Ecole : des grands principes au renoncement
un texte de la Commission Enfance-éducation-formation des Verts

Ecole : des grands principes au renoncement
La rentrée scolaire est une période propice aux exercices de communication sur l’école. Nicolas Sarkozy a ainsi envoyé une longue « lettre » aux éducateurs, qui tente, au risque d’accumuler des contradictions, de plaire à tout le monde. Il y en a notamment pour les lobbies conservateurs : la crise de l’école serait due à une trop grande valorisation de la personnalité et de la spontanéité de l’enfant ; le long énoncé de grands principes consensuels semble être fait pour faire accroire que l’école y aurait depuis longtemps renoncé... Mais si on entre dans le concret, rien n’est dit de l’éducation populaire ou de la nécessaire évolution du service des enseignants et les rares décisions annoncées s’accommodent mal de la rigueur budgétaire promue par ailleurs. Faut-il s’attendre à d’inquiétants arbitrages entre intégration scolaire des handicapés et enseignement spécialisé, entre promotion de la pratique du sport et éducation physique, entre développement des études dirigées et enseignements ?
Interrogé sur France Inter jeudi 6 septembre 2007, le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos a en tout cas annoncé ce qu’il fallait attendre du gouvernement en matière scolaire : la suppression du « collège unique ».
Les gouvernements successifs ont renoncé à affronter les blocages majeurs de l’enseignement secondaire : le service des enseignants n’a pas changé depuis 1950 ; le collège imite le lycée en perpétuant la logique « une heure/une classe/un cours/un professeur », alors qu’il devrait assurer une continuité avec le primaire ; les disciplines technologiques restent condamnées à l’indignité. Le statu quo créant une situation intenable, on a fini par admettre que le retour à l’orientation précoce était la moins mauvaise des solutions, puisqu’elle permettrait au moins une prise en charge spécifique des élèves en difficulté. Le ministre a d’ailleurs raison de proposer d’octroyer en même temps aux établissements d’une certaine marge de manœuvre dans la définition de leurs horaires.
Mais en condamnant le collège uniforme, qui fonctionnerait comme un moule contraignant, il enterre le projet démocratique de l’école unique, qui visait à fixer des objectifs communs pour les enfants de toutes origines sociales, rassemblés sur les bancs de la même école. Au lieu de le remettre en cause, il serait bien inspiré d’essayer de le concrétiser ailleurs que dans les quelques établissements marginaux qui se le sont approprié, au gré des hasards de la composition des équipes éducatives et de l’action de certains militants pédagogiques. Les Verts, pour leur part, demandent que l’obtention d’un CAP soit, pour tous, une des étapes de la scolarité obligatoire. On a bien compris que l’actuel gouvernement, comme les précédents d’ailleurs, n’oserait pas (et ne voudrait pas) tenter de sortir ainsi par le haut des problèmes du collège.
Dans un système scolaire bloqué, les partisans de la sélection peuvent prôner le renoncement à l’école pour tous en prétendant défendre l’intérêt des élèves en difficulté. Sans autre alternative que le statu quo, il est difficile de s’y opposer frontalement. Rappelons tout de même que ce faisant, la République tourne officiellement le dos au combat qui fut celui des républicains tout au long du XXe siècle.
La Commission Enfance-éducation-formation des Verts


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