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Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire

Un communiqué de presse du 2 mars du GRAIN, une organisation non gouvernementale internationale (ONG) dont le but est de promouvoir la gestion et l’utilisation durables de la biodiversité agricole fondées sur le contrôle exercé par les populations sur les ressources génétiques et les connaissances locales.


La grippe aviaire n’a vraiment rien de nouveau. Elle coexiste plutôt paisiblement avec les oiseaux sauvages, les élevages de volaille à petite échelle et les marchés de volaille vivante depuis des siècles. Mais la vague de souches extrêmement pathogènes de grippe aviaire qui a décimé la volaille et tué des gens à travers la planète ces dix dernières années est sans précédent — comme l’est l’industrie multinationale avicole aujourd’hui.

Les petits élevages avicoles et les oiseaux sauvages sont injustement rendus responsables de la grippe aviaire qui affecte actuellement plusieurs parties du monde. Un nouveau rapport de GRAIN montre comment l’industrie avicole multinationale est à l’origine du problème et devrait être au centre des actions menées pour maîtriser le virus.

L’expansion de la production avicole industrielle et des réseaux commerciaux ont créé les conditions idéales à l’apparition et à la transmission de virus mortels comme la souche H5N1 de la grippe aviaire. Une fois qu’ils ont pénétré dans les élevages industriels surpeuplés, les virus peuvent rapidement devenir mortels et se développer. L’air vicié par la charge virale est transporté sur des kilomètres à partir des fermes infectées, pendant que les réseaux d’échanges commerciaux intégrés répandent la maladie par les nombreux transports d’oiseaux vivants, de poussins d’un jour, de viande, de plumes, d’œufs à couver, d’œufs, de fumier de volaille et d’alimentation animale.

« Tout le monde se focalise sur les oiseaux migrateurs et les poulets de basse-cour comme étant le problème, » indique Devlin Kuyek de GRAIN. « Mais ils ne sont pas les vecteurs effectifs de la forme fortement pathogène de la grippe aviaire. Le virus les tue, mais il est peu probable que ce soit eux qui le propagent. »

Par exemple, en Malaisie, le taux de mortalité par le H5N1 chez les poulets des villages est seulement de 5%, indiquant que le virus a du mal à se propager dans les petits élevages de poulets. Les manifestations de H5N1 au Laos, qui est entouré par des pays infectés, se sont seulement produites dans quelques fermes industrielles du pays, qui sont fournies par des établissements d’incubation Thai. Les seuls cas de grippe aviaire dans la volaille de basse-cour, qui couvre plus de 90% de la production du Laos, se sont produits à côté des fermes industrielles.

Les gouvernements des pays de l’Union Européenne ont répondu à la découverte des cygnes, des oies et des canards morts infectés avec des mesures sévères obligeant à l’enfermement des volailles. Maintenant, ils sont bien embêtés car la première et seule manifestation significative de contamination de volaille domestique s’est déclarée dans un gros élevage industriel de dindes en France, où les 11 000 volatiles étaient confinés, totalement séparés des oiseaux sauvages.


« Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage, »
explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d’une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.

La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l’alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d’industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.

« Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes, » conclut Kuyek. « Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l’industrie avicole mondiale ? »


Le rapport entier, « Qui est le dindon de la farce ? Le rôle central de l’industrie avicole dans la crise de la grippe aviaire », est disponible sur le site :

http://www.grain.org/briefings/?id=195


Contact :

Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal,

- Tél : +1 514 2737314,
- Email : devlin (at) grain.org Web :
- http://www.grain.org

Posté le 4 mars 2006
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  • Mars 2006
    10:12

    Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire

    par marlène RAFFIER

    Je viens de découvrir votre site suite à une référence envoyée par un lecteur dans l’Echo, journal régional ; je suis contente de me sentir moins seule et de voir que enfin çà bouge ! je partage tout à fait ce qui est dit dans le rapport.
    Je crois que si rien n’est fait, si nous nous mobilisons pas nos basses-cours de campagne vont disparaître.
    je vous joins un texte que j’avais envoyé aux quotiens locaux, à Mermet, à la confédé depuis déjà quelques jours.
    Aujourd’hui, il est paru dans l’Echo. C’est la seule suite que j’ai eu.

