Brest ouVert

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Nos priorités pour l’Europe

La construction européenne a permis à trois générations successives d’un nombre croissant d’Européen·ne·s de vivre en paix. Mais aujourd’hui, l’Union traverse une triple crise pouvant la mener
à sa perte : une crise écologique, mettant en jeu la sûreté de la planète et jusqu’à la survie de l’humanité. Nous ne sauverons pas l’Europe sans sauver le climat, nous ne sauverons pas le climat
sans sauver l’Europe. Une crise économique et sociale, n’étant plus en mesure d’assurer l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre ni l’égale dignité de chacun·e ; une crise du sens, qui s’illustre dans la crise de l’hospitalité, l’Union se fracassant sur l’accueil des réfugié·e·s et se réfugiant dans le repli identitaire et conservateur et l’idéologie d’une Europe blanche, chrétienne, masculiniste et traditionnelle. Ces crises sont produites et inhérentes au système économico-politique croissantiste qui régit l’Union Européenne ; parmi les causes principales des crises, la marchandisation du travail, des êtres, du vivant et des communs pèsent sur l’avenir d’une manière dramatique ; c’est bien donc à un
changement de système qu’il faut s’attaquer à terme. En somme, l’Union européenne échoue à protéger les Européen·ne·s face aux grandes crises du temps présent. L’Union est en risque certain de démantèlement si elle ne se donne pas une nouvelle ambition : celle de promouvoir un véritable projet de société et un nouvel imaginaire, un modèle dans lequel les ressources finies seraient partagées de manière équitable, dans l’égale dignité et la solidarité entre tout ce qui vit sur cette planète et avec les générations futures. Notre défi est de changer l’Europe et l’Union et réussir à les mettre, vraiment, au service des Européen·ne·s. Car ce n’est qu’en changeant l’Union que nous parviendrons à mettre en place les politiques écologistes efficaces et à la bonne échelle pour préserver la planète et le vivant.

L’Histoire est ce que nous en faisons.

L’humanité et la planète sont à la croisée des chemins.

De nos décisions dépendent l’avenir.

Nous prendrons nos responsabilités pour faire face à la montée de périls sans précédents.

Notre responsabilité première est de sauver le climat : là où nous devons agir avant 2020 pour éviter le pire, nous observons une véritable atonie et une nouvelle augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre. La crise environnementale dépasse toutefois la question du climat : le vivant meurt déjà littéralement de nos pollutions, 80% des insectes ont disparu en Europe en 30 ans, une espèce animale sur trois est en France menacée de disparition, 7 millions d’êtres humains meurent chaque année prématurément de la pollution dont 500 000 en Europe. L’Europe est encore aujourd’hui l’un des contributeurs majeurs à la dégradation environnementale. Son empreinte écologique dépasse largement le cadre des limites planétaires : si tous les citoyen·ne·s de la planète consommaient comme les Européen·ne·s, nous aurions besoin de 2,2 planètes Terre.


Notre seconde responsabilité est d’ouvrir et de garantir de nouveaux droits sociaux et libertés pour tou·te·s et d’éradiquer la pauvreté. Car ce sont bien les questions sociale, démocratique, et migratoire qui surdéterminent la crise politique de l’Europe, la crise du sentiment d’appartenance à une communauté de destin – d’où les clivages qui s’accentuent entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est, l’Europe du Sud et l’Europe du Nord, mais aussi au sein même de nos sociétés. L’Europe d’aujourd’hui génère et aggrave les inégalités, l’isolement et la conflictualité sociale. Elle s’avère incapable d’affronter les enjeux d’aujourd’hui : des mutations du travail aux enjeux du numérique ou des nanotechnologies et du transhumanisme en passant par l’accueil des migrants. L’Europe d’aujourd’hui protège le capitalisme financier qui spolie les richesses et crée l’impunité pour les pollueurs.ses, trafiquant.e.s de moteurs, fabricant.e.s de produits toxiques dont les pesticides, destructeurs de territoires comme les gazoducs. L’Europe d’aujourd’hui laisse à penser que la tension sur les salaires à l’Est est inévitable pour créer de l’emploi à l’Ouest, là où ce sont les mêmes forces qui sont à l’œuvre pour miner la protection sociale sur l’ensemble du continent, et continuer à exploiter les populations hors de nos frontières et à délocaliser emploi et pollutions. Depuis une trentaine d’années l’augmentation des inégalités est venue obscurcir celle de la prospérité, le taux de chômage des jeunes (16,1 % sur l’ensemble de l’UE) est préoccupant et prouve l’incapacité du néolibéralisme à tenir ses promesses d’amélioration continue des conditions de vie. Les réponses apportées à la crise économique de 2007-2008 ont consisté à mettre en œuvre le sauvetage des acteurs bancaires privés malgré leur responsabilité évidente, et à imposer des politiques de rigueur et d’austérité plutôt que de relance écologique et de solidarité. Pourtant, l’argent est là, et l’Europe n’a jamais été aussi riche !
Nous avons besoin d’une Europe qui soit socialement juste, et écologiquement harmonieuse. D’une économie qui soit au service des générations futures, et de la diversité des générations présentes, de la condition animale et du vivant. D’une Europe qui prenne ses responsabilités sur la scène internationale, et ne laisse personne de côté. Dans une économie hyper-mondialisée, personne ne pourra régler ses problèmes tout seul. Nous ne pouvons reprendre le pouvoir sur les forces en puissance qu’en œuvrant ensemble en regardant vers le futur, plutôt qu’en laissant monter des murs et des cimetières en mer, et en se tournant vers le passé. Nous devons construire une République européenne écologiste, solidaire et fédérale.


