Sarkozy : génétiquement président ?
Quelle campagne ! Que d’incohérences, de coups médiatiques, d’improvisations !
J’avoue avoir longtemps considéré la mobilisation contre Sarkozy comme une névrose de gauchistes : réflexes antifascistes pavloviens, amalgames absurdes, sentimentalisme douteux... L’immense faiblesse intellectuelle du gauchisme plaçait à mes yeux Sarkozy dans la position du libéral dont le seul tort est de vouloir mettre en concurrence les professions protégées, d’affirmer la nécessité de l’existence d’une police, et de couper les subventions aux associations "culturelles". Bref, un gars de droite, un de plus.
Il se trouve que M. Sarkozy a récemment déclaré "Je crois qu’on nait pédophile... c’est comme les jeunes qui se suicident..." Michel Onfray fait de l’entrevue en question un récit peu rassurant, disponible sur le site d’RTL :
"Il était agressif, il a commencé par me déclarer "Alors, on vient voir le grand méchant loup ?", il avait les jambes qui remuaient tout le temps, un cigare qu’il remuait tout le temps, il cherchait les mots pour agresser..."
On peut noter aussi qu’il s’agit non pas d’un mais de deux comportements déviants qui sont ainsi qualifiés d’innés : pédophilie, plus suicide. Partant de là, on ne sait pas où s’arrête la pensée de M. Sarkozy : échec scolaire ? bas salaires ? chômage ? N’oublions pas qu’il a déjà évoqué dans le passé la fatalité innée du comportement des enfants à la crèche...
M. Sarkozy accomplit ainsi l’exploit de dresser contre lui à la fois les autorités scientifiques et les autorités religieuses. A quelques jours de l’élection, c’est vraiment très fort. On peut se poser des questions sur ses intentions d’abord, mais surtout, sur ses capacités.
C’est par un détour par la société américaine qui lui est si chère que l’on comprend l’intention : Quel confort de pouvoir ainsi parquer les exclus du système ultralibéral, de disposer d’un prétexte pour les sanctionner, et finalement d’innocenter le système. Si tu ne réussis pas, c’est de ta faute ! (pour être honnêtes, signalons que jadis certains écologistes ne furent pas loin non plus de telles déclarations). Bien sûr, ceux qui gagnent ont besoin de concepts efficaces et pseudo-réalistes pour exclure. La dureté a elle aussi besoin de sa rhétorique. Et quelle meilleure rhétorique que celle qui attribue aux familles dôtées de tous les atouts sociaux et économiques une totale absence de tares génétiques ? Ah, les joies des mariages arrangés à Neuilly, entre pur-sangs...
Plus profondément, puisque M. Sarkozy vise le poste de chef d’Etat et non pas celui de petite frappe du café du commerce, il dessine ainsi un avenir lourd de sélection génétique, de sélection du plus performant qui ne présage rien de bon.
Cependant un doute nous étreint : ce Sarkozy, qu’est-ce qu’il fait là en fait ? Sarkozy, souvenez-vous, c’était le petit gars aux dents longues qui avait perdu avec Balladur en 1995. Sarkozy était fini, rétamé, sa carrière était brisée. On a peine à imaginer la formidable machinerie médiatico-politico-financiario-sociétale qui l’a remis en selle pendant des années, méthodiquement, contre vents et marées. Même le président Chirac - supposé son ennemi juré - a commis l’acte exceptionnel de citer son nom lors de l’annonce du nouveau gouvernement Villepin, alors que constitutionnellement il ne devait préciser que le nom du Premier ministre. Le parcours de M. Sarkozy depuis 1995 est ainsi jalonné d’actes de soutien aussi exceptionnels qu’invraisemblables.
M. Sarkozy a été ainsi été patiemment transformé de perdant spectaculaire en gagnant dynamique, en candidat "naturel", par le soutien monstrueux et délirant de tout un milieu social qui n’a pas grand-chose d’inné... mais certainement beaucoup d’acquis.
© copyright auteur de l’article
Il est un peu tard pour découvrir les tendances fascisantes de sarko. Rien que sa façon de parler à la "monsieur je sais tout" et sa rage permanente transpire la haine de l’autre, tout comme ses propos qui, quel que soit le sujet, trouvent toujours un moyen de catégoriser les gens et de les monter les uns contre les autres. Ceci montre qu’il n’est pas en paix avec lui-même, ce qui est extrêmement dangereux. Encore un point commun avec hitler...


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