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Au conservatoire botanique national de Brest

La nouvelle floraison de l’exceptionnelle amorphophallus titanum

lundi 29 juin 2009

Spécialisé dans la culture et le sauvetage des espèces végétales en voie de disparition, le Conservatoire Botanique National de Brest vit, aujourd’hui, la floraison d’une espèce végétale présentant un caractère exceptionnel, l’Arum titan. Sa floraison est aussi impressionnante qu’éphémère, puisqu’elle ne dure que 72 heures.

Atteignant plus de 2, 50 mètres de haut, la fleur de l’Arum titan (Amorphophallus titanum), est la plus grande du monde. La plante est composée d’un tubercule qui émet une feuille unique chaque année. Cette feuille peut atteindre 5 mètres de haut. Après quelques années, lorsque le tubercule a accumulé assez de réserves (le tubercule cultivé à Brest pesait 38 kilogrammes en janvier 2009), le plant produit un bourgeon floral.

Bien que la floraison spectaculaire de cette espèce originaire de Sumatra ait déjà été observée dans de rares Jardins Botaniques étrangers, c’est la seconde fois fois que cette plante menacée fleurit en France. La première floraison complète date du mardi 2 juillet 2003. La fleur mesurait alors 1.50m, cette année la fleur est encore plus grande.

De la plantation du tubercule jusqu’à la floraison d’aujourd’hui -> ici


L’exceptionnelle floraison D’amorphophallus titanum à Brest

L’Arum titan (Amorphophallus titanum), est une espèce végétale qui produit la plus grande "fleur" du monde (2 à 2,50 mètres de haut),

Sa floraison éphémère est un des phénomènes les plus spectaculaires du règne végétal, toujours vécu comme un événement remarquable dans les rares jardins botaniques au monde qui l’ont obtenue (Jardin Botanique Royal de Kew à Londres (GB), Jardin Botanique de New York (USA), etc.).

Amorphophallus titanum est une plante de la famille des Araceae, aux proportions monumentales, qui comprend entre autres les Arum.

Il s’agit d’une plante géante de Sumatra qui présente plusieurs particularités. La plante est composée d’un tubercule qui émet une feuille unique chaque année. Cette feuille peut atteindre 5 mètres de haut. Au bout d’une dizaine d’années, le tubercule a accumulé assez de réserves pour fleurir et pèse jusqu’à 30 kilogrammes. L’inflorescence se développe alors et devient la plus grande du monde, pouvant atteindre 2,5 mètres de hauteur au terme de 3 semaines de croissance. La température de la fleur augmente alors considérablement (plusieurs dizaines de degrés) afin de diffuser son parfum et d’assurer la venue d’un maximum d’insectes pollinisateurs pendant les quelques jours que dure la floraison.

L’Arum titan vit dans les forêts de basse altitude de Sumatra où elle est peu répandue. Son habitat est menacé par la déforestation et la plante est classée vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. De plus, cette espèce est l’objet de pillage dans ces stations naturelles afin d’être revendue à prix d’or sur les marchés horticoles coréens et japonais.

La découverte de cette plante extraordinaire a causé une grande sensation à l’époque. Cet intérêt ne s’est pas démenti et chacune des rares floraisons répertoriées dans le monde est saluée comme un événement exceptionnel. L’afflux du public a été toujours à la hauteur de l’événement, drainant plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, curieux d’assister au spectacle de sa floraison aussi formidable qu’éphémère, puisqu’elle ne dure que 72 heures.

Cylindrocline lorencei :

un sauvetage in extremis et unique dans le domaine de la conservation

Cylindrocline lorencei Scott, Asteraceae arbustive endémique de l’île Maurice, était en 1990 considéré comme éteint en nature et en culture. Cette espèce avait pourtant bénéficié durant dix ans, de 1977 à 1987, de l’attention particulière de nombreux jardins botaniques compétents dans le domaine de la protection du patrimoine végétal.

Seul subsistait alors de cette espèce, un petit lot de graines recueillies dans les années 1980 dans la nature par Jean Yves LESOUËF, Conservateur du Conservatoire Botanique National de Brest. Plusieurs séries de tests de germination furent tentées en 1994 et 1995, sans succès.

Pourtant un test de coloration de ces graines indiquait qu’une partie d’entre elles, bien qu’incapables de germer, contenait des massifs de cellules encore vivantes.

