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LE COVID-19 NE DOIT PAS SERVIR DE PARAVENT AUX POLLUEURS CHRONIQUES

Le 1er avril 2020

La pollution atmosphérique est la 3ème cause de mortalité en France, après le tabac et l’alcool. Le transport maritime participe grandement à cette pollution, en raison de l’importance du trafic maritime (marchandises, croisières...) ainsi que de l’utilisation, par les armateurs, de carburants de mauvaise qualité, notamment soufrés. On estime qu’un tiers des 80 000 navires de plus de 120 mètres qui sillonnent les mers, seraient à déconstruire au vu de leurs performances écologiques.

Il s’agit là d’un enjeu de santé publique qui touche en particulier les populations vivant à proximité des ports et des grandes voies de navigation. Les Brestoises et les Brestois sont concernés par ce problème et les fumées noires qui se sont échappées d’un cargo ces derniers jours de manière continue, au port de commerce, démontrent que le risque ici est bien réel.

Certes, Brest fait partie de la zone d’émission contrôlée de la Manche, ce qui n’est pas le cas de tout le territoire européen ni même français. Mais qui contrôle réellement ces émissions ? En effet, même dans ces zones, en moyenne, seul 1 navire en transit sur 1 000 est contrôlé. Pire, s’il enfreint la loi, les amendes auxquelles il s’expose ne sont guère dissuasives.

Ainsi, au vu du risque que font peser ces cargos polluants sur la santé des Brestoises et des Brestois et dans la continuité de notre précédent communiqué de presse, publié en octobre dernier suite à l’annonce d’une augmentation des escales de bateaux de croisière dans notre port de commerce, nous demandons :

  • qu’une analyse en continu soit réalisée sur l’impact de ces navires (marchandise et croisière) sur la qualité de l’air (C02, NOx, particules) à Brest,
  • que ces bateaux, à quai, soient raccordés au réseau d’électricité du port afin de limiter la consommation en énergie fossile,
  • que toute la transparence soit faite sur les mesures antipollution mise en œuvre par ces bateaux,
  • qu’un système de bonus/malus dans les tarifs des droits portuaires soient institués, pouvant aller jusqu’à 10 % de réduction sur les droits de port,
  • qu’un dispositif permettant aux Brestoises et aux Brestois de contrôler, par eux-mêmes, la qualité de l’air qu’ils respirent, soit mis à leur disposition, tels que des capteurs individuels dans un dispositif de veille citoyenne.

Nous sommes conscientes que la plupart de ces mesures relèvent d’autres niveaux de décision que la ville ou la métropole de Brest (Région Bretagne, État ou Union européenne) mais, la population locale étant la plus concernée, il lui incombe de les porter avec détermination auprès des autorités compétentes.

Brest est une grande ville maritime et les activités portuaires revêtent un caractère d’enjeu économique indéniable, à travers la réparation navale, le transport des marchandises et l’accueil touristique. Cependant, il est urgent de mettre en place un système efficace de contrôle des pollutions émises (air et rade) si on veut que que ces fonctions apportent une réelle plus-value à la population brestoise et à tout le territoire desservi par ces activités.

Chaline Nathalie, Kervern Anne-Marie et Migot Christiane Élues Eelv, UDB et LRDG et habitantes du quartier de Saint-Marc

Posté le 1er avril 2020 par nathalie chaline
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