Une autre école, pour une autre société
une contribution, fruit d’un travail de la commission Education des Verts, proposée par Jean Paul Russier

Ce dossier est le fruit d’un travail de la commission Education des Verts réalisé au moment des présidentielles mais qui n’av ait pu être entièrement finalisé. Il est publié par Brest Ouvert comme contribution au débat sur cette importante question de l’éducation. Il nous a semblé utile que ce gros travail collectif puisse être montré, débattu, amélioré et serve de point de repère aux élus et militants impliqués autour de ces questions.
Une autre école, pour une autre société
Les Verts ont des propositions sur l’école et sur l’éducation, comme sur d’autres questions non « écologiques », la santé, la culture ou la justice. Mais ce thème occupe une place particulière : l’école s’est construite avec la révolution et au service de la Nation. Elle suscite donc des passions, notamment parmi la gauche française et parmi les Verts !
A défaut d’aborder tous les sujets, nous proposerons des pistes ou une philosophie pour sortir l’école de la crise actuelle. Nous évoquerons quelques points : l’organisation de l’école obligatoire, les classes préparatoires, la formation et les missions des enseignants, les contenus et la manière de refaire de l’égalité.
Pour appuyer notre discours, nous avons demandé leur point de vue à trois témoins, experts de l’école ou de l’éducation populaire, F. Dubet, sociologue, E. Favet, secrétaire de la Ligue de l’Enseignement, et P. Meirieu, pédagogue et animateur de radio
Enfin, pour élargir du scolaire à l’éducatif et pour répondre à la conjoncture, nous mentionnerons des propositions concrètes qui seront défendues par les candidats aux élections municipales de 2008.
Sarkozy et Darcos attaquent l’école !
Naturellement l’école n’a pas échappé à la tornade Sarkozy. Lettre fleuve aux enseignants énumérant principes républicains et évidences de droite, remarque de bon sens et propositions fortes. Décision de supprimer des postes de fonctionnaires, notamment au sein du ministère de l’Education Nationale, et de promouvoir le mérite, l’engagement et les augmentations de salaire pour certains conformément à un rapport officiel. Décision de suspendre la carte scolaire et de l’élargir avant de la supprimer. Enfin, cerise sur le gâteau, l’annonce par le ministre de supprimer le collège unique, institué en 1976 par Giscard d’Estaing.
On doit constater avec ces annonces qu’une droite moderne et décomplexée passe à l’offensive. On regrettait que les politiques ne disent et ne fassent rien sur l’école et sur l’éduction, nous sommes servis au delà de nos attentes. On avait remarqué que l’élévation du niveau de scolarisation n’avait pas produit la démocratisation prévue, que les enseignants sont las et les parents jouent perso pour sauver l’avenir de leurs enfants. Cette politique réactionnaire a profité de notre attentisme face aux lacunes de « l’égalité républicaine »
Il y a urgence à reconstruire une école plus démocratique et plus égalitaire ; ce projet porté historiquement par la gauche est à reprendre.
CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE AU PRODUCTIVISME SCOLAIRE
« La complexité du système éducatif est aujourd’hui telle que des progrès qualitatifs importants ne peuvent plus être attendus de la seule application de consignes nationales », disait avec raison Alain Savary, il y a plus de vingt ans. Il avait diagnostiqué l’obstacle sur lequel ont buté tous les ministres.
Car l’école doit se transformer. Même si, bon an mal an, les deux tiers d’une classe d’âge se hissent aujourd’hui « au niveau du bac », l’institution scolaire reproduit les inégalités : un enfant d’ouvrier a 23 fois moins de chances qu’un enfant de cadre d’intégrer une « grande école » ; en 1950, il avait… 24 fois moins de chances. Malgré les idées des pères de l’Education nouvelle (autour de 1900) et les préconisations du plan Langevin-Wallon (1947), on a mis tous les jeunes dans le lycée autrefois réservé à l’élite, sans remettre en cause ses missions et son organisation.
