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Exit l’usine à lisier à Lannilis ! Associations et justice aujourd’hui en boucs-émissaires

Mr Limier, ex président de Lannilis Services environnemnt, société du projet d’usine à lisier de Lannilis, aujourd’hui abandonné après une décision de justice, s’était livré, dans le courrier des lecteurs du journal Ouest France, à une attaque en règle des associations d’environnement et appelé à descendre dans la rue pour dénoncer des décisions de justice jugées systématiquement défavorables aux porteurs de projets.

Voici la réponse que je lui ai faite et qui a été diffusée le samedi 7 janvier dans la rubrique de ce même journal.

On peut comprendre que Mr Limier, ex président de « feu » LSE (Lannilis Services Environnement (société liquidée, le 19 juillet 2005) soit quelque peu contrarié, son projet d’usine de traitement de lisier n’est-il pas resté dans les cartons ? Le passif de l’opération n’a t-il pas été de 3 millions d’euros

Aujourd’hui M. Limier veut régler des comptes et cherche des boucs émissaires. Dans l’objet de son courroux on trouve bien sur les associations de protection de l’environnement réduites à une poignée de personnes (une à deux personnes ) écrit-il même ! Du grand classique ! Les ficelles sont connues ! La stratégie des bétonneurs de tous poils a est toujours de faire passer le protecteur de l’environnement pour un gêneur, un briseur de l’activité économique et de l’emploi.

Des associations d’environnement sont régulièrement et injustement attaquées par certains responsables syndicaux agricoles où responsables de l’agro-alimentaire. Ces attaques sont inadmissibles, ces associations ne font rien d’autre que d’essayer de faire respecter notre cadre de vie, des lois et des réglementations que certains bafouent sans vergogne.

Mais plus graves et peu responsables et non dénuées de populisme sont les attaques de M. Limier contre les décisions de justice.

Cette dernière est chargée de faire respecter les lois et la réglementation. En matière d’environnement elle a du «  boulot du planche » tant les dérives sont permanentes, les enjeux financiers et économiques prenant vite le pas sur la sauvegarde de la qualité de notre environnement, patrimoine commun.

C’est bien en application de la loi littoral que le tribunal administratif de Rennes a annulé en décembre 2004 le permis de construire accordée à LES. Une décision confirmée en appel en juin 2005 par un autre tribunal, celui de Nantes.

Dans l’autre exemple cité par M. Limier, celui de la station d’épuration de Combrit, c’est aussi en fonction de la loi littoral que deux décisions de deux tribunaux différents (le tribunal administratif de Rennes et le conseil d’Etat) ont annulé le permis de construire.

Dans ces deux dossiers, la justice a fait son travail et a appliqué les textes existants. Le Président de La République lui même, ne s’est-il pas déclaré « attaché à la loi littoral » dont il souhaite « l’application pleine et entière » ?

M.Limier devrait savoir, lui, qui revendique son intérêt pour l’environnement (n’a-’il pas appelé sa ex société Lannilis Services Environnement !), que le littoral, est un territoire fragile, soumis à une grosse pression immoblière, et que depuis 1990 on construit 3 fois plus sur les communes littorales que sur le reste du territoire (villes comprises).

Dans la même veine populiste mais plus inquiétant encore en termes de démocratie, son appel à descendre dans la rue pour se faire entendre. A Brest et dans pas mal de viles de Bretagne, on a appris, à nos dépens, ce que signifiait de genre d’appel : l’instrumentation de la violence : commandos d’éleveurs casseurs de la mairie de Brest (novembre 98), blocage de l’usine de traitement des déchets du Spernot (15 jours en septembre 2002),...

Posté le 11 janvier 2006 par Christian Bucher
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