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Sillage : Article du 10 juin 2006

Amiante : 100.000 morts d’ici 2025

samedi 10 juin 2006

Amiante : 100.000 morts d’ici 2025. Plus de neuf mésothéliomes (cancer de la plèvre) sur dix sont imputables à l’amiante. 10 % des malades de l’amiante décèdent avant leur départ à la retraite à 60 ans. Aujourd’hui encore, on ne peut mesurer précisément quelle sera l’ampleur exacte de ce désastre humain.

L’ADDEVA, l’association départementale des victimes de l’amiante avance qu’ en 2001, sur 600 dossiers de maladies professionnelles reconnues par la Sécurité sociale à Brest, 300 concernaient des maladies dues à lamiante. Pour la même année, mille dossiers ont été déposés à la Sécurité sociale en vue d’une reconnaissance de maladie professionnelle liée à l’amiante et depuis beaucoup d’autres ont été déposés.

Le Finistère figure, en effet, parmi les départements les plus touchés par l’amiante. Les secteurs de la pêche, de la marine marchande ou nationale, des réparations navales, de l’arsenal, ont été, en effet, de grands utilisateurs d’amiante. Sur les bateaux, les chaudières, les moteurs, les collecteurs d’incendie ainsi que tout ce qui concernait la sécurité à bord étaient recouverts de matelas d’amiante. C’est aussi pourquoi les matelassières, elles mêmes, ont été touchées mais aussi les dockers qui ont déchargé des tonnes l’amiante dans le port de Brest .

Les malades, les veuves et leurs familles veulent que la justice soit rendue, que les responsabilités soient établies. Une demande, on ne peut plus, légitime.

Un rapport parlementaire de 1997 pointait déjà les responsabilités : « Il nous semble probable que les industriels de l’amiante ont filtré l’information diffusée ... Ils ont eu tendance à privilégier l’intérêt économique au détriment de la santé publique et à repousser le plus possible l’échéance de leur reconversion. » Tout est dit !

La justice civile s’est bien mise en route depuis quelques années et même si plus de 3.500 condamnations en dommages et intérêts ont été infligés aux patrons, mais dans beaucoup de cas les victimes estiment qu‘elles n’ont pas été reconnues et donc indemnisées comme elles auraient dû l’être .

Sur le plan pénal, les choses évoluent encore plus lentement, quelques anciens dirigeants commencent à devoir répondre de l’exposition à l’amiante qu’ils ont fait subir à leur salariés parfois pendant des dizaines d’années, Les victimes réclament toujours un grand procès à l’image de celui du scandale du sang contaminé . A Brest, les premières plaintes pénales contre la DCN déposées en avril 2005 à Paris n’ont pas encore abouti.

Les Verts demandent, au côté des victimes, que la justice soit enfin rendue et que les responsabilités de ce processus soient établies afin que des sanctions soient prises et réaffirment que le principe de réparation intégrale doit guider les procédures d’indemnisation.

Cette crise majeure de sécurité sanitaire témoigne de l’inadaptation de notre système de santé aux enjeux actuels, notament en termes environnementaux. Les Verts se prononcent donc pour sa refondation, notamment du système de santé au travail et que soit mis fin à l’anomalie de services de santé au travail gérés par les employeurs. Notre pays doit se doter d’un système de sécurité sanitaire à la hauteur des enjeux actuels pour que plus jamais une crise comme celle de l’amiante ne soit possible.

Groupe des élu-e-s Vert-e-s
- tél. 02 98 46 08 78
- courriel : les.verts.brestois@infini.fr
- site : www.brest-ouvert.net

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