Brest ouVert

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15h à18h. Après -midi avec le monde paysan. Couëron. Invité : René Louail

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Dans le cadre de la campagne partielle des législatives sur la 3eme circonscription en Loire Atlantique, Jean-François Tallio et Judith Leray , candidats pour EELV organisent un temps fort avec le monde paysan. Leur invité est René Louail, ancien conseiller régional en Bretagne.

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La rencontre se fera en 2 temps :
– De 15h à 16h, rapide visite de la ferme de Didier Chuniaud installé en bio pour entendre son quotidien, ses questions.
Lieu : La Vinaudière 44220 Couëron
– De 16h à 18h, échange, en présence des médias sur :
Les questions et colères du monde paysan,
Les revendications de la confédération paysanne,
Les propositions des candidats EELV pour un nouveau contrat et un autre modèle de développement en rapprochant les producteurs du consommateur (circuits courts, agriculture de proximité, santé alimentaire…).
Ce sera aussi l’occasion de rappeler nos propositions pour l’avenir du site de NDDL.
Julien Durand sera présent ainsi que d’autres paysans.
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Pour Didier Chuniaud, « le bio, c’est un choix de vie »

Nantes – Modifié le 30/09/2013 à 19:24
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                                Vinaudière.Didier Chuniaud avec des veaux de sa ferme à la Vinaudière. |

Portrait

En sortant de chez César Mégroz, l’éleveur de poulets du Douetais, tournez deux fois à gauche, vous y êtes ! Didier Chuniaud est le voisin et même le mentor de César.

Installé à la Vinaudière depuis 25 ans, l’homme possède une production de vaches laitières biologiques. « Je me suis remis en question suite à la vache folle (1), le mode de travail, la production… Et je suis passé au bio il y a dix ans », explique Didier.

Autosuffisant dans l’alimentation de ses animaux, sans engrais phytosanitaire, l’élevage de Didier Chuniaud ne repose que sur un aliment phare : l’herbe. « L’alimentation la moins chère et la plus saine », tranche le fermier.

Ni engrais chimiques, ni hormones

80 % de ses terres sont enherbées, 20 % sont réservées aux maïs et céréales. Sur ses 73 ha, Didier Chuniaud élève 32 laitières, des génisses, des boeufs vendus en vente directe et quelques veaux de lait, soit 70 à 80 bêtes. Autrement dit, un hectare par vache.

« Le bio est un choix de vie », considère l’éleveur. Cette agriculture demande ainsi plus de mains-d’oeuvre, d’où un salarié à plein-temps pour Didier. Ses bêtes, elles, pâturent du 15 février à Noël et davantage cette année, avec pour compléments, du foin, du maïs et des céréales.

Didier a aussi choisi d’aller vers le consommateur de proximité, par la vente en caissettes. Derrière ce choix, l’éleveur souhaite « également faire évoluer les pratiques pour voir apparaître des aliments plus sains et naturels. » C’est encore lui qui fournit l’Amap de Couëron.

Ici, pas d’engrais chimique, interdiction d’OGM, d’hormones sur les animaux… Les traitements antibiotiques sont limités et remplacés par des huiles essentielles et des produits homéopathiques. Autant de manipulations pour un contrôle d’organisme certifié.

La France, 3e utilisateur de produits phytosanitaires

« La France a été le premier pays européen à reconnaître l’agriculture bio, mais elle ne l’a pas développée. Et c’est, en parallèle, le troisième pays au monde pour l’utilisation de produits phytosanitaires (2) dans le maraîchage, la vigne… », s’interroge Didier Chuniaud.

Il souligne qu’à Couëron, sur une quinzaine d’exploitations, sept sont en bio. Didier aborde alors les autres formes d’agriculture : « L’agriculture raisonnée, mise en place par les marchands de produits phytosanitaires, un concept de communication alliant environnement et productivité. » Dans la même ligne, Didier s’étonne de l’agriculture dit écologiquement intensive, qui selon lui fonctionne « avec un registre d’observations, une limitation d’apports d’engrais et de phytosanitaires, mais qui n’interdit pas les OGM… » Alors dans tout ce charivari d’appelations et de normes, Didier Chuniaud a tranché. Sa vie, il la voit en bio.

Contact : 02 40 86 56 30.

(1) Crise sanitaire touchant les bovins apparue dans les années 1990, notamment au Royaume-Uni. En 1996, les scientifiques établissent la possibilité de transmission de la maladie à l’homme par le biais de la consommation de produits carnés.

(2) La France consomme environ 100 000 tonnes par an de produits phytosanitaires d’après l’Insee.

Posté le 5 avril 2016
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