Brest ouVert

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Les interventions de vos élu.e.s au conseil de métropole du 14 octobre 2016

Vous trouverez ici les dernières interventions de vos élu.e.s EELV au conseil de métropole du 14/10/2016 sur les sujets suivants : la hausse de la grille tarifaire d’Océanopolis, le développement des modes de paiement du stationnement et les problèmes de confidentialité des données, les problématiques liés aux compteurs Linky et le voeu au sujet de l’implantation de la SILL.

Délibération n° 6. Océanopolis : approbation des tarifs pour l’année 2017.

Monsieur le président, cher.e.s collègues,

Océanopolis est une escale touristique inévitable et faisant partie des plus beaux aquariums de France. Bien qu’il soit un équipement de qualité et qu’il devrait être accessible au plus grand nombre, ses tarifs continuent à augmenter. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le passage au-dessus des 20 euros pour le tarif plein adulte en 2016 avait déjà causé des remous. Océanopolis a un tarif plus élevé que les autres grands aquariums de France naviguant eux, entre 11 à 18 euros pour un tarif plein adulte (Exemple : Cité de la mer (18.00 €) ; Musée océanographique de Monaco (de 11 à 16€ )).
Nous regrettons aussi l’absence de tarif préférentiel pour les jeunes de plus de 13 ans à 18 ans.
Pour ces raisons évoquées, nous nous abstiendrons pour cette délibération.

Délibération n°12. Approbation du développement des modes de paiement du stationnement payant sur voirie.

Monsieur le président, cher.e.s collègues,

Les horodateurs nouvelle génération sont une avancée pour le citoyen afin faciliter le paiement du stationnement à Brest. Finis le problème du manque de monnaie lorsque l’on stationne à Brest, l’utilisateur/rice s’inscrit sur le site internet Whoosh (un service proposé par l’entreprise Parkeon) et donne son nom d’utilisateur/rice sa plaque d’immatriculation, sa géolocalisation et son temps de stationnement qu’il ou elle peut prolonger. Ces données personnelles sont ensuite, je cite : « conservées de manière confidentielle et destinées exclusivement à PARKEON ou ses filiales, ainsi qu’à ses partenaires et distributeurs indépendants à des fins d’analyses, d’enquêtes et d’opérations commerciales »( https://www.whooshstore.fr/mentions-legales/).
En d’autres termes, les données des utilisateurs/rices sont revendues par Parkeon à des fins commerciales. Nous sommes radicalement contre cet emploi des données des citoyen.nes. De plus, le site fait référence à une charte des données qui est manquante.
Ainsi, dans ce contexte d’opacité sur la confidentialité des données des usagers et de possibilité de vente des données à des fins commerciales, nous nous abstiendrons pour cette délibération.

Délibération n°39. Rapport annuel relatif à la délégation de service public de distribution d’énergie électrique pour l’exercice 2015

Monsieur le président, cher.e.s collègues,

Le rapport annuel d’ENEDIS est l’occasion, pour nous, de revenir sur le déploiement des compteurs Linky et des polémiques liées à ceux-ci. En effet, nombreux sont celles et ceux qui s’interrogent aujourd’hui, à juste titre, sur les conséquences de la mise en place de ces compteurs. Les inquiétudes des associations et des citoyen.ne.s portent notamment sur les problèmes de confidentialité des données recueillies par le compteur, son manque d’efficacité en matière de maîtrise de la consommation d’énergie, son coût pour le consommateur, sa fiabilité, le manque de concertation ou encore de son potentiel impact sur la santé.
Je ne vais pas dresser un inventaire exhaustif et explicatif des défauts de ce compteur mais je souhaite revenir sur deux points en lien avec le compteur Linky.