L’école bloquée
L’école, certes, ne peut pas tout faire ; mais elle ne fait pas tout ce qu’elle peut. L’invention de l’école de demain passe par la mise en place d’une pédagogie active donnant aux savoirs une autre fonction que celle de faire réussir aux examens : travail sur projet, pratiques coopératives, interdisciplinarité… Ce qui remet en cause des habitudes solidement ancrées. La division des connaissances en disciplines, par exemple, qui hache le temps scolaire et empêche de relier les savoirs ; l’utilisation des notes ; le principe de l’heure de cours, associant un prof, une classe et une salle ; le service des enseignants… Rapport après rapport, l’Education nationale préconise inlassablement de s’attaquer aux mêmes blocages.
Et quand une réforme va dans ce sens, le système hyper-hiérarchisé de cette machine taylorisée transforme les idées innovantes en injonctions autoritaires, dans lesquelles les enseignants se reconnaissent mal. Ainsi les Itinéraires de découverte (IDD) au collège et les Travaux personnels encadrés (TPE) au lycée mises en place difficilement ont été rapidement supprimés par François Fillon.
Faute d’appropriation par la base, les réformes sont donc appliquées a minima avant de se perdre dans les sables de la routine. Et les blocages les plus déterminants demeurent : le service des enseignants du secondaire, par exemple, reste défini par un décret datant de 1950, alors que le lycée demeurait réservé à une petite élite.
S’appuyer sur la vitalité et le professionnalisme des acteurs
On sait qu’une autre école est possible. Les établissements expérimentaux le montrent avec des profs et des élèves agissant dans des établissements fonctionnant sous statut dérogatoire. Le système éducatif fourmille aussi de ressources. On voit tous les jours dans les ZEP, les établissements de centre ville ou de campagne, des enseignants oeuvrer dans ce sens : en adaptant les programmes (en faisant apprendre l’histoire à partir de l’histoire des parents d’une classe métissée), en organisant du théâtre ou des sorties scientifiques. Il faut libérer et soutenir cette énergie et cette inventivité.
A l’Etat de définir les finalités de fixer les objectifs (notamment le socle de connaissances et de compétences à maîtriser en fin de scolarité obligatoire) ; aux acteurs de terrain de s’entendre démocratiquement sur les moyens de les atteindre. Dans des établissements enfin dotés d’une véritable autonomie ainsi encadrée, on rendrait leur responsabilité aux équipes éducatives qui, avec les élèves, les parents et tous les partenaires de l’école, construiraient leur projet définissant les modalités d’organisation et les pédagogies les plus adaptées.
De nouvelles institutions d’accès au savoir
(extrait du programme de N. Mamère, Présidentielles 2002)
La scolarisation a revêtu et revêt encore des formes très différentes selon les lieux et les époques : alternance allemande, école privée anglaise, collège jésuite, etc.
On doit sortir du moule uniforme à la française, école publique ou privée offrant un cursus continu, hiérarchisé selon les années et inventer de nouvelles manière de mise en commun, d’accumulation et de transmission des connaissances.
Ces institutions peuvent fonctionner avec des cursus “ à la carte ” et un examen final équivalent aux diplômes existants. Fondée au moment de l’Université expérimentale de Vincennes, l’Open University scolarise actuellement 200 000 étudiants par l’intermédiaire d’internet mais avec l’encadrement et le soutien d’enseignants, animateurs et documentalistes. D’autres institutions sont « ouvertes et démocratiques » comme les échanges de savoir ou les arbres de connaissances.
Cette diversification institutionnelle rendrait possible l’éclosion de nouvelles formes d’excellence, une éducation tout au long de la vie et une nouvelle étape de démocratisation.
Le collège unique
En dépit de la prise de position officielle du nouveau gouvernement (qui supprime le collège unique), la gauche éducative maintient le projet d’un collège pour tous (appel de 17 organisations). Pourtant on connaît bien les difficultés de fonctionnement des établissements et la diversité des réussites, les bons collèges et les établissements ghettos. On a remarqué aussi qu’une partie des enseignants et des parents ne croit plus possible d’atteindre cet objectif.
La réaffirmation d’un collège pour tous passe par une définition claire de ses missions, donner aux jeunes de toutes origines un bagage culturel et des connaissances communes. C’est un objectif politique essentiel.