    "Pensez à nous,

    Petits élevages familiaux de poules, canards, oies, pigeons...

    Nous avons quelques volailles pour le plaisir, pour entretenir un petit terrain, pour quelques fois aussi compléter une petite activité agricole, pour notre propre consommation, ou plus simplement nous les considérons comme animaux de compagnie...elles font partie de la vie de nos villages.
    Nous les avons confinées ; on nous a expliqué que nous devions être tous solidaires de la filière avicole.
    Nous le comprenons.
    Mais nous sommes des petits, c’est à dire que nous n’avons pas les installations des éleveurs professionnels, pas les grands hangars, pas les tunnels...
    Nos quelques volailles sont logées dans des petits poulaillers pour la nuit, des « cabanes » comme l’a fait remarquer un éleveur de Bresse l’autre matin sur France Inter. La journée elles étaient dans des enclos, voir en liberté pour ceux qui ont suffisamment de terrain.
    Aujourd’hui elles sont fermées dans leurs cabanes, leurs poulaillers, dans des bâtiments anciens et non adaptés. Chacun a fait comme il a pu pour respecter les directives.
    Quand on est un « petit » on n’a pas les structures adaptées au confinement ; On n’a pas forcément les moyens de faire l’acquisition du matériel(un rouleau de 50m de grillage coûte 140 euros !) On n’a pas quelques fois la force physique : pensez à toutes ses personnes âgées qui gardaient quelques poules pour conserver une petite activité, « avoir quelques bêtes » comme on le dit chez nous : C’est aussi une occupation qui participe à leur sentiment d’utilité.
    Beaucoup n’ont trouvé que la solution d’abattre ces quelques volailles.
    D’autres les gardent dans les locaux qu’ils ont. Ils n’auront pas d’aides pour améliorer les structures.
    Tout éleveur même amateur sait que ces conditions vont très vite devenir problématiques, que les volailles vont dépérir même avec les meilleurs soins que nous allons leur apporter.
    Pour ma part, j’ai entre autre trois oies de Guinée qui jusque là étaient calmes et faciles à guider ; elles avaient trois semaines quand elles sont arrivées chez nous.
    Aujourd’hui, le jars se montre de plus en plus agressif... ce n’est qu’un exemple.
    Toutes les infos, toutes les circulaires parlent de la filière avicole en danger. On ne donne la parole qu’aux professionnels, aux syndicats...mais la filière englobe les élevages amateurs au moins dans les textes relatifs aux mesures de précautions.
    Moins de cent volailles, pas de dérogation aux mesures !
    Les dérogations accordées à tous les professionnels qui élèvent en plein air sont plus que justifiées pour conserver la qualité de nos élevages.
    Et nous « petits » personne n’a essayé de proposer quelques idées pour que nous puissions concilier principe de précaution et bien-être de nos quelques volailles.
    Ne pourrait-on par exemple pas obtenir une ou deux heures de sortie en fin de journée, en ne donnant ni à boire ni à manger dehors évidemment ?
    Mais au moins nos animaux bénéficieraient d’un minimum de soleil et d’exercice.
    Ce n’est là qu’une proposition mais je pense que tous devraient se pencher sur le problème : services vétérinaires, décideurs, représentants des citoyens ordinaires, défenseurs des animaux..."

    Lundi 13 mars 2006
    Marlène RAFFIER, 2 allée de St-Hilaire 87800 Saint-Hilaire-Les-Places

    à bientôt, et si vous avez des contacts en Limousin n’hésiter pas à me le faire savoir.
    merci