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Le syndicat CGT des marins de Brest continue de croire que le RIF ne créera pas des emplois de marins français

Un communiqué de la CGT Marins de Brest

Le syndicat CGT des marins de Brest souhaite réagir à l’ouverture depuis le 10 février 2006 d’un guichet unique chargé de recueillir et de gérer l’ensemble des demandes d’immatriculation et de francisation des navires sous Registre International Français (RIF).

Monsieur Jean-Yves Besselat (député du Havre et rapporteur du budget de la mer à l’Assemblée nationale), lors de la réunion publique qu’il avait organisée à Paris, le 16 décembre 2005, déclarait que : "le Registre International Français (RIF) créerait 70 immatriculations de navires sous pavillon français en trois ans et que cela créerait dans le même temps 1400 emplois de navigants français" ; pour le syndicat CGT des marins de Brest, le RIF n’a pas été « inventé » pour créer des emplois mais pour se mettre aux normes sociales souhaitées par les armateurs en les tirant vers le bas....

Pour le syndicat CGT des marins de Brest, le RIF ramènera les navires sous pavillon national que si les aides sont jugées suffisantes par les armateurs français ( seuls maîtres de la situation).

Le syndicat CGT des marins de Brest continue de croire que le RIF ne créera pas des emplois de marins français....

Depuis le 10 février, le RIF se substitue à l’immatriculation aux îles Kerguélen (TAAF). Ce registre TAAF assurait l’emploi de plus de 900 marins français car l’armateur avait une obligation d’embarquer 1/3 des équipages de nationalité française, les autres membres de l’équipage étaient issus du tiers monde....( ils le seront toujours mais en plus grand nombre).

L’obligations du RIF est tout autre, seul le capitaine du navire et son suppléant (chargé de la sûreté) sont de nationalité française.

Le RIF applicable depuis 48 heures .... Le calcul est simple sur les 900 navigants français embarqués au TAAF, les armateurs peuvent se séparer des 4/5 de ces marins... Monsieur Besselat et ses amis de la majorité UMP peuvent-ils nous dire comment seront créés les emplois français ?

Nous reconnaissons que le volume de la flotte sous pavillon national pourrait augmenter, mais pas le nombre de marins français ( nous demandons aux armateurs de maintenir les emplois existants). Pour certains armateurs la tentation devrait être grande.... Un contrôle devrait être effectué par les parlementaires sur l’efficacité de cette immatriculation... espérons qu’ils aient cette volonté de contrôle.

Le syndicat CGT des marins de Brest reconnaît que les lois sociales pour les marins du tiers-monde pourraient évoluer ( seul aspect positif de RIF) et nous ne pouvons que nous féliciter de cette avancée sociale significative pour ces marins. Il faudra pour cela un contrôle des sociétés de manning, et de certains armateurs. Les affréteurs devraient avant d’affréter un navire s’assurer des règles sociales des marins qui sont à bord.

Attendons les trois ans pour juger..., pour voir si la solution était le RIF et si les 70 navires et les 1400 emplois de marins français annoncés par monsieur Besselat et ses amis seront au rendez-vous.... Le syndicat CGT des marins de Brest émet un sérieux doute.

Le syndicat CGT des marins de Brest s’insurge contre le départ du « CLEMENCEAU » pour être déconstruit dans un pays aux normes sociales et environnementales plus que critiquables, pour ne pas dire inexistantes. Encore une fois les gouvernants français tournent le dos aux conventions internationales qu’ils signent. Apporter son soutien aux pays en voie de développement ne signifie pas leur expédier tous nos déchets.

Le syndicat CGT des marins de Brest s’interroge sur le coût réel de cette expédition, le remorqueur ( sous pavillon de complaisance) chargé de ce remorquage est affrété plus de trois fois le coût d’affrètement d’une Abeille Bourbon ou Liberté.

Les grands techniciens parisiens se sont encore une fois trompés ... Le contribuable paiera.....

Le syndicat CGT des marins de Brest sait que le chimiquier « ECE » qui a sombré en Manche, le 1 février 2006, n’était pas en bon état général, sur quatre canots de survie seul deux se sont ouverts, l’embarcation de sauvetage est restée coincé sur son rail.... Certaines portes étanches ne fermaient pas ou mal.... Nous demandons à l’Etat Français de faire sanctionner tous les responsables : l’Etat du pavillon du navire, l’armateur, l’affréteur, la société de classification, l’assureur et bien entendu l’Etat du port où ce navire à escalé la dernière fois.

Le syndicat CGT des marins de Brest est opposé à la directive « BOLKENSTEIN » qui sera le pavillon de complaisance terrestre si cette directive devait être adoptée. Nous demandons à tous les marins en activité, à la retraité et aux personnels sédentaires des armements de nous rejoindre dans la rue le 14 février 2006 pour manifester contre cette directive libérale et scandaleuse. Cette directive c’est une attaque sans précédent contre tous nos acquis.

La directive BOLKENSTEIN doit partir définitivement aux oubliettes.....

Porte-parole du syndicat CGT des marins de Brest
Jean-Paul Hellequin


Contacts :

CGT des marins de Brest

jean Paul Hellequin
- 02 98 85 13 87
- 06 84 62 44 52
- jp.hellequin@wanadoo.fr

Posté le 13 février 2006 par Jean-Paul Hellequin
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