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Sauvons le FRI, le bateau des luttes anti-nucléaire des années 70

Le FRI, a navigué près d’un siècle pour témoigner qu’un autre monde réconciliant l’Homme et la Nature était possible

Le FRI (Liberté, en danois), bateau-symbole de la lutte contre les essais de la bombe atomique, atteindra-t-il son siècle d’existence (95 ans en 2007) bien rempli au service de l’humanité ?

Rappelons quelques dates-phares du FRI

Le FRi, voilier-goélette construit en 1912, lourd, rustique mais marin a connu un parcours hors du commun. Aujourd’hui, il est menacé de dispartion, quelques voix isolées se font entendre pour tenter de sauver ce voiler emblématique mis au service de la paix et de la solidarité internationale. Gilbert Nicolas est de ceux là, pasteur quimpérois, il a navigué à bord du FRI lors de l’épique opération de la flottille internationnale rassemblée en 1972/73 pour protester contre les essais nucléaires français dans le Pacifique.

Servant de voilier-cargo pendant 55 ans, le FRI avait déjà joué un rôle important lors de la seconde guerre mondiale, permettant notamment la fuite de l’Allemagne nazie de quelque 200 Juifs.

En 1971, grâce à l’écologiste américain David MOODIE, il devient un instrument au service de la paix et de la sauvegarde de la planète.

1973-75 : FRI est le « bateau-mère » de la flottille (qui outre le FRi, regroupe le Spirit of Peace, l’Arakiwa, Green Peace 3...) protestant contre les essais nucléaires à Mururoa, l’atoll tristement connu pour les essais nucléaires atmosphériques poursuivis par la France dans l’Océan Pacifique, ainsi que de l’opération « Odyssée de la Paix » en Polynésie et dans le Pacifique.

C’est encore le FRI qui inspecte, l’atoll de Bikini où les Etats-Unis ont réalisé leurs essais de bombe H en 1954.

L’épopée du bataillon de la paix

En 1973, après sept semaines dans la zone où doit avoir lieu un nouvel essai nucléaire, le FRI qui a, à son bord un équipage international appelé « Le Bataillon de la Paix », composé du Général de Bollardière, de Gilbert Nicolas, de Jean Toulat, de Jean-Marie Muller et de Brice Lalonde) est arraisonné par la Marine française aux abords de Mururoa,

Pour contrer cette opération anti-nucléaire, l’Etat avait mobilisé une armada composée de la division des avisos-escorteurs du Pacifique (DAPACI), spécialement renforcée, aux « Doudart », « Charner » et autres « Henry » s’étaient joints de nouveaux avisos-escorteurs « Commandant Rivière » et « Victor Schoelcher ».
C’est le « Doudart » qui arraisonnera le voilier Fri qui sera rendu ultérieurement par la marine nationale mais dans un sale état.

Mais l’opération du FRI et de la Flottille de la paix est payante ; un an après, le gouvernement français décidait de la fin de ses essais nucléaires militaires dans l’atmosphère.

Cette opération avait démontré qu’une action non-violente résolue et déterminée pouvait donner de vrais résultats : « Nous avions ouvert le chemin des protestations bientôt suivies de celles de Greenpeace », note Gilbert NICOLAS.

Certes, la victoire n’est pas totale, les essais ont repris dans le Pacifique, de façon souterraine, ce qui fit dire à Gilbert NICOLAS au Quotidien des Festivals bretons, à Douarnenez (lors du Festival Maori en août 2001) : « L’atoll aurait dû être rendu à ses habitants. Le sol est désormais impropre à toute vie pour des milliers d’années »

Des marins, seul ou en flottille, n’ont pas hésité à s’ engager pour protéger la mer et alerter sur les dangers du nucléaire

Pendant toute la période du programme d’essai nucléaire français de Moruroa (1960 - 1995) des marins de toutes les nations dans des bateaux parfois minuscules, parfois seul, ont risqué leurs vies, année après année parfois dans de petites flotilles naviguant parfois au coeur des zones d’essais nucléaires pour alerter le monde du danger de la bombe atomique.

En 1995, année de la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique décidée par le président Jacques Chirac, 32 voiliers de nationalités différentes ont encore navigué tout autour autour de Moruroa. Cette opération combinée avec de grandes manifestations dans le mponde entier va faire plier l’Etat français, les essais furent finalement totalement arrêtés dans le Pacifique et la France signa un Traité complet d’interdiction d’essais.

En Europe, d’autres flottilles, dans les années 80, autour de Greenpeace, ont pris la mer pour protester contre l’immersion en mer de déchets nucléaires. Ces efforts conjugués avec la pression au niveau international ont eu comme conséquence une interdiction internationale permanente de rejets de dechets nucléaires en mer qui fut prise dans les années 90.

Le FRI au service de la solidarité internationale

Mais revenons au FRI, aprés le Pacifique, en 1976, il a poursuivi son périple autour de la Planète pour des causes généreuses, au service de l’Homme, comme sa participation à l’opération « Namibia ». Il a visité de nombreux territoires (Hiroshima, Nagasaki, la pointe Est de l’ex-URSS, la Chine, Bikini, Haïti, la Dominique…) en transportant chaque fois des dizaines de tonnes de médicaments, de nourriture, de vêtements….


Le FRI va-t-il disparaître ?

Puis, au fil des ans, le FRI s’est dégradé.
Depuis de nombreuses années déjà, le quimpérois Gilbert Nicolas tente de sauver ce bateau symbolique, qui représente les drames et les espoirs de tout un siècle.

Inlassablement, Gilbert Nicolas s’adresse à l’opion publique en ces termes :
« Pour sauver le FRI de la dégradation progressive il faudrait un petit miracle. Aura-t-il lieu ? La dégradation de la planète et la terreur ont leurs financiers généreux, l’écologie et la paix auront-elles les leurs ? »


Comment aider à sauver le FRI ?

Sont disponibles auprès de Gilbert Nicolas, 15 rue du Palais, 29000 QUIMPER

- des cartes postales (1 €)

- des autocollants (2 €)

- le livre « Un bateau nommé ‘liberté’ » (15 €).


L’association « Les Amis du FRI » est reconnue d’utilité publique en France et les donateurs peuvent déduire leurs dons des impôts.

Posté le 24 septembre 2007 par Christian Bucher
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