Quel avenir pour les Verts ?
Une utopie à proposer

L’écologie est devenue le sujet obligé pour tout candidat qui se respecte. Elle figure dans tous les programmes, tous les discours. On la cajole, on la sublime, on en tombe amoureux. Un Ex, revenu d’un exil canadien, s’en trouve transformé, comme s’il avait vu la Vierge. Il fait venir à lui toutes les associations écologistes pour leur faire part de son amour de la nature, il allait se battre à leur côté pour sauver la terre. L’Ex est redevenu Ex et un autre futur Ex l’a remplacé.
L’écologie, donc, a pris la place qui aurait toujours du être la sienne, la place centrale autour de qui tout s’articule. Maintenant, cessons de rire et revenons à la réalité du terrain : les discours restent des discours et les faits nous décevront certainement encore. Pourtant, l’actualité nous oblige à reconnaître qu’une prise de conscience existe. Hélas dans le même temps, l’influence des Verts décroît et leur message est rendu inaudible.
Depuis que le mouvement à rejoint les rangs de la gauche dite "plurielle", depuis que ses membres côtoient les salons ministériels, son propos semble s’être dilué, réduit au néant. Faut-il alors comme le préconisent certains élargir sa base politique en venant caboter le long des rives centristes ou en flattant l’environnementalisme généreux d’une star du petit écran ? Tout ce qui va dans le bon sens doit être apprécié et encouragé mais il me semble que le combat pour un "avenir concevable" ne peut se satisfaire de sympathiques effets de manche ou de vagues discours suintant de bons sentiments.
C’est d’une révolution que le monde a besoin et c’est de celle-ci que les Verts devraient parler : une révolution qui devrait d’abord envahir les esprits pour qu’elle se manifeste un jour dans les actes. A quoi bon participer à un gouvernement quel qui soit s’il s’agit de servir de caution écolo à la poursuite d’une politique prônant une croissance à l’infinie ? Les partis de gouvernement sont en accord sur l’essentiel. Niant l’évidence et le simple bon sens, leurs programmes continuent à placer la croissance au centre de leurs priorités. Folie organisée, indécence revendiquée, crime contre l’humanité assumée. L’opération transfuge actuelle entre sociaux libéraux et libéraux-sociaux devrait achever de nous convaincre de la similitude de leurs valeurs réciproques et inciter les Verts à se détourner de futures alliances malsaines.
La lutte pour la décroissance devrait être le moteur de tout mouvement qui se revendique de l’écologie. Il est urgent temps de revenir aux idées fondatrices de l’écologie, celles que René Dumont mettait au service d’une utopie (l’utopie ou la mort). Réclamons et faisons l’éloge de cette décroissance qui s’appliquerait aux pays les plus industrialisés tandis qu’en retour une croissance raisonnable viendrait sortir d’autres régions du monde de leur insoutenable pauvreté.
C’est probablement une conception du combat politique qui éloignera pour longtemps les Étoiles médiatiques des Verts des bancs de l’assemblée nationale et de ceux du sénat, mais le but de la pratique politique est-il de se faire élire pour se faire élire ou de vouloir influer l’organisation d’une entité territoriale selon ses propres critères. "Greenpeace", le réseau "Sortir du Nucléaire", "Agir pour l’environnement"… n’ont pas d’élus pour les représenter au parlement, pourtant leurs voix portent et convainquent.
Convertir la majorité d’une population forcément hostile – trompée par les discours lénifiants sur la surconsommation obligée – à cette décroissance nécessaire est difficile et sans doute ne sera-t-elle pas payante électoralement dans un premier temps. Pourtant, nous devons avoir la prétention de croire en la justesse de ces théories et de vouloir les faire appliquer avant qu’elles ne s’imposent à nous avec toute la violence inhérente aux situations nées de l’imprévoyance et de l’aveuglement.
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La revue Territoires du mois de juin 2007 (numéro 479) propose aussi trois pages de réflexions sur l’avenir du mouvement Verts.
L’on peut réagir à cet article sur le blog de la revue Territoires.
Merci pour l’info.
Henri.
Je ne sais pas si les Verts choisiront cet avenir là mais je suis persuadé que c’est la seule perspective pour l’écologie.
amitiés,
Gérard Borvon
Merci pour ce sympathique commentaire,
Henri.


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