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Surveillance par caméras à Vannes : opposition au conseil municipal

le texte de la déclaration de l’élue écologiste de Vannes au conseil municipal de juin

samedi 13 octobre 2007
Hier, mes amis de la minorité ont quitté la salle du conseil parce que le maire M. Goulard devait mettre en place un comité de surveillance chargé d’élaborer une charte et de suivre l’ensemble du dispositif, or il présentait à ce dernier conseil la mise en place du dispositif, tout est déjà bouclé et le comité pas créé !

D’après un mél d’Anne Camus élue écologiste de l’opposition à Vannes

ci dessous mon intervention au nom du groupe au conseil du mois de juin et en pièce attachée le courrier que nous avons adressé à la CNIL, à Goulard, à la commission départementale de vidéo surveillance et au préfet/ la CNIL a répondu rapidement qu’elle n’était pas compétente, qu’il s’agissait du ressort de la commune, le Préfet a encouragé Goulard, l’outil est efficace ! et la commission de vidéo surveillance a voté 2 Contre et 2 pour...

Monsieur le maire,

Au fil d’une réunion de fin de semaine, vous découvrez qu’un quartier est profondément agacé par des faits de délinquance. Une bagarre de rue entre bandes rivales déclenchera votre réaction immédiate : vous annoncez à la presse, sans avoir réuni le CLSPD, organe référent en matière de délinquance, votre intention de poser de caméras vidéos dans les rues de Vannes, adoptant ainsi les méthodes de l’ancien ministre de l’intérieur : traiter en temps réel la délinquance, toute difficulté devant être résolue de façon médiatique et répressive. En oubliant que la société a fabriqué les conditions sociales et économiques de la violence vous vous éloignez radicalement des objectifs fixés dans les orientations de la politique de la ville, notamment le renforcement de la cohésion sociale et la construction d’un nouvel espace démocratique avec les habitants

Vannes mérite t-elle cette publicité ? Pourquoi envenimer des faits si ce n’est pour jouer sur les peurs et le sentiment d’insécurité ?

Si l’on peut comprendre l’utilité de caméras pour des bâtiments publics, des parkings souterrains, la pose de caméras dans les rues est une atteinte à l’Etat de droit et aux principes élémentaires de respect des libertés … Vous renversez la charge de la preuve en considérant que chaque Vannetais est un suspect potentiel. or la réalité nous apparaît plutôt tranquille.

D’autre part, on ne peut installer de caméras sur le domaine public que dans des sites ou les statistiques officielles démontrent l’ancrage d’une ou plusieurs formes de délinquance. Dans ces quartiers ciblés, la pose de vidéo surveillance stigmatisera la population et surtout l’ensemble des jeunes issus des familles en difficultés en les assimilant à des délinquants en puissance, responsables de l’insécurité. D’ailleurs si la poignée de délinquants irréductibles a réellement l’intention de poursuivre, elle accomplira ses méfaits là où n’existent pas les caméras de rues, voire portera des cagoules pour avancer masquer (ce qui se produit déjà dans les déchèteries munies de caméras.).

Depuis 2002, la police ou les élus locaux ont des pouvoirs de plus en plus importants pour intervenir dans la vie ou dans les libertés des citoyens, se substituant aux autres institutions (justice, aide sociale, protection judiciaire de la jeunesse) qui eux, agissent discrètement et sur le long terme. Ce n’est pas un hasard si depuis 2002, les relations sont devenues exécrables entre police et jeunes des cités qui surnomment les policiers « les flics de Sarko ». La suppression de la police de proximité n’a fait qu’empirer la situation.

Parallèlement l’Etat s’est désengagé sur les contrats de ville et sur les politiques d’insertion et de lutte contre les exclusions. L’encadrement adulte dans les établissements scolaires a disparu, les internats ont fermé, le soutien individualisé et les études du soir n’existent plus dans toutes les écoles publiques. Les subventions pour le secteur social et du soin en milieu ouvert ont été remplacées par du répressif qui n’offre aucune solution en termes d’insertion professionnelle, sociale ou de suivi psychologique. Que peut faire un éducateur qui se retrouve avec 30 jeunes en charge ? Que peuvent faire des établissements spécialisés saturés ou des juges qui croulent sous les dossiers alors que tout le monde sait qu’une réponse judiciaire six mois après le délit est totalement inopérante pour un jeune ? Il y a en France 100 policiers pour un éducateur, et seulement 2500 éducateurs de prévention spécialisée.

Quel est le coût de cette politique du tout répressif ? Un éducateur de rue économise à la collectivité bien des placements en centres éducatifs fermés (presque 700 euros par jour et par enfant !). ou en Centres Educatifs Renforcés (:466,58 euros ) ou en Etablissements Pénitenciers pour Mineurs (1000 euros ) .

Tout est réuni pour que la situation empire sous l’œil vigilant des caméras. Le réseau de fibres optiques permettra les dispositifs infrarouges pour faciliter la vision de nuit ou enregistrer les sons…où vous arrêterez vous ? A quand le couvre feu ? En Grande-Bretagne les statistiques concernant l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance urbaine démontrent que les atteintes à la paix publique (bagarres), les infractions à l’usage de drogues ou de véhicules ont toujours évolué à la hausse après l’installation de caméras. Les agressions violentes ou les attaques à main armée ont elles, stagné. En France il n’existe aucune évaluation sur l’efficacité et le coût du dispositif, le bordereau que vous nous présentez est vide : quelle désinformation alors que le contribuable est appelé à financement !.