  • Premièrement, nous doutons de l’efficience du compteur en matière de maîtrise de la consommation d’énergie malgré le fait que le déploiement des compteurs résulte de la loi de transition énergétique. Nous en doutons car comme le préconise l’ADEME au sujet du compteur Linky, pour accroître son bénéfice environnemental, son appropriation par le consommateur est nécessaire. Ce compteur n’est pas conçu pour les usagers et ne permet pas de le rendre acteur de sa consommation. Sur l’interface du compteur, la consommation est affichée en kilowatt et non en euros. De plus, ce compteur ne permet pas de gérer directement la consommation des appareils ménagers. Les premiers constats ne sont donc pas surprenant. Effectués sur une population test de 1 500 ménages, ils démontrent que 90% des usagers ne changent pas leurs pratiques avec Linky.
  • Deuxièmement, malgré un niveau d’investissement extrêmement élevé (estimé entre 4 et 6 milliards d’euros au total), le choix du compteur Linky, comme le calendrier de son déploiement ont été imposés, sans aucune concertation préalable avec les collectivités locales propriétaires des réseaux ou encore les usagers. Il n’est donc pas étonnant que 268 communes recensées à ce jour aient délibéré contre les compteurs Linky.

Nous resterons vigilants et inviterons les associations de consommateurs d’être particulièrement attentives aux changements qui s’opéreraient sur les sommes prélevées par les opérateurs suite au remplacement de compteurs.

Considérant que Brest Métropole est propriétaire de l’ensemble du réseau de distribution d’électricité sur son territoire, y compris les compteurs électriques, et qu’elle en a confié la gestion à ERDF (Électricité Réseau Distribution France) par le moyen d’une concession et considérant que la responsabilité de l’AODE peut être engagée. Elle se doit donc d’informer les Brestois.es et de les intégrer au débat concernant l’installation des compteurs communicants.

Réaction à la proposition du vœu présenté par le groupe socialiste au sujet de l’implantation de la SILL

Monsieur le président, cher.e.s collègues,

Aujourd’hui un procès symbolique et citoyen contre Monsanto s’ouvre au Pays Bas, pour violations des droits humains, crimes contre l’humanité et écocides. A travers ce procès, 30 expert.e.s et témoins de tous les continents vont se présenter devant cinq juges internationaux pour montrer que l’industrialisation à outrance de l’agriculture a perverti notre système alimentaire.
Au moment où ce procès commence, à Brest, nous nous retrouvons face à un vœu concernant l’implantation de la Sill constatant : je cite premièrement « le rôle essentiel dans l’économie de l’ouest breton d’une agriculture bretonne productive, rémunératrice, et écologiquement responsable ». Deuxièmement « Que sur le territoire du Pays de Brest se développe une industrie agroalimentaire de qualité, innovante, exportatrice et créatrice d’emplois ». En l’état, nous ne pouvons-nous associer à ces formulations car elles soutiennent l’industrie agroalimentaire et un système agricole en crise.
L’activité agricole joue un rôle essentiel économique, environnemental et paysager dans le pays de Brest : 54% de l’espace, 4% des emplois directs, près de 11% des emplois au total (en comptant les emplois générés en amont et en aval). Mais, nous ne soutenons pas la violence de l’industrie agroalimentaire qui rejailli sur la santé publique et de ses acteurs comme les salarié.e.s de Triskalia par exemple ou les agriculteurs/rices. En effet, Le nombre d’agriculteurs/rices en détresse ne cesse de croître face à la crise que connaît leur secteur.
Un suicide tous les deux jours en France selon une étude de la MSA en 2013. Ce chiffre ne fait que grossir : le suicide des agriculteurs/rices a été multiplié par 3 cette année. Cela fait 20 ans que les écologistes sont conscients du malheur agricole et soutiennent ces acteurs/rices qui en sont victimes. En résumé, il est temps de transformer ce système malade en un système alimentaire écologique, biologique, sans pesticides et centré sur l’humain.
Nous voterons tout de même ce vœu car même si les recours face à cette implantation, posaient initialement sur des questions environnementales, celles-ci ont été réglées, et il ne semble guère rester que des motivations personnelles et financières aujourd’hui. De plus, si nous sommes pour une agriculture biologique, nous ne sommes pas forcément contre les outils, même industriels.

Posté le 17 octobre 2016
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