Il fut donc décidé de recourir à une technologie tout à fait nouvelle dans le domaine de la conservation, afin de tenter l’éventuel sauvetage de cette espèce.

Cette expérience consista à placer, après dissection, des embryons en culture in vitro dans des conditions favorables à la poursuite de leur développement, puisque dans les conditions naturelles il leur était impossible de régénérer une plante entière.

Après plusieurs essais, des milieux de culture appropriés furent mis au point, afin de garantir aux embryons croissance et développement.

Cette application particulière de la technologie in vitro dans le domaine de la conservation végétale permit d’obtenir la régénération de plantes entières à partir de quelques rares massifs cellulaires vivants repérés dans les graines au sein de tissus morts.

Ces travaux, initiés en 1994, furent essentiellement menés au Conservatoire Botanique National de Brest, et neuf années supplémentaires de suivi furent nécessaires pour réaliser la culture de ces plantes et obtenir des spécimens adultes.

La floraison de Cylindrocline lorencei observée aujourd’hui ( fin juin 2009) annonce l’obtention naturelle de dizaines de graines qui permettront, après réintroduction, le retour prochain de l’espèce dans la nature, sur l’île Maurice.

Ainsi, cette nouvelle floraison de cette espèce à Brest confirme pleinement la réussite de l’opération et suscite de nouveaux espoirs pour la conservation végétale.

Une photo est publiée chaque jour sur le site du Conversatoire Botanique de Brest www.cnbbrest.fr


LE CONSERVATOIRE BOTANIQUE NATIONAL DE BREST

Plus de 50 000 espèces végétales en voie de disparition sont identifiées dans le monde. Soucieux de la préservation du patrimoine biologique et conscient des menaces pesant sur les espèces végétales, Jean-Yves Lesouëf a eu l’idée novatrice de créer un jardin spécialisé dans le sauvetage des plantes en voie de disparition au monde.

En 1975, il parvint à fédérer autour de ce projet la Communauté Urbaine de Brest, le Ministère chargé de l’Environnement, et la "Société pour l’Etude et la Protection de la Nature en Bretagne" pour créer le premier Conservatoire Botanique.

Dans le cadre de ses programmes de conservation ex situ, le Conservatoire Botanique de Brest cultive en priorité des plantes menacées originaires du Massif armoricain, de France, d’Europe, et des îles du monde entier.

La conservation ex situ consiste à cultiver une espèce (en serres ou dans le jardin) lorsque des menaces trop fortes pèsent sur elle en nature. Elle est ensuite multipliée abondamment afin d’être diffusée auprès d’autres Conservatoires et Jardins Botaniques et utilisée, si nécessaire pour des opérations de réintroduction. Par sécurité, des lots de graines sont aussi maintenus en chambres froides.

Avec près de 1700 espèces menacées en culture, Brest gère et entretient l’une des collections les plus importantes au monde de plantes en danger, et environ vingt d’entre elles doivent leur survie à l’action du Conservatoire Botanique.

Depuis 1990, le Conservatoire Botanique de Brest est agréé par le Ministère chargé de l’Environnement comme Conservatoire Botanique National pour préserver les plantes menacées et protégées du Massif armoricain.

Pour ces espèces, le Conservatoire Botanique rassemble des informations en effectuant des recherches bibliographiques et des inventaires de terrain, assure leur conservation in situ (en nature) et ex situ (par la culture), informe et joue un rôle d’expertise auprès des pouvoirs publics, et sensibilise le public à leur sauvegarde.

Le Conservatoire Botanique National de Brest est le siège d’un secrétariat international qui développe des actions de conservation pour les espèces en limite extrême d’extinction. En partenariat avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le "Botanic Gardens Conservation International" (organisme basé à Londres fédérant les Jardins Botaniques au niveau mondial) ce secrétariat a pour objectif d’orienter, de recenser, et de dynamiser les programmes permettant de préserver la part la plus vulnérable du patrimoine naturel de l’humanité.

Conditions d’accès aux serres pour le grand public

- Renseignements pour les individuels : 02 98 02 46 00

Conservatoire botanique national de Brest

- 02 98 41 88 95 06 74 13 17 47
- e-mail : animation@cbnbrest.com

Articles dont le sujet concerne Brest

Forum
29 juin 2009 Une première en France : la floraison de l’amorphophallus titanum

merci de nous faire parvenir des images de cette deuxième floraison que malheureusement nous ne pouvons aller voir ! Une admiratrice !

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