols un plus grand civisme en leur appliquant le principe du « pollueur payeur » ? Voudra-t-elle imposer ce nécessaire moratoire sur les cultures d’OGM en champ ouvert alors même que dans ses rangs, elle compte d’ardents défenseurs de cette filière dangereuse ? Saura-t-elle s’opposer au lobby nucléaire en disant non au réacteur EPR et en décidant de gros investissements dans l’efficacité énergétique, les économies d’énergie et les énergies renouvelables ? Se décidera-t-elle enfin à se lancer dans de grands travaux d’infrastructure pour le transport combiné plutôt que de poursuivre dans la folie du tout- camion ?

    Il est temps de rompre avec le modèle de développement industrialiste et d’engager notre pays sur des voies autres que celles tracées par les lobbies du bâtiment, des travaux publics, de l’automobile et du pétrole, de l’agroalimentaire, de la chimie, de l’EDF et du nucléaire ou des industries de l’armement... Dans chacun de ces secteurs, la gauche devra proposer des politiques de reconversion, de formation visant à sécuriser les parcours professionnels de ceux qui y travaillent. L’investissement dans la recherche sur les fonctions économiques de l’écologie est l’un des éléments de cette réflexion sur les gisements d’emplois. Tant mieux si les grandes entreprises capitalistes intègrent le « développement durable » dans leur stratégie, à condition qu’elle s’inscrive dans une dynamique d’écologie d’intérêt général... Sans pour autant cautionner le « productivisme vert » ! Il y aura toujours incompatibilité entre les logiques de profit de l’agrobusiness, de l’industrie chimique, des multinationales de l’eau, de l’industrie automobile et la logique des biens communs, de l’accès de tous à la santé, à l’eau que nous buvons et à l’air que nous respirons.

    Il ne s’agit donc pas de « moraliser » le capitalisme mais de changer de logique en faisant converger autour d’exigences communes, les mouvements sociaux et la société civile qui contestent cette marchandisation du monde et des hommes.
    Concrétiser ces exigences en termes de droits doit être une priorité pour la gauche et le combat permanent des Verts. Si nous voulons une société pour tous, nous avons l’obligation d’organiser politiquement l’accès de tous aux mêmes droits.

    http://multitudes.samizdat.net/article.php3?id_article=2065