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Conseil municipal du 10 octobre – Les violences sont liées aux inégalités sociales

Intervention de Ronan Pichon – Conseil municipal du 10 octobre

Quelques mots pour revenir sur ces questions de délinquance et de violence.

On le sait, il y a un lien direct entre la cohésion sociale dans une société, le niveau des inégalités, notamment de richesse mais aussi d’accès aux droits, et le degré de violence qui se déploie au quotidien dans nos sociétés.

Les sociétés qui sont les plus apaisées, on pense souvent aux pays scandinaves, sont aussi celles qui assurent une relative égalité entre leurs citoyennes et citoyens, un accès aux droits et qui luttent de manière active contre les différentes discriminations de genre, de race, de religion etc.

Les sociétés où l’on constate le plus d’inégalités sont celles où la violence se déploie. Il suffit de penser pays d’Amérique du nord, d’Amérique du sud ou encore, d’Amérique centrale où les inégalités et la violence sont le quotidien de l’essentiel de la population.

Si l’on veut lutter contre un climat de violence, un climat délétère, un climat d’insécurité, la meilleure des choses à faire reste de lutter pour les solidarités, pour la cohésion sociale, pour l’accès aux droits et contre les discriminations. Ces compétences relèvent de nos municipalités.

Il faut savoir se concentrer sur ce qui est vraiment efficace.

Par rapport aux autres villes françaises, il faut rappeler que Brest se situe plutôt en dessous de la moyenne en matière d’insécurité. Et pourtant, Brest arrive à se passer d’une police municipale et d’un réseau de vidéo-surveillance déployé à grande échelle sur la ville.

Par conséquent, si on cherche à établir un lien entre les deux, nous pourrions suggérer aux autres villes de faire l’économie d’une police municipale et d’un réseau de vidéosurveillance. Cela contribuerait peut-être à améliorer les choses. Mais chaque municipalité est maîtresse de ses décisions.

J’ai entendu les échos de l’appel de monsieur Coatanéa pour déployer massivement une police armée sur le territoire. Ce que nous constatons, c’est qu’il soutenait le précédent président comme il soutient le président actuel et peut-être le prochain (cela peut arriver)…et que son appel a pour objet d’obtenir 50 supplétifs à la police nationale. Il ne s’agit pas là de 50 policiers municipaux avec les missions qui seraient les leurs mais, par leurs attributs, il sous-entend qu’il manquerait 50 policiers nationaux sur le territoire de la ville de Brest. Je lui suggère donc d’user de ses relations auprès de personnes haut placées dans l’Etat pour plaider pour un déploiement de policiers nationaux sur notre territoire, si c’est la solution.

Pour autant, est-ce la solution ?

Lorsque l’on parle de délinquance et de son traitement, les policiers sont les premiers à être sollicités dans ces situations difficiles. Pour autant, ce ne sont pas les seuls services qui ont à traiter de ces questions-là.
En effet, on sait que la France est le pays qui consacre le moins de moyen à sa justice que ce soit pour réaliser des enquêtes, pour prononcer des jugements dans des délais raisonnables et pour, quand il y a sanctions, les exécuter dans des conditions acceptables. La France ne se donne pas l’opportunité d’avoir une justice à la hauteur de ses moyens et nous le déplorons.

Par ailleurs, dans le traitement de la délinquance, il y a aussi toutes les mesures sociales d’accompagnement et de réinsertion qui demandent des moyens et qui, là aussi, sont insatisfaisants. Les policiers ne sont donc qu’un des éléments de la chaîne permettant de lutter contre la délinquance quand elle est avérée.

Enfin, le Gouvernement a fait une annonce pour lutter contre le trafic de stupéfiants. Il est urgent de faire le constat, qu’aujourd’hui, la politique de prohibition est un échec total. La France, encore elle, est le pays d’Europe où l’on consomme le plus de cannabis malgré une politique de prohibition totale. Nous consacrons des moyens considérables pour une lutte qui ne porte pas ses fruits. En effet la consommation s’est généralisée et malheureusement cette généralisation s’est totalement banalisée.

Si on ferme les yeux sur cette vérité et si on n’accepte pas de réfléchir à la manière de diminuer la consommation de cannabis, notamment en usant de moyens de prévention, de sensibilisation, en faisant appel à une politique sanitaire et sociale adaptée et si on persiste à se maintenir dans des logiques de prohibition et d’interdiction, en allant jusqu’à des amendes ou des peines de prison, on continue à se condamner à l’échec.

On peut se poser la question de savoir pourquoi, dans un pays comme la France, qui n’a jamais été aussi prospère et qui est l’un des plus riches du monde avec un PIB qui ne cesse d’augmenter, une partie croissante de la population ressent le besoin ou l’envie d’avoir recours à des substances qui leur permettent de sortir de leur quotidien.

Il faut faire le constat que l’on a un problème de droit au bonheur. Aujourd’hui beaucoup de gens semblent malheureux et vont camoufler leur malheur en s’adonnant à des consommations excessives. Ce constat est le même pour l’alcool qui, lui, est en vente libre.

Comment se fait-il que dans des pays aussi prospères, autant de gens nuisent à leur santé physique et mentale et se mettent dans des situations de danger ? On voit bien que la consommation ne leur suffit pas ou plus.

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Posté le 11 octobre 2019 par elues-eelv@brest
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