Aujourd’hui, comment comprendre que vous offrez un siège à l’opposition alors qu’hier vous le refusiez ? Pourquoi placer la vidéo-surveillance hors du cadre approprié du Contrat Local de Sécurité si ce n’est pour éloigner des acteurs extra-municipaux qui y participent ? Il est étonnant et anormal que sur un enjeu de cette importance vous n’ayez pas proposé un débat sur le fond avec des intervenants (justice, police, éducateurs) qui aurait permis aux élus ici présents, d’avoir une analyse plus objective. Quelle précipitation ! Des conseillers et des adjoints n’ont pas eu entre leurs mains le rapport sur la délinquance 2006 sur Vannes ; en ce qui nous concerne, nous l’avons reçu seulement mardi 26, une semaine après notre demande. Je vous livre donc une analyse sommaire des chiffres, je préfère parler en chiffres car les % peuvent paraître impressionnants alors qu’ils ne correspondent qu’à des augmentations très faibles… Si nous analysons les chiffres sur une période de 6 ans de 2001 à 2006, on constate une baisse globale de la criminalité et de la délinquance puisque : de 1997 à 2001, en 4 ans moyenne de 3813 délits ( Total sur 4 ans = 15 254 délits ) de 2001 à 2006, en 6 ans moyenne de 3052 délits ( Total sur 6 ans =18 312 délits)

Si en 2006, le rapport nous dit qu’il y a une augmentation, il indique également que les postes principaux qui entraînent l’augmentation de la délinquance sont la destruction et dégradation de biens suite aux plaintes systématiques des HLM et les infractions éco et financière sur le net. ( qui elles, échappent aux caméras)

Les chiffres de la criminalité globale sont eux, proches de l’année 2002 qui présentait une délinquance particulièrement basse et peu éloignée de celle de 1997. Concernant les mineurs, on constate également une baisse de l’évolution de la délinquance.

La délinquance de voie publique regroupe, elle, les infractions qui sensibilisent le plus la population : elle n’est qu’en très légère hausse : 12 cambriolages supplémentaires, 143 faits de destructions dégradations ( HLM ), le reste (vols avec violence, vols d’automobile et de véhicule, vols roulottes et vols d’accessoires sur véhicules.) est en diminution.

Conclusion : Sur 10 ans, des chiffres loin d’être catastrophiques compte tenu de l’augmentation de la population depuis 1997, des chiffres qui ne révèlent pas une insécurité permanente et qui doivent être analysés sereinement dans le détail et dans la durée. Pourquoi ? parce que plus les policiers collectent des faits qu’ils ne comptabilisaient pas auparavant, plus ils font augmenter les chiffres. Plus les chiffres augmentent, plus la polémique sur l’insécurité est alimentée…. Il est en effet regrettable qu’après deux années de baisse de la délinquance, et une moyenne en baisse sur les 10 dernières années, les chiffres 2006 soient venus alimenter une polémique sur l’installation de caméras censées assurer la sécurité des Vannetais.

Nous sommes convaincus que l’essor de la politique de prévention accompagnée d’actions de proximité visibles et de relations de confiance avec les habitants permettra de faire reculer durablement la délinquance. Ne confondons pas les rôles, nous sommes des élus, pas des policiers, l’argent des contribuables doit aller en priorité à la prévention Nous sommes convaincus qu’il faut également traiter judiciairement la petite délinquance, qui pourrit la vie des quartiers : (vols de portables, cambriolages, dégradations de voitures…), exigeons de l’Etat plus de moyens pour avoir une police de proximité et une Justice plus réactive. Les CLSPD rénovés apportent une réponse appropriée avec un certain nombre d’instances déjà existantes qu’on peut mettre en oeuvre ( c’est ce qu’indique le chef de cabinet du préfet dans le dernier rapport du CLSPD le 13/04/07, qui ne parle d’ailleurs aucunement de video surveillance. Elus, on ne peut pas, en même temps, constater une violence grandissante des jeunes, des familles de plus en plus en difficulté, des situations de misère humaine, psychologique, et n’apporter comme réponse que la pose de caméras vidéo et la sanction que l’on va découvrir dans le prochain bordereau concernant la mise en place du Conseil pour les Droits et Devoirs des Familles ...

2 anecdotes pour terminer /

Les propriétaires d’une commune des Htes Seines se sont fait voler en plein jour la porte de leur immeuble. Celui ci se trouvant à proximité d’une caméra de vidéo surveillance, ils portent plainte. le maire leur répond en vantant les mérites de son action et de la vidéo. Il termine par « la vidéo surveillance se révèle par conséquent efficace dé lors qu’elle peut surprendre en flagrant délit les auteurs d’un acte délictuel ce qui, semble –t-il et à mon grand regret, n’a pas été le cas pour le vol dont vous avez été victime »… Autrement dit ça fonctionne quand ça marche….

A Asnieres, le directeur de cabinet du maire UMP a voulu utiliser les caméras de la commune pour surveiller des militants socialistes en train de tracter. Il a été dénoncé par un policier qui a refusé son ordre.

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lettre au préfet et au maire de Vannes
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