Cela correspond à des changements profonds des moyens et des révolutions pédagogiques. Il faut des moyens, humains ou matériels (l’effort quantitatif consenti pour les ZEP était assez modeste). Il faut aussi des transformations institutionnelles : varier la prise en charge selon les résultats (on sait que certains élèves n’ont pas les fondamentaux par les évaluations 6°) ; pas d’orientation avant la classe de 3°, transformation des méthodes d’apprentissage et des contenus.
Introduire un CAP pour tous !
« Il faut revaloriser l’enseignement professionnel ». Depuis cent ans, particulièrement ceux qui défendent la sélection précoce, tiennent ce discours. On a vu le gouvernement précédent réintroduire l’apprentissage à 16 ans. On pressent que Darcos reprendra l’idée de compétition et réservera la formation professionnelle à ceux qui ont des difficultés.
Affirmons au contraire que la culture technique et le travail manuel doivent retrouver une égale dignité. L’obtention d’un Certificat d’Aptitude Professionnnelle devrait être une étape de la scolarité obligatoire. La préparation de ce diplôme, suivie par tous les élèves, permettrait une vraie diversification pédagogique. Elle offrirait des entrées variées dans la culture, des modalités diverses d’accès aux savoirs, mettant fin à l’impérialisme de certaines disciplines. Les élèves pourraient ensuite, en pleine connaissance de cause, s’orienter vers des formations générales, technologiques ou professionnelles de plus haut niveau.
Oui au socle commun
Dans sa lettre aux instituteurs, J. Ferry donnait à l’école, que la loi venait de rendre obligatoire jusqu’à treize ans, la mission d’enseigner à la jeunesse de France « ce qu’il n’est pas permis d’ignorer ». Mis en place par décret le socle commun est censé définir, les objectifs de la scolarité obligatoire. Ce texte est incomplet : il fait l’impasse sur certaines matières (éducation physique, le développement durable). Il ne distingue pas ce qui est essentiel (une graine à faire germer) ou indispensable (un kit de survie). Et se surajoute aux prescriptions de programme, aux objectifs finaux de la scolarité obligatoire.
Face à l’éclatement des niveaux de réussite en fin d’école obligatoire et la dérive de certaines écoles, cet engagement de l’institution et cette vérification sont indispensables. Il appartiendra aux professionnels de l’enseignement et aux équipes de s’assurer que le socle commun est une garantie et ne dérive pas vers un minimum.
La carte scolaire : l’égalité une idée à réinventer.
Obliquement (par l’intervention des candidats aux présidentielles) la question de la carte scolaire est revenue. On savait que cet instrument gaulliste visant à assurer un accès de tous à l’école ne fonctionne plus à l’égalité ; elle maintient les enfants des quartiers dans des écoles guettos disait F. Amara, tandis que les initiés s’organisent pour y déroger.
La droite Sarkozyste et Darcos ont tranché, elle sera assouplie et supprimée à terme. A juste titre on a dénoncé le mouvement de compétition qui va se créer : une vraie concurrence et une hiérarchie ouverte des établissements, un marché où chaque parent placera son enfant en fonction de ses résultats et de l’établissement.
Il nous reste à recréer des outils pour rendre dépasser la méritocratie qu’on nous propose. Il n’y a pas de solution miracle pour lutter contre le handicap social, économique et territorial. Il y a de multiples moyens : des équipes volontaires ; l’attribution de moyens différenciés, inversement proportionnels au « handicap » de l’établissement ; le busing : les élèves d’un quartier sont scolarisés dans un établissement de centre ville (une mairie du sud de la France l’a mis en œuvre) ; le parrainage d’élèves de banlieue par des étudiants de grandes écoles, etc.
Il faut surtout qu’une majorité de militants, d’enseignants et de parents, pensent que la société vivrait mieux avec une école plus égalitaire.
Les prépas : rompre avec un modèle de formation des élites ?
La République sélectionne et forme ses élites en perpétuant une vieille tradition qu’elle veut croire juste et égalitaire : les Grandes Ecoles et les classes préparatoires. Ce faisant, elle formate une classe sociale uniforme coupée des réalités du terrain. Et on sait depuis quarante ans que, malgré les apparences, le système des concours contribue à la reproduction des inégalités sociales, car ils évaluent plus le capital culturel et la conformité des candidats à un modèle traditionnel que leurs compétences réelles.
