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Militantisme sous surveillance ?

Benjamin Deceuninck, maraîcher « bio » et militant anti-OGM refuse de se soumettre à un prélèvement ADN. Il est condamné.

En septembre 2001, le collectif appelé « les onze d’Avelin » était poursuivi après avoir arraché dans un champ des betteraves transgéniques. A l’origine, la société Advanta, propriétaire de l’essai, réclamait 250 000€ de dommages et intérêts. Le collectif était poursuivi pour dégradation de bien privé aggravée en réunion (5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amendes).

Ils ont été jugés à Lille, en septembre 2005, à des peines d’un à deux mois de prison avec sursis et le collectif à 5 000€ de dommages et intérêts. Suite aux lois de sécurité intérieure (mars 2003) dite Sarko I et de Perben II (mars 2004), le prélèvement de l’empreinte génétique est obligatoire sous peine de 15 000€ d’amende et d’un an de prison.

Benjamin Deceuninck, maraîcher « bio » et militant anti-OGM du collectif des « onze d’Avalin » a refusé de se soumettre à la convocation de la gendarmerie de Saint-Martin-de-Valgalgues (Gard). Par conséquent, le 29 septembre 2006, le tribunal correctionnel d’Alès l’a condamné à 500€ d’amende. M Deceuninck va aujourd’hui faire appel de sa condamnation.

La problématique, et surtout ce qui dérange, est l’extension du fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) qui était prévu à l’origine, en 1998, pour les délinquants et les criminels sexuels. Mais aujourd’hui, on peut être fiché pour un simple vol, voir d’une simple garde à vue en tant que suspect.

Nous sommes face à de l’idéologie de droite qui considère que chaque individu qui a affaire avec la justice est potentiellement dangereux, les plus dangereux étant ceux qui remettent en cause l’ordre établi et la bonne marche de notre société.

Ce qui nous amène à la double peine effective et assumée par christian Pasta, procureur de la république d’Alès, en disant dans le Monde du 26 septembre : « Tant qu’il refusera le prélèvement, j’engagerai à nouveau des poursuites et il sera reconvoqué. On peut le mettre au trou pour récidive ».

Comme cerbère, le procureur de la République protège la société et l’ordre établi des déviances de gauchiste de tous poils. Mais, espérons que Benjamin Deceuninck finira comme Héraclès. [1]

[1L’un des célèbres héros de la mythologie grecque, Héraclès était le fils de Zeus et d’Alcmène, une descendante de Persée. Héraclès épousa Déjanire, fille d’Œnoé. Face au grand fleuve Événos en proie à une crue exceptionnelle, Héraclès vit que, s’il pouvait facilement le franchir, il ne pouvait le faire en portant Déjanire. Se présenta alors à eux un centaure nommé Nessos qui proposa d’aider Déjanire à franchir la fleuve, tandis qu’Héraclès nagerait de son côté. Lorsque Héraclès arriva, il vit que Nessos tentait d’abuser de Déjanire. Il prit alors une flêche enduite du poison de l’Hydre de Lerne et la décocha entre les omoplates de Nessos. À l’agonie, ce dernier tendit sa tunique à Déjanire et lui dit de la tremper dans son sang puis de l’offrir à Héraclès afin de s’assurer ainsi pour l’éternité de sa fidélité.

Bien plus tard Déjanire, craignant de perdre son époux, qui s’était épris de la fille du roi Eurytos (Iole), remit la tunique à Lichas qui insista pour qu’il la revêtît. Héraclès sentit cependant que le vêtement le brûlait ; tentant de s’en défaire, il constata que sa peau partait avec, en lambeaux. Il comprit alors le piège dans lequel Déjanire s’était laissé prendre : le sang du centaure était souillé par le poison de l’Hydre de Lerne, qui avait tué Nessos et qui maintenant tuait le fils de Zeus. Faisant ériger un bûcher, il s’y jeta tandis que Déjanire se pendait. Zeus ne put intervenir mais lui offrit une place sur l’Olympe, parmi les dieux. Héraclès devint alors immortel.

Posté le 30 septembre 2006 par Yann Masson
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  • Août 2010
    10:41

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