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Déjà 15 jours de clandestinité pour Patimat, 6 ans, fillette du Daghestan, réfugiée à Brest

Rassemblement de soutien jeudi 20 à 17h à l’école Jean Macé

Depuis le 4 avril, Patimat Amiralieva, 6 ans, vit cachée, séparée de sa mère.

Un "choix" difficile pour éviter une expulsion vers leur pays d’origine.

Dans un article du 8 avril, Brest-ouvert présentait le cas douloureux de Patimat Amiralieva et de sa mère Sakinat, originaires de la république autonome du Daghestan dans le Caucase [1], où elles vivaient sous la menace terrible d’un crime "d’honneur", pour la simple raison que Patimat est née hors mariage.

Alertés dans l’urgence, le 4 avril, les Verts du pays de Brest organisaient une conférence de presse et écrivaient au préfet du Finistère en lui réclamant un "geste humanitaire". La fillette était alors mise en sécurité en accord avec la mère, qui, du coup, n’a pu être expulsée vers l’Allemagne, le 5 avril, comme le prévoyait un arrêté du préfet.

Plusieurs recours juridiques

Dans le même temps, Maitre Rajjou, avocat brestois, accepta de prendre en charge le dossier de Sakinat et Patimat. Il multiplia aussitôt les recours d’abord auprès au tribunal administratif de Rennes, sans succès la justice française estimant que la reconduite à la frontière n’était pas prévue à destination de la république du Daghestan mais de l’Allemagne (premier pays d’accueil dans l’Union européenne), sauf que ce pays a déjà fait savoir que la demande d’asile formulée en 2001 était refusée.

L’avocat a, alors, engagé une démarche afin que Patimat, puisse recevoir, en raison de la situation exceptionnelle qui est la sienne, une assistance éducative et la protection de l’Etat français. Une juge des tutelles du tribunal de Brest a rencontré l’avocat et la mère de l’enfant le vendredi 14 avril.

La décision sera rendue jeudi 20 avril.

Par ailleurs, une demande est en cours pour obtenir le statut d’apatride à Patimat, sans état civil au Daguestan car non déclarée, auprès de l’OFPRA, Office Français des Réfugiés et Apatrides.

Le comité de soutien s’organise et s’élargit

Le comité de soutien, qui regroupe nombre de parents d’élèves de l’école Jean Macé à Brest où était scolarisée Patimat, mais aussi des associations comme Amnesty international, a récolté en quelques jours 5 000 signatures de soutien et répondu aux sollicitations de la presse qui a bien relayé l’affaire, notamment le journal Ouest France.

Il a écrit plusieurs courriers aux autorités, rencontré nombre d’élus locaux et nationaux (les députées Adam et Lamour).
Il vient d’ouvrir un blog : http://sauvezpatimat.canalblog.com/

Il appelle à un rassemblement à l’école Jean Macé, jeudi 20 avril à 17h, en soutien à Patimat. Une délégation se rendra à la sous-préfecture, toute proche.

Un spectacle de soutien, pour récolter des fonds destinées à assurer la défense juridique, sera organisé à la rentrée des vacances scolaires de Pâques.


Contacts :

Comité de soutien à Patimat
- patimat29@yahoo.fr

[1*Daguestan : une région soumise au chaos *

Le Daguestan est une des républiques de la Fédération de Russie, située entre la Tchétchénie et la mer Caspienne. La province est soumise au chaos depuis la guerre de Tchétchénie (1994 et 1996). En mai 1999, des milliers de militants islamistes ont investi le siège du gouvernement du Daguestan en réclamant sa démission. Trois mois plus tard, des combats éclataient à la frontière entre Daguestan et la Tchétchénie, avec intrusion de centaines d’islamistes provenant de Tchétchénie et la prise de quelques villages.

L’agitation, entretenue par les chefs mafieux locaux (souvent des ex-chefs de guerre reconvertis), constitue un vivier pour les islamistes de tous bords (wahhabites d’Arabie Saoudite, frères musulmans ou talibans) qui attisent les difficultés économiques. Les fous d’Allah s’accommodent de trafics de drogue et d’armes pour mener leur combat. L’armée russe ne fait pas dans le détail et n’hésite pas à bombarder des villages.

En août 2002, le chef de mission pour Médecins Sans Frontières (MSF), Arjan Erkel, était enlevé par trois hommes non identifiés dans les rues de Makhashkala, la capitale du Daguestan.

Et l’été dernier, le ministre des Nationalités et de l’Information de la république russe du Caucase, connu pour ses positions contre les extrémistes islamistes, était tué dans un attentat à la voiture piégée.

Les populations civiles, comme toujours, sont prises en otage entre les rebelles et les forces de répression.

Un article de Serge Dumont/Les infos du Jura

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pétition pour Patimat
Posté le 19 avril 2006 par Christian Bucher
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Nouveau commentaire
  • Avril 2006
    16:53

    Déjà 15 jours de clandestinité pour Patimat, 6 ans, fillette du Daghestan, réfugiée à Brest

    Je,soussignée Mme Sonia GUIVARCH, résidant 3 rue Coat Tanguy,29480 Le Relecq-Kerhuon, déclare adhérer au comité de soutien pour PATIMAT