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Machines à voter : réponse des Verts brestois à M. Pellicano (UMP)

M. Pellicano (un des "leaders" des UMP brestois) s’était livré à une attaque en règle vis à vis des Verts jugés incohérents sur leur dénonciation du recours aux machines à voter dans l’édition (Le Télégramme du vendredi 6 avril 2007).

Les Verts, en réponse, ont fait publié le texte suivant.

Les attaques répétées de Monsieur Pellicano contre les élus Verts brestois, ne sont qu’un rideau de fumée pour masquer une difficulté à justifier le recours aux machines à voter alors même que partout en France et de tous les courants politiques s’élèvent des voix pour réclamer un moratoire.

Plusieurs villes en France et à l’étranger, font marche arrière ou renoncent à l’utilisation de ces machines.

De nombreux partis politiques démocratiques français, le parti communistes français, les Verts, les alternatifs, l’UDF, le Parti Socialiste, etc.. ont l’un après l’autre demandé le retrait des machines à voter aux prochaines élections. Et il en est de même des candidats aux élections présidentielles, qui sont quand même les premiers concernés : Marie-Georges Buffet, Dominique Voynet, José Bové, François Bayrou M. De Villiers et Le Pen. Bientôt il n’y aura plus que l’UMP (et encore certains élus se sont exprimés contre) pour défendre le recours aux machines à voter… !

Contrairement à ce que disent M. Pellicano ou M le Maire, il ne s’agit pas pour les élus verts, et cela a été clairement exprimé lors du dernier conseil municipal (le procès verbal de la séance en fait foi), d’une remise en cause de la probité ou la bonne foi des personnes (personnel, élus) qui mettent en oeuvre et préparent le vote. Il s’agit uniquement d’un manque de confiance dans l’usage des machines à voter qui ne permettent pas, en cas de doute, d’incident ou d’accident, de recompter les votes le soir de l’élection.

M. Pellicano justifie ce choix au nom du progrès et pourtant la principale société savante d’informaticiens au monde l’ACM a recommande en 2003 ne pas utiliser de machines à voter sans recomptage possible.

Où se trouve le progrès en terme de vie démocratique ? Dans l’absence de recomptage, dans la fin du dépouillement, moment intense de vie citoyenne, dans la confiance aveugle à une machine dont on sait qu’elle n’est pas infaillible et dont le code est secret donc invérifiable..

Les Verts et leurs élus l’ont dit à plusieurs reprises, plutôt que dans une technologie difficile à contrôler ne serait-il préférable de valoriser une implication citoyenne. Nous avons à Brest plus de 300 conseillers de quartier qui s’impliquent au quotidien pour améliorer la vie dans la cité, ne pouvons nous pas les solliciter ?

Les quelques villes qui ont essayé d’impliquer des habitants en leur proposant de participer aux opérations de vote ont eu des retours très positifs. Pourquoi cette proposition est-elle systématiquement écartée par les élus municipaux brestois ?

Posté le 9 avril 2007 par Christian Bucher
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  • Avril 2007
    20:34

    Machines à voter : réponse des Verts brestois à M. Pellicano (UMP)

    par Antoine Beugnard

    A chaud, j’ai eu envie de répondre ceci
    — 
    M. Pellicano s’en prend aux Verts. C’est vrai qu’en ce moment la chasse semble ouverte, serait-ce parce que les idées que nous défendons depuis 20 ans commencent à prendre ? Peu importe. Que les Verts aient vu leur position évoluer sur les machines à voter est normal et rassurant. Quand de nouvelles idées apparaissent, nous y sommes ouverts. Il faut évaluer, étudier, apprendre. Le vote électronique méritait qu’on l’étudie. Mais ne soyons pas dogmatiques - là aussi, un reproche fréquemment fait aux Verts -, notre position évolue. Nos expériences, celles des pays voisins, nous font reconsidérer notre position initiale. Il y a plus de risques et de défauts que d’avantages. S’il n’y en avait qu’un à citer, il n’est pas technique, mais social. Le dépouillement est un acte politique majeur, qui doit aider à réconcilier les citoyens et la politique.

    Quant à affirmer que les Verts prêteraient aux électeurs et assesseurs des envies de fraude, c’est un odieux procès d’intention. M. Pellicano montre là tout le respect qu’il montre à ses opposants politiques. Mensonge, déformation de la réalité. S’il y a risque de fraude avec le vote électronique, il est plutôt imputable aux fournisseurs du matériel et du logiciel (il est bien connu que les lobby industriels n’ont aucune influence sur la politique, qu’ils ne jouent jamais avec la loi, n’ont jamais d’accord secret de non-concurrence, etc.) et au pouvoir en place, qui dans notre démocratie française, est encore sous contrôle citoyen direct (malgré quelques anciennes affaires de faux électeurs ou de bourrage d’urnes).

    J’invite donc M. Pellicano à modérer ses propos et enfin construire un projet politique, non pas sur des craintes, des impressions et des procès d’intention, mais sur des arguments sérieux. Son emportement augure mal d’un climat politique serein, si son camp venait à venir au pouvoir.