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Expé #2 : La Belgique, réseaux de territoires et innovation sociale au service des communs – 27-29 mai 2019

En 2018, La 27e Région ouvre un programme exploratoire sur les communs et l’action publique, ce questionnement avec plusieurs partenaires : POP, Savoircom1, Esopa Productions, les villes de Brest et de Grenoble avec l’objectif de lui donner une dimension européenne. Depuis, notre projet a été sélectionné dans le cadre du programme Erasmus + de l’Union Européenne, qui nous permettra, pendant 2 ans, de mener ensemble différents voyages d’exploration en Europe sur le sujet ! Ce programme soutien en effet la mobilité des adultes et l’apprentissage informel, avec pour objectif l’émergence de communautés professionnelles européennes, le partage des pratiques, le développement de nouvelles compétences, etc.

Article sous CC-by-SA initialement paru sur : http://enactingthecommons.la27eregion.fr/2019/03/28/expedition-2-la-belgique/

A l’occasion des élections européennes et en lien avec la montée des Villes sur les enjeux d’expérimentation urbaine et sociale, le consortium « Enacting the commons » se pose en Belgique pour explorer les initiatives qui s’y déploient au service des communs, que ce soit au niveau local, trans-local ou européen.
Comment les villes belges et leurs administrations se saisissent-elles de la notion de commun ? Quelles synergies les initiatives qui naissent et se structurent dans la société civile construisent- elles avec les acteurs publics ?


Avec ses 650 « communs » identifiés et son plan de transition vers les communs, la ville de Gand (Ghent) fait figure de pionnière en matière de partenariat public-communs. A l’instar du premier voyage (Bologne v/s Turin – IT), nous confronterons un modèle fortement porté par son ancien maire Michel Termont, institutionnalisé par l’administration, et nourri par le parrainage de la P2P Foundation et Michael Bauwens, à sa réalité de terrain. A l’image des modèles bolognais et turinois, comment cette communalisation par le haut résiste-t-elle à l’épreuve du temps et des cycles politiques ?

Bruxelles offre quant à elle un terreau particulièrement favorable aux initiatives d’innovation sociale et urbaine – occupation de friches et bâtiments vacants par des commoners, projets de coopératives, d’agricultures urbaines comme la Ferme du Chant des Cailles, etc. autant d’initiatives qui se développent et font système à l’échelle d’un quartier, d’une commune et au-delà. Quels apprentissages tirer de tels projets (conditions de réussite, évolution, impacts, etc.) ? Comment interagissent-ils avec l’acteur public ? Quelle autonomie, quelle institutionnalisation des communs ? Comment s’opère le partage des innovations et des responsabilités ? Quelle cohérence et lisibilité des dispositifs mis en œuvre ?

Parmi ces initiatives bruxelloises, il nous semble particulièrement intéressant de nous pencher sur celles qui ont trait à l’accès au logement, retissant un nouveau rapport, plus ouvert, à la propriété. Le Community Land Trust de Bruxelles a ainsi transposé le modèle américain né des cendres de la crise des sub-primes qui a maintenu propriétaires des publics précarisés. Considérant le sol comme un bien commun à préserver, le CLT agit dans le cadre d’une gouvernance tripartite associant habitants, représentants des pouvoirs publics et organisations de la société civile. Plusieurs initiatives, comme celle de Communa dessinent également de nouvelles formes d’occupation, permises par un cadre légal et fiscal concernant des bâtiments publics ou privés vacants. Les nouvelles municipalités et les planificateurs urbains regardent de près ces initiatives. Quels enseignements et inspirations en tirer, par exemple en termes de leviers économiques, juridiques ? Dans quelle mesure ces innovations permettent-elles d’inventer de nouvelles formes de justice sociale ?

Nous interrogerons enfin dans quelle mesure l’Europe offre aujourd’hui, à son l’échelle, un ‘laboratoire des communs’ ? Autour du sujet des communs se tissent de nouveaux liens “trans-locaux” européens à la faveur de réseaux d’acteurs, (assemblée européenne des communs, fearless cities, villes en transition, etc.) de projets de coopération (Civic eState/Urbact), mais aussi de démarches de recherche (projet gECO/H2020) qui sont souvent soutenus par des programmes de financements communautaires. La question des communs est également présente au sein des institutions européennes, au travers par exemple d’un inter-groupe dédié au sein du parlement européen ou de négociations autours du droit d’auteur. Que permet cette dimension européenne qui tisse des espaces d’expérimentations communs pour une diversité de territoires, de contextes, d’échelles, d’enjeux, etc. ? Quel bilan et quelles perspectives pour ces initiatives collectives et ce travail institutionnel ? Comment se structurent-ils ? Quel paysage et rapports de force dessinent-ils ? Dans quelle mesure font-ils mouvement, en particulier dans un contexte d’élections européennes et de négociation d’une nouvelle programmation pour l’après 2020 ? Et enfin, comment les collectivités et autres acteurs français intéressés par cette interrelation entre action publique et communs peuvent-ils investir également l’échelon européen ?’

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Posté le 10 mai 2019 par V. Lanselle
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