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Pesticides. Cycle de conférences avec Mme Tran To Nga en Bretagne.

Née en 1942, en Indochine, Mme Tran, âgée de 73 ans, a assigné en justice 26 sociétés américaines de pétrochimie dont Monsanto, Dow chemical … Elle devient journaliste et couvre pour l’Agence de presse Giai Phong la Guerre américaine qui fait rage dans son pays. Elle a 24 ans.
Dès 1966, elle vit dans une zone soumise aux épandages intensifs du Sud-Viêt Nam, celle de Cu Chi, située dans le Triangle de Fer, endroit le plus bombardé du monde (10 tonnes de bombes par habitant). Elle y absorba directement et de façon massive les toxiques auxquels elle a été soumise, selon de nombreux témoignages vietnamiens.

En 1968, toujours journaliste (année record des épandages, selon Jeanne Mager Stellman cette fois – 1967 et 1968 ayant constitué le pic des épandages), Mme Tran couvre les combats dans les zones d’épandages d’Agent Orange qui ciblaient la Piste Ho Chi Minh.

En 1969 et 1970, Mme Tran vit en permanence sous les épandages le long de la Piste Ho Chi Minh.

Entre temps, le 30 juin 1968, Mme Tran a donné naissance à sa première fille (fait assez rare tant les fausses-couches étaient nombreuses parmi les Vietnamiennes). La petite vivra un peu plus d’un an, et mourra fin 1969 d’une anomalie génétique : la tétralogie de Falot, effet tératogène avéré.

Heureusement, le 28 juin 1971, Mme Tran donne naissance de nouveau à une fille, venue au monde dans la forêt détruite par l’Agent Orange. Par malheur, cette deuxième fille hérite de l’Alpha Thalassémie récemment contractée par sa mère.

Le 24 décembre 1974, Mme Tran met au monde sa troisième fille, laquelle est née dans une prison américaine (où sa mère sera torturée). Cette enfant va connaître de très gros problèmes cutanés, incurables. En effet, la peau est un organe très sensible à l’Agent Orange, en particulier la chloracné.

Aujourd’hui, Mme Tran, « supposée » victime de l’Agent Orange, présente les pathologies suivantes :

― Diabète de type 2 (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a démontré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange).
― Sa fille aînée est morte d’une malformation cardiaque, la tétralogie de Fallot (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a démontré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange)
― L’Alpha Thalassémie, qu’elle a transmise à sa deuxième fille (l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington a dé-montré les liens entre cette maladie et l’exposition à l’Agent Orange)
― Mme Tran présente des nodules et calcifications dans tout le corps (vaisseaux sanguins, poumons, seins, cœur…)
― Puis, pour couronner le tout, une ancienne tuberculose surinfectée, difficilement traitable.

Quatre de ces maladies sont typiques d’une exposition à la dioxine TCDD et figurent sur la liste de l’Institut de médecine de l’Académie nationale des Sciences de Washington comme étant liées à l’Agent Orange. La 5ème s’expliquant par l’atteinte du système immunitaire également reconnu comme maladie liée à l’Agent Orange par ce même institut, cette immunotoxicité étant classique pour tous les composés organiques polychlorés.

La procédure de Mme Tran, 73 ans, suppliciée depuis un demi-siècle, vise à lui rendre justice et, au travers d’elle, obtenir enfin la première reconnaissance tangible d’un immense crime. Mené par Me William Bourdon, et ses collaborateur(trice)s, il s’agit d’un procès techniquement difficile, et très onéreux. En effet, contrairement à la procédure des victimes vietnamiennes intentée aux USA par des avocats états-uniens, celle-ci nécessite qu’un huissier français délivre l’assignation à autant d’huissiers états-uniens qu’il y a de sociétés mises en cause, notification par parquet diplomatique, sans compter que tous les documents et annexes doivent être traduits et certifiés pour validité. Des frais qui se renouvelleront lors des conclusions répondant aux arguments contradictoires des défendeurs. Ne doutons pas que la défense de ces multinationales sera féroce et, en cas de verdict favorable à Mme Tran, elles feront appel. Alors de nouveau les frais reviendront, par dizaines de milliers d’euros.
Mme Tran n’a pas les moyens de couvrir pareils frais. Aussi, un collectif sollicite associations et personnes tournées vers le Viêt Nam. Mais pas seulement, tout citoyen(ne) se sentant concerné(e) peut traduire sa solidarité par un don. Des plateformes internationales seront également activées vers leurs millions de membres, avec le soutien du CIS.

Portrait de Mme Tran To Nga. Extrait d’un article plus complet ici : http://www.agent-orange-vietnam.org/present/proces-en-france

Le site de soutien de Mme Tran
http://www.nga-orange.org/

Mme Tran a publié un livre : http://www.nga-orange.org/Contact-Tran-To-Nga pour aider au financement du procès.

 

CONFERENCES

Le samedi 11 février 2017

-Matin à St Brieuc (22). Conférence au local d’EELV bretagne de 10h à 12h. 14 bd Hérault

-Après-midi à la librairie de Plougastel (29) pour une dédicace de son livre.

 

Europe Ecologie les Verts Bretagne

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Posté le 6 janvier 2017 par EELV Bretagne
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