Victimes du nucléaire : amères et révoltées !

Depuis quelques années, comme militants écologistes, nous sommes interpellés par des personnes confrontées aux dangers du nucléaire, civil ou militaire et à leurs conséquences :
Travailleurs précaires (« nomades ») des sites de Brennilis (centrale de démantèlement) et de l’Ile Longue (sous-marins et armes nucléaires) ;
Proches (épouses, compagnes,..) de sous-mariniers malades ou décédés,
Vétérans des essais nucléaires, (sites du Sahara et du Pacifique), [voir « Les Irradiés de la République », documentaire récemment diffusé sur FR3]
Malades incriminant les retombées de Tchernobyl.
Beaucoup de ces personnes veulent rester dans l’anonymat.
Leur point commun, c’est d’être victime des effets des radiations sur leur santé, sur leur vie ou celle de leurs proches et d’être face à un manque d’écoute, de compréhension, de prise en considération de leurs problèmes, de la part des responsables administratifs et surtout politiques.
Nous sommes particulièrement sensibles à ces cris de souffrance, d’amertume, de révolte. Tout récemment c’est celui d’un responsable associatif (une des associations de vétérans victimes des essais nucléaires) que nous avons reçu : « On me dit souvent que je n’ai pas à me plaindre, que j’étais volontaire, que j’étais au courant des risques. Non ! »... « On traîne notre misère » résume-t-il..... Il accuse surtout les politiques, ceux de l’époque « qui ne nous ont jamais prévenu des dangers » et ceux d’aujourd’hui « qui refusent de nous écouter ». « Nous sommes aujourd’hui plusieurs milliers de victimes vivantes et je refuse d’attendre que tout le monde soit mort avant que le préjudice soit reconnu », assure-t-il dans un élan de colère.
Nous voulons apporter à ces victimes notre modeste contribution en matière de conseils, d’accompagnement et de soutien, d’interpellation des responsables, ...
Au-delà de ce que nous pouvons faire « en aval », face aux dégâts, au cas par cas, avec les quelques capacités et moyens qui sont les nôtres, nous essayons d’agir en amont, par exemple dans les Commissions et instances consultatives où nous avons une représentation, en demandant des expertises indépendantes, des études épidémiologiques (registres de cancers,..), en rupture avec la culture du secret, du silence, de la fausse transparence et du mensonge, et en revendiquant davantage de prévention et de protection .
Mais nous voulons surtout attirer l’attention et faire réfléchir sur la « folie » du nucléaire, sur les risques et dangers de toutes sortes qu’il présente pour les générations actuelles et futures, sur le type de société qu’il favorise, sur les manipulations du tout puissant lobby nucléaire..., et surtout sur la nécessité d’agir pour sortir au plus vite du nucléaire militaire et civil.
Roger Abiven


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