Notre troisième responsabilité est d’en finir avec le déficit de démocratie de la construction européenne pour faire reculer la crise politique.
Un nombre croissant de citoyen·ne·s perd l’espoir dans les modèles démocratiques, se réfugie dans les extrêmes et rejette la démocratie et l’Etat de droit. Les États-membres dirigés par de nouvelles majorités issues de l’extrême-droite ou des droites nationalistes, sont ceux qui mettent en œuvre de véritables politiques de régression des droits humains et sociaux à travers l’Europe. Les vides de souveraineté qui se développent au niveau européen ne sont pas uniquement causés par les traités, mais plutôt par les choix des gouvernements des États-membres : l’aberration de l’Eurozone ou le poids de la Troïka n’y sont aucunement gravés, non plus que l’entrave portée par les lobbies contre la protection environnementale. Assurer la transparence des désignations et des débats, relever le budget de l’Union, mobiliser des fonds pour l’investissement écologique, la redistribution et la lutte contre la pauvreté, et dépasser l’inter-nationalisme européen sont dès aujourd’hui possibles, avec de la volonté politique. Aujourd’hui, la décision doit impérativement être placée entre les mains des citoyen·ne·s européen·ne·s, à travers de nouveaux outils de démocratie directe et le renouvellement des membres du Parlement européen, souvent bien plus progressistes et écologistes que les représentant·e·s des États. Car si l’Union n’est pas parfaite, ce n’est qu’à travers une alliance renouvelée entre les citoyen·ne·s et leurs représentant·e·s que nous parviendrons à construire les rapports de force nécessaires pour contrer les forces puissantes qui vont enterrer le projet européen, et notre capacité à sauver la planète. Les écologistes y sont prêt.e.s.

Notre programme est né de la réflexion collective de femmes et d’hommes engagé.e.s dans le combat pour que nos sociétés ne sombrent pas dans la barbarie portée par un modèle de
développement prédateur, destructeur de la nature et des solidarités. C’est une contribution au nécessaire débat démocratique sur l’avenir de l’Europe, ainsi que l’ébauche de la stratégie de
transformation que nous proposerons aux électrices et aux électeurs de soutenir en désignant des élu.e.s écologistes pour porter leur espoir dans le prochain Parlement européen. C’est le socle
programmatique de notre engagement de la période qui vient. C’est aux citoyennes et aux citoyens, aux forces vives de la société, qu’il revient de l’amender, de le discuter, de l’affuter pour en faire un outil efficace pour la sauvegarde de la planète et l’émancipation des individus.

 

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NOS PROPOSITIONS
– I – Adopter un traité environnemental européen
– II – Mettre en œuvre un plan d’urgence européen pour l’écologie
– III – Changer les règles du jeu pour réduire le pouvoir de la finance
– IV – Réorienter l’économie vers la postcroissance
– V – Réussir la révolution énergétique : une Europe sobre et 100% renouvelable
– VI – Garantir des droits pour tous et toutes
– VII – Mettre en place un pacte social européen
– VIII- Protéger les terroirs et les humains pour bien-vivre
– IX – Donner du pouvoir aux consomm’acteurs.trices
– X – Inventer l’Europe de l’Éducation et de la Culture
– XI – Civiliser le numérique pour accomplir sa promesse de liberté
– XII – Reconstruire une Europe de la paix, accueillante et solidaire
– XIII – Défendre le pouvoir citoyen et changer les traités

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Posté le 11 janvier 2019 par EELV Bretagne
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