Le recyclage "oublié" des vieux ordinateurs : sensibilisation aux enjeux dans "Libération"

Extrait des articles publiés
Un cauchemar du cyberage Par Virginie GOMEZ Libération, mercredi 28 décembre 2005
Selon le BAN, au cours de la dernière décennie, 500 millions d’ordinateurs sont devenus obsolètes. Cela représente près de 3 millions de tonnes de plastique, 1 400 tonnes de cadmium, 862 tonnes de promium, 287 tonnes de mercure, autant de substances dangereuses pour la santé humaine. « Ces machines que nous avons, que nous aimons, ne sont pas conçues pour être recyclées », explique Jim Puckett, auteur d’un rapport sur l’exportation de déchets électroniques en Afrique.
Pourtant, il faudrait qu’elles le soient. Une directive européenne, entrée en vigueur en août 2005, oblige en théorie les fabricants à récupérer et à recycler leurs produits. Mais le réseau peine à se mettre en place. Aux Etats-Unis, rien ne force les constructeurs à le faire, même si certains s’y essaient comme Hewlett-Packard ou Dell.
—
Déchets. La mégapole nigériane recycle et détruit le matériel informatique d’Europe et des Etats-Unis. Les ordinateurs, poison de Lagos
Par François-Xavier GOMEZ Libération, mercredi 28 décembre 2005
Lagos de notre correspondante
Assis sur le sol poussiéreux, des jeunes s’affairent sur des machines désossées, essayant de leur rendre vie. Le marché aux ordinateurs d’Ikeja est un vaste dédale d’échoppes. Dans cette « Silicon Valley » nigériane, on vend un petit peu de neuf et beaucoup d’occasion. John Oboro, responsable de l’association des vendeurs d’ordinateurs du Nigeria, est catégorique : « La majorité de ces vieux computers ne pourront pas être réparés. » « On ne peut jamais prédire au premier coup d’oeil » rétorque un homme qui trifouille dans une myriade de composants électroniques. Sur les devantures, le matériel recyclé est toiletté et emballé dans du plastique transparent. Derrière les boutiques, des piles de carcasses de disques durs, des tas de vieux écrans témoignent de l’important volume de matériel irrécupérable. « Tout ça va aller pourrir ici », explique John Oboro en montrant un bac débordant d’immondices. « Après, l’ensemble sera brûlé. »
— -
Selon un rapport du réseau d’activistes Basel Action Network (BAN), qui suit le trajet des déchets toxiques sur la planète, 500 conteneurs bourrés de matériel informatique de seconde main arrivent chaque mois à Lagos, essentiellement d’Europe ou des Etats-Unis. Environ 75 % des quelque 400 000 vieilles bécanes iront à la poubelle. Les émanations de leur combustion sont très nocives pour l’organisme. « Elles peuvent provoquer des avortements chez les femmes enceintes qui vivent près des décharges », affirme Oladele Osibanjo.


Poster un message
Brest en Bretagne
