1. La CCPA incinère tous ses déchets non-triés
1.1.Le tout-incinération
Jusqu’en 2003, les déchets de la Communauté des communes de Plabennec et des Abers étaient expédiés pour moitié (communes de la côte) vers le Sivalom pour en faire du compost, et pour l’autre moitié (communes de l’intérieur des terres) vers le Spernot pour y être incinérées. La décision de quitter le Sivalom et d’entrer dans le tout-incinération a été votée en 2003 par l’assemblée communautaire sauf une voix (la mienne). J’ai alors expliqué que, à mon avis, l’incinération est le moyen le plus cher et le plus polluant.
1.2. Une mise en œuvre non-incitative de la redevance
La redevance sur les déchets ménagers est actuellement calculée sur le nombre de personnes logeant dans la maison. En étant favorable à une redevance plutôt qu’une taxe, j’ai cependant toujours voté contre son mode de mise en oeuvre qui n’incite ni au tri ni à la récupération des déchets, ni la recherche de moindres emballages à l’achat. De plus, il va à l’encontre du principe pollueur-payeur. « Quelqu’un qui a son bac à ordures vide paye autant que celui qui a son bac plein ». Je suggère, en maintenant le principe de la redevance en fonction du volume du bac à ordures, de laisser au contribuable le choix de ce volume selon ses besoins en terme de déchets jetés. Ainsi moins on jettera, moins on paiera. C’est le système incitatif le plus efficace, qui est d’ailleurs employé par la CCPA pour les professionnels.
2. Le Pays de Brest, son incinérateur du Spernot et ses très chers mâchefers
2.1. La logique productive de l’incinération et de l’utilisation de ses produits

- UIOM du Spernot
L’incinérateur du Spernot à Brest est désormais géré au niveau du Pays de Brest. Il existe une utilisation énergétique dans la zone urbaine proche. La mise aux normes concernant les rejets polluants atmosphériques est en cours en 2005, et coûte très cher. Sur les 100000 tonnes de déchets traités par an, il reste 30000 tonnes de résidus secs qui sont aujourd’hui expédiés à grand frais vers Caen.
Un contrat récent entre la Sotraval (gestionnaire de l’usine avec les communautés de communes) et Eurovia (constructeur de routes), créant Scorvalia, prévoit de créer une plateforme de maturation des mâchefers pour que ceux-ci soient utilisables dans les sous-couches routières dispersées sur le territoire. Une première étude a retenu, sur 6 sites proposés par les communautés de communes, 3 d’entre eux :. Guipavas Beg-ar-Groaz, Plabennec-Penhoat et Brest-Spernot. Une seconde étude a classé les 3 sites, avec des notations douteuses de critères. Sur plusieurs critères Plabennec arrive en tête.
Tout ceci est l’aboutissement de la mise en place d’une filière productive associant des intérêts privés qui empêchera à terme de réfléchir à une autre politique des déchets sur le Pays de Brest. Pour alimenter cette filière ; il faudra alimenter l’incinération. Pour que l’incinération fonctionne bien, il faudra toujours beaucoup de papier, de carton , de plastique. Donc pourquoi trier ? Pourquoi réduire nos déchets à la source ?
2.2.De nombreux exemples inverses
Après l’Allemagne, l’Irlande a décidé au 1er janvier 2005 de sortir de l’incinération et a adopté sur tout son territoire la pesée embarquée des poubelles (paiement au poids de déchets) pour réduire fortement les ordures jetées. La Vendée, après sondage de sa population (79% contre l’incinération et 86% pour la pesée embarquée) a donc décidé de suivre l’avis des contribuables et citoyens. La Communauté des Communes de la Porte d’Alsace (près de Mulhouse) a aussi décidé de mettre en place la pesée embarquée sur son territoire. Le résultat est probant : 4 fois moins de déchets jetés en 5 ans. Leur redevance en 2004 de 35 euros par habitant et par an est égale à la moyenne de celle de la CCPA, donc pas plus chère.
