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De la mixité sociale dans les bus brestois : c’est pas gagné !

mercredi 15 février 2006

L’équipe dirigeante de Brest "métropole océane" a des projets de transports collectifs bien ambitieux. Mais leur succès dépend étroitement d’une mentalité générale où une grande partie de la population prendra le tram en tant que moyen de transport plaisant et honorable, et pas seulement les gens qui ne peuvent pas faire autrement, ceux qui n’ont pas de voiture et souhaiteraient ne pas emprunter les transports en commun.

Pour le moment, c’est loin d’être gagné. A vivre les bus actuels tels qu’ils sont gérés, on se demande si l’effort ne consiste pas plutôt à marquer la relégation sociale de leurs usagers, à éloigner ceux qui ont le choix, et à donner à ceux qui n’ont pas le choix le désir de passer à autre chose dès que possible.

Déjà, les bus arrivent fréquemment en avance, en particulier dans les quartiers périphériques. On ne peut pas dire qu’ils sont souvent en retard, ça non, mais de fait, ils obligent l’usager à une période de cinq minutes d’attente pour être sûr de ne pas les rater. Ces cinq minutes, ça n’a l’air de rien quand on l’a pas vécu, mais c’est la différence entre ceux qui planifient une journée active par rapport à des horaires officiellement publiés, et ceux qui se résignent à "attendre le bus". C’est un marqueur social.

Ensuite, il y a ceux qui fument dans l’arrêt de bus. Et malheur à celui qui leur demande de s’éloigner : du simple dos tourné à l’agression verbale, la palette des réponses est fort riche, et c’est la plupart du temps à ceux qui n’empoisonnent pas de se tenir en dehors. Déni de droit, marqueur social.

Il y aussi ceux qui crachent. Renseignez-vous sur la diffusion de la tuberculose par les crachats dans les gares du 19ème siècle. Vous comprendrez que les arrêts de bus apparaissent à beaucoup comme sordides, et pas seulement à des hystériques. Crache-t-on dans les aérogares ? Marqueur social.

Mais le plus révoltant, c’est le comportement des scolaires à la sortie des collèges et lycées, qui s’agglutinent en avant du bus et empêchent des personnes moins valides d’avancer, voire même quelques fois de monter dans le bus. Aujourd’hui, c’était le ponpon. Je sortais de l’hôpital Morvan où je venais de subir deux extractions dentaires, j’étais très fatigué, vraiment très fatigué. Alors j’ai du batailler contre mon quota de scolaires avec leur cartables, pour arriver au fond où il y avait des places assises libres. Quand j’ai dit à l’un deux : "vous êtes en plein au milieu du couloir", il a secoué la tête avec un regard qui signifiait "pauvre fou".

Mais ça, c’est la routine hein, faut pas rouspéter tout le temps, faut pas être facho, pas être antijeunes. Quelle ne fut pas ma surprise cependant de découvrir au fond du bus deux autres lascars qui mettaient leurs pieds sur les sièges devant eux, là où les sièges se font face, et qui occupaient donc de ce fait quatre places pour deux ! A une heure de pointe ! Alors là, la douleur et la fatigue de l’extraction dentaire en plus, je me suis dit qu’on ne pouvait plus se résigner, et qu’il fallait en débattre publiquement.

Ce genre d’incivilité est généralisée dans les bus brestois, mais particulièrement critique lorsque la sortie des établissements d’enseignement secondaire devance un arrêt près des établissements de santé. J’ai vu de mes yeux vus des gens avec un plâtre interdits de monter dans le bus par des jeunes indifférents.

Alors, quelle mixité sociale peut-on espérer dans le futur tram. En quoi peut-on espérer qu’un adulte trouvera normal de demander pardon à des mineurs pour aller là où il a le droit d’aller ?

Au moins la muncipalité pourrait-elle placer des autocollants "Interdit de fumer" dans les abris bus. Cela donnerait un encouragement de l’autorité publique aux usagers qui veulent le respect de leurs droits sanitaires. Pour l’instant, je reste un peu dubitatif...

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Forum
31 mai 2006 De la mixité sociale dans les bus brestois : c’est pas gagné !

Les bus sont toujours ou en avance, ou en retard. Pour les jeunes, ne généralisez pas, tous n’iront pas vous traîter de "pauvre fou".

Vous n’avez même pas parlé de la mauvaise organisation des bus aux heures de pointes ( surbondés sur certaines lignes alors que d’autres sont désertes ) ou du changement du trajet des bus ( ligne 27 dans mon cas ) inutile et vraiment très peu pratiques.

Ce n’est pas comme ça que les transports en commun vont se développer, moi, si je prends le bus, c’est qu’à 15 ans je ne peux pas conduire.

15 février 2006 Police partout ?

Petite anecdote en passant.

Devant faire des courses du côté de Kérourien, hier soir j’ai donc pris le bus pour m’y rendre. Arrivé à destination, le bus a été arrêté durant trois longues minutes par des contrôleurs à la recherche de personnes sans billet. L’on peut penser ce que l’on veut de cette politique répressive, mais là à voir une bonne dizaine de contrôleurs durant une heure squatter deux arrêts de bus, avec au final le soutien d’un véhicule de police ne fait que participer à la stigmatisation sociale d’un quartier et participe par la mise en scène que ce type d’intervention suscite à la construction d’un sentiment d’insécurité.

J’épargnerai au lecteur la comparaison qui m’a traversé l’espris quand j’ai vu débarqué les sbires de la société Kéolis/Bibus...

Quant à la rentabilité de ce type d’intervention, cela me laisse dubitatif au regard du nombre important de contrôleurs mobilisés ...

Décidément bizarre la politique transport de nos élus...

Ils étaient "de gauche" qu’ils disaient...

Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net