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L’ougandaise Margareth Nakato à Brest ou le rêve de rapports équitables entre le Nord et le Sud

Invitée en France par le CFSI (Comité français de solidarité internationale, regroupement de 25 ONG françaises)
Margareth Nakato, Margaret NAKATO, présidente-fondatrice du groupement de productrices et transformatrices de produits de la pêche de la région de Katosi (lac Victoria en Ouganda) et Vice-Présidente du Forum Mondial des Pêcheurs, était de passage à Brest le 12 et le 13 octobre où un collectif s’était mis en place pour assurer son accueil( AE2D, Les Amis du monde diplomatique, Peuples solidaires, Ti ar Bed, Verts du pays de Brest).

Ce voyage de Margareth Nakato en France et plus particulièrement en Bretagne (Lorient, Vannes, Rennes, Douarnenez, Saint Brieuc, Brest) se situe dans le cadre de la campagne d’opinion « Alimenterre ». Une campagne qui veut rappeler aux décideurs dans quelle mesure la libéralisation des échanges prônée par l’OMC contribue à aggraver la situation de la faim dans le monde et qui s’inscrit dans la perspective de la prochaine Conférence Interministérielle de l’OMC se tiendra à Hong-Kong au mois de décembre 2005.

A Brest, elle a pu rencontrer de nombreux acteurs locaux de la Solidarité Internationale, puis à la Faculté des lettres de Ségalen, après la projection d’un documlentaire sur les rapports Nord Sud, elle a animé un débat devant 150 personnes qui apermis de mettre en parallèlle les questions de sécurité alimentaire et de biodiversité.

Avec gravité mais aussi gentillesse, disponilibité et dans uen grande dignité, elle a plaidé pour une entraide véritable entre les pays de Nord et du Sud.

Le lendemain, le 13 octobre, elle a pu rencontré Mr Carval, gérant de la criée de Brest et responsable du comité local des pêches du Nord Finistère avant d’être reçue à l’hôtel de ville par le maire François Cuillandre et Françoise Bachelier, adjointe au maire, chargée des relations. internationales.

Interview et photos

Brest-ouvert : Le film "Le cauchemar de Darwin" montre une réalité assez terrifiante finalement, assez dramatique de la situation, avec notamment le problème du SIDA important dans cette région de l’Afrique ?

Margaret Nakato : Le SIDA effectivement est très présent dans les communautés de pêcheurs, 16% de SIDA dans les communautés de pêcheurs, et 6% pour le reste du pays
En règle générale, l’Ouganda a quand même réussi à maintenir le pourcentage de personnes atteintes du SIDA à un taux bas par rapport à d’autres pays d’Afrique. Mais c’est vrai que dans les communautés de pêcheurs en particulier le pourcentage est, par contre, très haut du fait qu’ils n’ont pas accès aux services médicaux et aussi du fait de leur mode de vie qui est plutôt nomade.

L’autre grand problème pour les communautés au bord du lac Victoria est la gestion de la ressource, on sait qu’il y a eu une introduction d’une espèce de poisson la Perche du Nil qui pose problème, il y a aussi un problème de surpêche ?

Dans les communautés de pêcheurs, nous avons des problèmes sociaux, économiques et environnementaux.
Il y a de nombreux problèmes au niveau social,
comme dans l’infrastructure du pays, il y a très peu de routes, d’accès de communications et puis également des problèmes d’ordre environnemental surtout aux abords du lac où il y a des problèmes de pollution.

Après l’introduction de la Perche du Nil, au début on trouvait que c’était bien mais petit à petit la quantité de poisson a diminué de façon assez dramatique. Au départ c’était donc censé être quelque chose de bien mais au final ça s’est dégradé notamment avec des répercussions sur l’environnement.

Ca a crée une trop forte compétition en fait, comme c’était une ressource intéressante tout le monde a voulu commencer à pêcher. Quand tout le monde commence à vouloir la même ressource, finalement le lac se retrouve sous la pression de toute cette activité et l’environnement ne donne plus alors de bonnes conditions pour que les poissons puissent se reproduire de façon.

Le nombre de poissons diminuant, les pêcheurs ont commencé à pêcher les juvéniles, par ailleurs la perche du Nil elle-même mange ses propres juvéniles. Du coup, les poissons juvéniles sont désormais de moins en moins nombreux.

Les problèmes sociaux engendrent des problèmes économiques et puis les problèmes économiques engendrent des problèmes environnementaux, c’est un cercle vicieux !

Quelle est l’action de la coopérative de femmes de la région de Katosi ?

L’association répond un peu aux problèmes qu’il y a dans la communauté puisqu’il n’y a plus vraiment de travail pour tous dans le domaine de la pêche. La coopérative essayer de trouver des alternatives. Le gouvernement essaie aussi de diversifier un peu les activités

Concrètement, quels types d’activités ?

L’accès au crédit, pour qu’elles puissent démarrer des petits magasins en fait autour de l’alimentation, du vêtement...
Le programme soutient aussi un programme d’agriculture durable pour que chaque femme ait accès, par exemple, à une vache qui produirait du lait ou de la nourriture pour la famille.

Avec 700 euros par exemple il serait possible de donner une formation à 199 femmes qui sont dans ma coopérative.
Elles ont vraiment besoin. Elles essaient besoin d’apprendre pour promouvoir la protection de l’environnement et de former, à leur tour, les gens à cela. Il faut garder le lac en vie !

Margareth Nakato au port de Brest
Photo de groupe sur la terrasse de la mairie de Brest
Réception à la mairie de Brest
Posté le 17 octobre 2005 par Christian Bucher
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