Plateau des Capucins : site d’un monastère, puis d’ateliers de construction navale : et demain ?

Sous un soleil estival, tempéré par la fraîcheur des hauts murs de la rue de saint Malo, les personnes (artistes, associatifs, riverains…) présentes ont commencé à réfléchir ensemble à ce que pourrait devenir un plateau des Capucins rendu au monde civil en 2004.
Mireille Cann, la présidente de Vivre la rue, a tout de suite souligné que, depuis de nombreuses années, les membres de l’association « lorgnent » sur ce plateau des Capucins, à la fois si proche de la rue Saint Malo, si mystérieux et si prometteur de part son emplacement au bord de la Penfeld et par sa taille : 9 hectares (24 000 m2 de couvertures) situé entre le centre-ville et Recouvrance .
Elle a ensuite précisé que l’opération Dansons la Capucine, prévue les 20 et 21 septembre à l’occasion des journées des patrimoines ne serait pas un bis-répétita du temps des Cerises. Il ne s’agit pas de mettre en place un autre festival mais bien de prendre le temps durant ces deux journées de débattre, de proposer, d’imaginer collectivement le devenir de cet espace de 9 hectares,

- les bâtiments des capucins vus du pont de Recouvrance
Ce site, en surplomb de la rivière Penfeld, certains disent qu’il s’agit d’ »une sorte de balcon au dessus de la Penfeld », a vu se succéder un monastère des Capucins, saccagé à la révolution, délaissé dans la première moitié du XIXeme siècle qui voit le port de Brest vieillir. Par contre, Napoleon III porte un vif intérêt à la marine, rénove la flotte et développe l’arsenal ( plus de 9000 ouvriers dans les années 1850) avec notamment la création des ateliers du plateau des Capucins. Aujourd’hui, le plateau se compose de trois ensembles : des vastes hangars à l’architecture imposante appelés les ateliers des machines, on y trouve aussi le centre de formation de la direction des armements et ses installations sportives attenantes, la troisième partie étant le restaurant de Quéliverzan.
La première tâche de la Communauté urbaine de Brest sera, dans un premier temps, de vérifier l’état de vétusté des différents bâtiments, déterminer le degré de pollution industrielle et pyrotechnique du site.
Plusieurs intervenants se sont plaints du peu de transparence de la Communauté urbaine de Brest dans l’élaboration d’un projet pour le plateau. Il est vrai que le flou persistant sur l’état des études actuellement menées laisse le champ libre à toutes les suppositions, voire de rumeurs. Personne dans l’assemblée de ce samedi n’était capable de dire qui à la CUB ou à la ville suivait ce dossier, personne ne savait le nom du coordonnateur de la mission Penfeld , en l’occurrence Gérard de Senneville, inspecteur général du ministère de l’équipement, spécialiste des opérations d’aménagement à grande échelle.
Les gens de la rue Saint Malo, aimeraient pour leur part que le plateau des Capucins devienne un haut lieu de culture alternative. Ils mettent en avance, avec justesse, la multitude de créateurs brestois( plasticiens, musiciens, gens de théâtre, photographes, danseurs…) qui cherchent désespérément des espaces d’élaboration artistique, de répétition, facilement accessibles.
« Vivre à la rue « a commencé à recenser tous les besoins en ce domaine, les artistes brestois commencent à être sollicités pour exprimer leurs besoins (une fiche leur est actuellement transmise), personne ne sera oublié.
Plusieurs membres de la réunion ont mis en avant le rapport, remis il ya quelques années, au secrétaire d’état au patrimoine Michel Dufour, qui recensait toutes les friches industrielles reconverties en espaces culturels alternatifs. Utilisant de vieilles ruines industrielles ou commerciales, des équipes dynamiques ont développé une action culturelle de proximité des plus innovantes, tardivement reconnue par le ministère de la culture ou les municipalités.
Les expériences de Toulouse, rennes ou Strasbourg, ou étrangers Copenhague, Helsinki, ont été évoquées. Des contacts seront d’ailleurs pris avec certains promoteurs de ces reconversions pas toujours légales dans un premier temps car il s’agissait la plupart du temps d’opérations de squat, du moins au départ. Ils seront invités à relater leurs expériences.
Certains ont demandé la possibilité de réclamer des journées portes-ouvertes permettant aux brestois(es) de découvrir cet espace pour l’instant largement méconnu , une demande sera adressée à la CUB dans ce sens.
Par ailleurs, on sait que les conseils de quartier récemment constitués, , sont appelés à donner leur avis sur le futur du plateau des Capucins, celui de la rive droite sera le premier amené à s’exprimer sur cette question. On sait aussi que la mission Penfeld a de son côté engagé une réflexion et des études d’architectes sont en cours.
Existera -t-il la possibilité de confronter toutes ces réflexions, ces propositions, d’où qu’elles viennent ?
Saura-t-on se donner les moyens de réussir une opération d’aménagement unique, qui préfiguera Brest de demain ?
On le sent bien, associations, techniciens, artistes,etc…, chacun aujourd’hui doit apprendre à collaborer à l’indispensable débat public.
Il est le seul capable de répondre aux formidables enjeux historiques, urbains, économiques culturels et de réussir un aménagement du plateau des Capucins qui réponde aux vrais besoins des brestois et nous fasse entrer de plein pied dans la ville de demain, celle dont nous rêvons , celle que nous voulons désirable et agréable pour nos générations et celles qui nous suivront.
De tout cela il en sera question rue de Saint Malo les 20 et 21 septembre. Exposition photographique, bals populaires, théâtre, espace d’expression des intermittents du spectacle, sont aussi prévus.


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