Brest ouVert

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Intervention en conseil municipal

Conseil Municipal - Propos liminaires et vote du BP 2018

Intervention de Ronan Pichon

Conseil de Métropole réuni le vendredi 30 mars 2018
Propos liminaire et vote budget primitif pour 2018

" Monsieur le Maire, cher.e.s collègues,

Monsieur le Maire, vous dites souvent, "Les services publics sont le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas ou peu", nous partageons pleinement ce propos.

Depuis plus de 20 ans dans les équipes brestoises de la Gauche Plurielle, nous, écologistes, avons contribué à l’élargissement du contenu des politiques publiques en y apportant les fondamentaux environnementaux, bien sûr, mais également sociétaux qui fondent l’identité écologiste depuis les luttes des "années 1970".

Les politiques publiques brestoises qui se mènent depuis ces derniers mandats avec très peu d’endettement, ont là un bon point d’appui notamment pour lutter contre la tentative de reprise en main par l’État jacobin des collectivités locales.
En effet, l’État ne nous laisse pas le choix, il exige que les dépenses de fonctionnement des collectivités ne dépassent pas 1,2% par an. Si celles-ci dépassent ce plafond elles se verront pénalisées sous la forme d’une "reprise financière". En plus l’Etat demande aux collectivités de signer ce contrat sans négociation ni contrepartie de sa part. Il ne versera pas la somme due aux collectivités à hauteur de 75 % du montant de l’écart si la collectivité a signé un contrat et 100 % si elle n’a pas signé.

Ce dispositif remet en cause la liberté des collectivités locales qui pourtant, d’après l’article 72 de la Constitution de la Vème République « s’administrent librement par des conseils élus ». Nous refusons ce système de carotte et de bâton qui anéanti la confiance déjà fragilisée entre l’État et les collectivités en détruisant le principe de la Décentralisation.
Notre niveau d’endettement est très bas et ceci constitue un atout non négligeable dans cette bataille pour notre autonomie. Nous pourrons faire face aux sanctions imposées par l’État, ainsi nous devons résister à cette mise sous tutelle qui constitue un second coup porté à la liberté d’administration des collectivités après la suppression de la taxe d’habitation, dont la compensation reste encore nébuleuse.

L’objectif sous-jacent est limpide : baisser le nombre de fonctionnaires de la Fonction Publique Territoriale en plaidant la réduction des coûts de fonctionnement. A ce régime, le service public s’étiolera et ne s’en relèvera pas. Nous l’avons vu avec la Poste et Pole Emploi, nous le voyons avec la SNCF et très bientôt avec les hôpitaux publics qui sont actuellement sur le point de s’effondrer.
Cela ne peut plus durer.
Le service public disparaît progressivement, il faut réagir.

Il faut réagir pour pouvoir continuer à agir dans des domaines comme l’éducation, la jeunesse ou la culture.

La Ville de Brest mène une politique volontariste en faveur de la culture et notamment de la lecture publique.
En effet, au-delà de la moyenne nationale, que ce soit en termes de fréquentation des médiathèques de Brest Métropole ou de taux d’emprunt, les brestoises et les brestois restent des lecteur.trice.s érudits et ce depuis longtemps.
Les rapports montrent également des résultats qualitatifs excellents.
Les bibliothèques municipales brestoises et leurs équipes s’adressent à toutes et à tous et il faut saluer la diversité des publics, issus de tous les milieux socio-culturels, reflet immédiat de la diversité des habitants de notre ville/métropole. Cette diversité est une force qu’il faut préserver.
Le succès et la reconnaissance de la médiathèque des Capucins viennent renforcer cette force des Brestois.es.

Ces choix politiques doivent également se traduire par la poursuite de l’engagement de la ville dès la toute petite enfance avec l’ouverture de places en crèche et le soutien aux projets de nouvelles crèches.
Egalement, continuer à ouvrir aux jeunes adultes des dispositifs efficaces de soutien à leurs projets mais aussi d’accompagnement dans leurs vies d’enfants, d’adolescents ou de jeunes actifs.
Cet accompagnement se manifeste dans les écoles publiques de Brest dès le plus jeune âge, par exemple par la présence d’ATSEM dans toutes les classes de maternelles y compris les grandes sections de maternelle.

Cet investissement pour la jeunesse se démarque aussi dans leurs assiettes, puisque c’est, aujourd’hui, 50% des produits des cantines scolaires en bio, et demain 80%, avec un objectif fixé pour dans 4 ans. Nous en sommes très fières. Il faut que les investissements dans cette direction continuent.

Nous soutenons, enfin, le maintien de la semaine à 4 jours et demi ainsi que la qualité des temps d’activité périscolaires accessibles à tous assurés par des équipes d’animation particulièrement compétentes grâce à une formation de qualité. Cet engagement renouvelé sur les temps éducatifs est le signe d’une volonté de donner le meilleur à tous les enfants.

L’engagement de la ville de Brest pour la jeunesse, l’éducation et la culture est essentiel car accompagner les jeunes et préserver l’attractivité des écoles publiques brestoises c’est encourager les familles à venir et à rester à Brest, c’est également pourquoi il nous semble important de rappeler autant que possible que la ville de Brest s’engage fortement pour ses enfants.

Dans ce débat sur le budget, nous avons beaucoup parlé de chiffres et de dettes, et l’une des maximes souvent resservies pour justifier les restrictions est : « quelle dette laisserons-nous à nos enfants ? ». Cette dette ne se résume pas à des questions d’argent, mais porte sur des questions plus importantes et j’aimerais, pour conclure, rappeler quelques chiffres : 4, 30 et 100 000.
• 4, c’est le nombre de degrés de réchauffement qui nous est promis à l’horizon 2100 si l’humanité ne diminue pas de manière drastique ses émissions de gaz à effets de serre.
• 30, c’est le nombre de centimètres d’élévations du niveau des mers mesuré par le marégraphe de Brest en trois siècles, dont les deux tiers lors du dernier, et ça s’accélère.
• Enfin, 100 000 c’est le nombre d’années durant lesquels les déchets nucléaires qu’on s’entête à vouloir enfouir à Bure, dans la Meuse, poseront un danger mortel."

Vous pouvez retrouver une retransmission du conseil municipal à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/channel/UCd6AIzSnT8Oxb2SzQmn-PQw
Posté le 30 mars 2018 par Ronan PICHON
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