A pollueur record en mer, payeur record à terre !

Le répit n’a été que de 4 mois (dernière pollution constatée en mai 2005).
Le porte conteneur "Maersk Barcelona" navigant sous pavillon des Bahamas, commandé par un capitaine ukrainien, appartenant à une compagnie basée à Monaco, vient d’être surpris avec une nappe de 60 kms de long sur 100 m de large dans son sillage.
Un record pour un rejet en mer d’hydrocarbures !
Même si la nappe polluante est située à 160 kms , et même si la dispersion et l’évaporation vont agir, il est certain que nos côtes (ou celles de nos voisins anglais ou espagnols..) vont recevoir , dans quelques mois voire années, une nouvelle et généreuse ration de boulettes gluantes.
La bataille des pollutions volontaires de nos mers n’est donc pas encore gagnée !
Il suffit de constater qu’il s’agit du 28 ème navire surpris en flagrant délit de pollution, au large des côtes bretonnes, depuis mai 2003. Et puis, il y a tous les autres, ceux qui passent au travers les mailles du filet. L’avion Polmar des Douanes avec visée nocturne se fait toujours attendre !
Les cautions, les déroutements, les amendes aussi bien vis à vis des capitaines que des armateurs sont certes de véritables avançées dans l’application du principe pollueur-payeur.
Visiblement, si on assiste encore à des pollutions à coup sûr volontaires et d’une telle ampleur, les peines prononcées, notamment au tribunal de Brest, ne sont pas encore assez dissuasives.
Devant une pollution d’une telle ampleur, qu’attend-t-on pour requérir le maximum de l’amende prévue (1 million d’euros) ?
Qu’attend-t-on pour y prononcer des peines de prison , à l’image du tribunal marseillais qui a condamné le capitaine d’un porte-conteneurs à un an de prison avec sursis ?
Qu’attend-t-on pour y prononcer des peines de prison fermes là l’encontre des pollueurs des mers récidivistes ?
Au fait, ce porte-conteneur étant bien supposé transporter des matières dangereuses, sait-on de quelles matières il s’agit ? Maintenant que ce navire est à quai au port de Brest, la population a bien le droit de savoir ce qu’il contient et quels risques éventuels cela représente.
Pour assainir durablement le marigot du transport international maritime, beaucoup d’efforts et de persévérance seront nécessaires.
Et ceci à tous les niveaux, local, national, international (européen en particulier).
Les nouveaux textes mis en oeuvre par l’Union Européenne en 2007 (attendons de voir !) devraient permettre d’uniformiser, en Europe, les sanctions financières (actuellement les amendes vont, selon les pays, de 150 000 euros à 1 million 500 000)et les temps d’immobilisation (une journée d’immobilisation peut représenter 60 000 euros de frais !).
Ils présentent aussi l’intérêt de rendre co-responsables tous les acteurs du transport maritime : les affréteurs, les sociétés de classification, les gérants de navires, les équipages, les assureurs, les autorités portuaires...
A défaut, et si l’on baisse la garde, des "Maersk Barcelona" , suivis d’un lamentable sillage puant et toxique pour l’environnement marin et les populations littorales, circuleront encore pour longtemps au large de nos côtes."


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Brest en Bretagne
