print

Les machines à voter, aveugles, une fois de plus questionnées

jeudi 5 janvier 2006

Repris d’un mél de Ludovic Penet, animateur de temps nouveaux

L’État américain du Wisconsin [exigerait dorénavant que http://wistechnology.com/article.php ?id=2585] :

  • le code source des logiciels des machines à voter soit librement accessible afin de pouvoir être vérifié par un tiers ;
  • des bulletins papiers soient être produits par la machine et présentés à chaque électeur pour validation avant l’enregistrement de son vote, ce pour permettre le recomptage ;
  • le comptage des bulletins soit résistant à une panne de courant.

Des exigences qui ne sont pas sans rappeler l’appel pour une e-démocratie libre lancé en marge du dernier forum e-democratie.

Si de telles machines sont préférables à des boîtes noires fermées, dont on ne peut absolument pas contrôler le fonctionnement, elles ne constituent cependant pas une solution acceptable.

Nous avons tous en souvenir le souvenir de l’arrêt du recomptage des bulletins lors de la présidentielle américaine. Les bulletins papiers ne sont pas une garantie.

Une fois « compilé » (traduit en des instructions compréhensibles par la machine), un logiciel devient un objet opaque, invérifiable par tout citoyen, qu’il soit ou non informaticien. Il n’est donc pas l’urne transparante scrutable par tout un chacun et plus particulièrement par des assesseurs de différente sensibilités garantissant le bon déroulement des opérations de vote. Et qui nous garantit que la version compilée exécutée par la machine à voter correspond bien au code source qui nous est montré ? La sécurité et la transparence ne sont accrues qu’en apparence.

Bref, que leur logiciel soit à code source ouvert ou fermé, l’utilisation de machines à voter reste problématique...

Forum
9 janvier 2006 Le libre accès au source n’a pas survécu au passage devant le Parlement.

En fin de compte, tous les citoyens ne pourront pas accéder au code source des machines utilisées dans le Wisconsin. C’était prévu dans le projet de loi initial, mais il a été amendé par le parlement pour être plus restrictif (l’influence du fabricant local "Voting Technologies International" est soupçonnée). Tout en restant plus ouvert que dans les autres états américains : en plus de l’Etat, les comtés pourront y accéder, ainsi que les candidats ayant obtenu un recomptage (bizarre restriction...).

C’est vrai que l’accès au code source ne garantit en rien l’intégrité d’une élection. Néanmoins, c’est souvent la première demande, du moins de ceux qui savent ce qu’est un code source, et de beaucoup des autres une fois qu’on leur a expliqué ce que c’est. Les élections, électroniques ou pas, c’est pas mal de symbolique... Et les fabricants n’apprécient guère ce genre de disposition, au point de se détourner de certains marchés, tel Diebold en Caroline du Nord.

Quant à l’impression de bulletins papier, cela pourrait être une garantie sérieuse si les modalités de leur recomptage étaient bien définies. Mais à ce jour, nul pays n’est parvenu à les établir correctement. Est-ce destiné à rester une belle théorie ?

Pierre Muller,
webmestre de www.recul-democratique.org
Citoyens critiques envers le vote électronique.

Pierre MULLER - Répondre à ce message
Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net