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Aéroport Guipavas : un pied de nez au protocole de Kyoto !

Alors que le Grenelle de l’environnement a rendu des conclusions en faveur des économies d’énergie et que la conférence de Bali sur le réchauffement climatique est en plein travail, deux évènements locaux font l’actualité et sont en parfaite opposition avec ce qu’il faut faire (aérport de Brest-Guipavas, mise aux normes autoroutières des quatre voies).

1 – Inauguration de l’aéroport de Brest Guipavas

L’inauguration de l’aéroport le 8 décembre constitue un véritable « pied de nez » au protocole de Kyoto. Rappelons que l’Europe a renouveller son engagement de réduire d’ici 2020 de 20 % ses émissions de gaz à effet de serrer par rappport au niveau de 1990. La CCI de Brest, la Région et le Département du Finistère, prévoient de les augmenter massivement !

La nouvelle aérogare est d’une part caractérisée par la démesure et d’autre part a été bâtie sur une analyse économique qui ne prend pas en compte le réchauffement climatique.

  • Cet équipement est caractérisé par la démesure : la nouvelle aérogare est dix fois plus grande que l’actuelle, les surfaces de parking d’avions sont 5 fois plus importantes, 4 fois plus de portes d’embarquement,… de plus les promoteurs sont fiers d’avoir coulé 15 000 m3 de bétons, d’avoir utilisé 1 300 T d’aciers, etc.… ( voir le dossier de presse)
  • Cet équipement a été élaboré sur l’hypothèse du doublement du trafic, soit entre 1 400 000 et 1 800 000 passagers par an. Ces chiffres sont parfaitement irréalistes car pour parvenir à ces résultats il faudrait entre 20 et 50 ans en se basant sur l’évolution du trafic des 10 dernières années (le trafic passagers a augmenté de 200 000 voyageurs en 10 ans). Nous affirmons également que cet équipement n’est pas nécessaire au développement de la région brestoise car aujourd’hui les professionnels privilégient de plus en plus les moyens de communication rapides et alternatifs au transport (visioconférence, internet,etc.).
  • Cet équipement ne prend pas en compte le réchauffement climatique et la nécessité de restreindre les transports les plus gourmands en énergie. Dans ce domaine le transport aérien arrive loin en tête. Aujourd’hui, il bénéficie de « subventions » par le biais de la détaxation du kérosène. Si les gouvernements mettaient à égalité le transport aérien avec les autres modes de transport, il est évident que le trafic ne pourrait pas faire mieux que rester au niveau où il est aujourd’hui. Sa décroissance est même tout à fait souhaitable.

2 – Mise aux normes autoroutières de la Voie Express

Malgré la nécessité de réduire les consommations de carburants, la mise aux normes autoroutières de la voie express redevient d’actualité. Elle est en particulier défendue par François Cuillandre, président de BMO (ex CUB) et maire de Brest. Deux conséquences fâcheuses sont à attendre de cette disposition :

  • Augmentation des consommations de pétrole et des émissions des gaz à effet de serre. Comment pouvons-nous d’un côté prétendre vouloir sauver la planète et d’autre part continuer à encourager le gaspillage ? Comment pouvons-nous poursuivre dans une politique de surconsommation et de gaspillage égoïste pendant que des millions de personnes sont menacés par le réchauffement planétaire ?
  • Il est prévu de fermer plusieurs échangeurs dont celui de Keriel, alors que sa sécurisation aurait été possible. Ces fermetures vont contraindre à l’augmentation des trajets et la concentration du trafic à Saint Eloi. C’est une mesure de non-sens qui va à l’encontre de l’intérêt général. Nous étions les seuls à la dénoncer lors de l’enquête publique.

Christophe Winckler

Posté le 10 décembre 2007 par Christophe winckler
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Nouveau commentaire
  • Décembre 2007
    22:09

    Aéroport Guipavas : un pied de nez au protocole de Kyoto !

    par Chris Perrot
    Si je serai mauvaise langue je penserai que "quand le béton va tout, tout va". Là je serai vraiment mauvaise langue, donc je ne le dirai pas. Quand aux problèmes environnementaux qu’apporteront l’augmentation du trafic aérien sur Brest-Guipavas, il faut être vraiment mesquin pour les évoquer. En effet François Cuillandre a signé le pacte de Nicolas Hulot et renouvelle sa confiance aux Vert-e-s de Brest en leur assurant des places de conseillers municipaux (d’adjoint-e-s si il est réélu en mars 2008). Bon, je conçois que ma démonstration s’avére très légére. Alors comment expliquer les condradictions entre la belle parole écologique de nos élu-e-s et la réalité des choix qui sont fait au nom du développement économique.