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Démantèlement du Clemenceau à Brest ! Pourquoi pas ! Mais...... !

Contribution citoyenne au débat

vendredi 17 mars 2006

Photo Mor Glaz

Le Clemenceau sera, dans quelques semaines, de retour à Brest où il a été construit.

La Ministre de la Défense vient de déclarer qu’il n’y restera pas pourrir.

Y sera-t-il déconstruit ? Un certain consensus semble exister pour aller dans ce sens, posant toutefois beaucoup de conditions et d’exigences. Différents points de vue ont déjà été exprimés révélant des convergences mais aussi des divergences.

Christian Ménard, député du Finistère, propose le site de Landévennec. Est-ce vraiment sérieux ? Ou seulement pour « effet d’annonce » ?...

Ces points de vue semblent traduire l’attention et l’intérêt portés au sujet par la population du pays de Brest. Sans doute du fait que Brest ne manque pas d’atouts, de compétences, de moyens, (dont certains nécessiteraient une conversion), mais aussi à cause de la situation de l’emploi.

Cette nouvelle filière industrielle de démantèlement de vieux navires qui pourrait se faire à Brest serait-elle économiquement viable et écologiquement acceptable ? Comment serait-ce conciliable ? Cette activité ne devrait plus être vue comme un marché lucratif destiné à faire des profits en extériorisant les coûts des pollutions générées et de leur toxicité mais comme une sorte de service public nécessaire, respectueux de la santé des hommes et de l’environnement.

Ces conditions pourraient-elles être satisfaites à Brest ? Peut-être ?

Mais n’oublions pas :
- que Brest et sa rade subissent déjà beaucoup de contraintes, notamment du fait de la présence du nucléaire,
- que l’écosystème de la rade est fortement perturbé et menacé par les nombreuses pollutions qu’il subit.

Il faut donc éviter d’en rajouter d’autres : amiante, produits toxiques, il faut aussi éviter de créer d’autres entraves au développement durable et de compromettre d’autres activités. N’oublions pas non plus que les populations civiles sont déjà soumises à beaucoup de risques majeurs : gaz, combustibles, nucléaire, ...dont certaines de type Seveso !

Y a t il au niveau des ports, militaires (arsenal de Brest et de l’Ile longue,..) ou de réparation navale civile, un site convertible, autour d’une forme de radoub et d’installations de confinement, permettant d’organiser une filière de démantèlement durable ? La question du choix du site semble donc primordiale !

L’avenir du pays de Brest et de la pointe de Bretagne doit être construit en misant sur le patrimoine que constituent la Rade et le goulet de Brest (qui ont vocation à être classés « patrimoine commun de l’humanité »).

La prochaine venue du Clemenceau doit déclencher, relancer, comme pour Brest Debout, Brest en Marche en 1996, une dynamique de réflexion et de débat sur cet Avenir.

Roger Abiven

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