Les Verts du Pays de Brest ont, par une note du 15 avril 2005, dénoncé chez nous « le choix du traitement des mâchefers qui se situe dans la logique de poursuite du recours à l’incinération et fait entraîner des risques supplémentaires de dispersion dans la nature de matériaux qui, loin d’être inertes, comme on veut bien le dire, détiennent des polluants hautement toxiques ».
A tous les niveaux des volontés de marche arrière se font jour. Et à chaque fois sont liés le moins d’incinération et le plus de tri. A l’inverse, la logique du tout-incinération est incompatible avec celle du tri et recyclage. En effet un incinérateur a besoin, pour bien brûler, du maximum de papier, carton et plastique.
3. La réglementation évolue mais les actions ne suivent pas, au contraire
Le protocole de Kyoto de décembre 1997 oblige les états signataires, dont la France, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or l’incinération de chaque tonne de déchets produits environ 950 kilos de gaz carbonique (CO2) émis dans les fumées.
Quant à eux, les mâchefers sont toujours règlementés en France par une ancienne circulaire ministérielle du 9 mai 1994. Elle dit, entre autres, que leur utilisation ne peut se faire sur le territoire que (texto) « dans un lieu non-inondable, n’ayant jamais été atteint par les plus hautes eaux, situé à plus de 30 mètres de tout cours d’eau et en dehors des zones de protection rapprochée des captages d’eau potable ». C’est dire que dans notre secteur des Abers où l’eau est très présente partout (nombreuses zones humides, nombreux petits ruisseaux, bassins versants sensibles), il y a peu de place pour l’utilisation routière des mâchefers. L’Alsace a bien compris le danger pour sa nappe phréatique et a complètement interdit l’utilisation des mâchefers sur son territoire.
Cette circulaire de 1994 ne prend en compte que les métaux lourds dans les dangers à surveiller. La réglementation sur les dioxines est arrivée après par l’arrêté du 10 octobre 1996 pour les fumées d’incinération, mais n’a pas été introduite dans celle des mâchefers. Or plusieurs études ont bien montré que ceux-ci comportent des dioxines et des furanes hautement toxiques. Des chercheurs américains ont démontré qu’il y avait transfert des polluants dans l’eau pendant plus longtemps que prévu par les tests obligatoires en France. D’ailleurs la norme américaine de dioxine dans les rejets des incinérateurs est 100 fois plus sévère que la nouvelle norme française.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a officiellement reconnu en 1997 que la dioxine est cancérigène. Enfin, la convention de Stockholm du 22 mai 2001 a été signée par la France le 17 février 2004. Elle demande à ce que l’on mette fin, dans les plus brefs délais, à la production de dioxine et de furanes, à leur utilisation et à leur dispersion. En effet, elle classe ces 2 produits parmi les 12 produits organiques les plus dangereux au monde.
Et en plus de tout cela, le principe de précaution a été inscrit dans la Charte de l’Environnement adossée le 1er mars 2005 à la Constitution Française !!!
4. Une plateforme de maturation des mâchefers à Plabennec ?
Une plateforme de maturation des mâchefers est une aire découverte où les résidus de l’incinération sont humidifiés pour qu’ils perdent au fil du temps un peu de jus toxiques. Sur le même site, il y aura déferraillage et criblage préalable des mâchefers.
Lors du déchargement et de ces opérations à l’air libre, quelques cendres peuvent s’envoler. Les jus toxiques d’écoulement sont censés, s’il n’y a pas de fuite, être récupérés. Les boues seront vraisemblablement retournées au centre d’incinération. Encore un transport de produits toxiques !
Le site de Kerbrat-Gouesnou est proche d’activités agro-alimentaires dans la zone artisanale de Penhoat, et est proche d’habitations que ce soit le quartier de Penhoat en Plabennec ou le bourg de Gouesnou. Il est aussi tout proche d’un petit ruisseau et entouré de zones humides à la source de l’Aber-Benouic se déversant dans l’estuaire conchylicole de l’Aber-Benoît.