Or les classes préparatoires sont coûteuses. En position de quasi-monopole sur les débouchés des étudiants des premières années universitaires, elles privent les universités de leurs meilleurs étudiants. Le système français est faussement égalitaire : certes, tout bachelier peut s’inscrire à l’Université et les premiers cycles sont sensiblement égaux d’une ville à l’autre, mais le dualisme entre universités de masse et universités d’élite, observable dans bien des pays, s’est déplacé et existe entre les universités et les Grandes Ecoles, dotées de leurs prépas.
Au-delà de la nécessaire diversification des modalités de recrutement de ces Grandes Ecoles, il faut redéployer les importants moyens dévolus aux classes préparatoires pour que l’Université tout entière en profite. C’est à cette condition que la pédagogie universitaire pourra enfin se transformer et donner à des bacheliers, qui représentent aujourd’hui plus de 60 % d’une classe d’âge, des chances réelles de réussite et de poursuite d’étude, dans l’Université ou les Grandes Ecoles.
Enseignant, un métier difficile ... qui doit évoluer.
Le ministre Darcos pose une question de fond : faut-il revoir la profession enseignante ? Selon leur fonction et leur concours de recrutement, le temps de travail des professeurs des écoles, profs d’EPS et enseignants de disciplines générales est variable ; ils doivent aussi préparer leur cours, corriger, assister à des réunions. Cette faible durée de travail « devant les élèves » alimente toutes les démagogies, toutes les craintes ... et toutes les attitudes corporatistes. On l’a vu au cours de l’année dernière par la vidéo de S. Royal parlant des 35 h et par la décision de De Robien de supprimer les heures de décharge comptabilisées dans le service. Mais indirectement on pointait aussi d’autre chose : le manque d’encadrement des élèves hors du strict temps de cours et les résultats inégaux, par le jeu des économies attendues, le coût de l’enseignement.
L’enseignement est un métier difficile par la nature des élèves et les attentes des parents. Il nécessite engagement personnel et dévouement. Il est très divers selon la diversité des situations, entre les établissements, entre une « bonne classe de lycée » et une ZEP. On admet que le métier nécessite un savoir élevé qui s’apprend à l’Université, une formation professionnelle à l’institut de formation. Au-delà des changements peuvent être introduits comme le montre les résultats d’autres pays, mieux classés que la France dans les statistiques européennes.
Aujourd’hui on ne peut éviter ces interrogations. Il faut redéfinir les missions que le pays confie aux enseignants. Il faut mettre à plat l’activité réelle et les conditions de rémunération des enseignants (ils sont recrutés comme des cadres de la fonction publique). Cet examen devra se faire avec les organisations professionnelles ou syndicales. Mais cette adaptation du métier ne peut se réduire aux modalités de travail ou au salaire ; il doit prendre en compte les besoins des élèves et la réalité de leur réussite.
Que penser des conditions de nomination qui conduisent à un turn-over extrème dans les quartiers les plus difficiles ? comment y remédier ? Ne faudrait-il plus de temps d’échanges de pratiques et plus de formation continue, pour se former au cours de sa carrière ? doit-on continuer à recruter uniquement par concours pour l’ensemble de la vie professionnelle ? ne faut-il pas ménager une possibilité d’évolution dans la carrière enseignante ?
Bien des débats (qui eurent lieu autrefois) doivent être réouverts : la présence de plusieurs concours (CAPES, agrégation), une réelle activité de l’équipe enseignante, l’inspection et son rôle ? A nous de saisir ces questions pour leur donner une réponse humaniste.
L’apprentissage une voie de formation légitime.
L’apprentissage est trop souvent décrié, alors qu’il est une chance pour certains jeunes. Par ailleurs, il interroge toutes nos pratiques enseignantes. Mettant des jeunes de 15 à 20 ans au contact d’un monde d’adultes, il brise la notion de classe d’âge ; donnant des initiatives réelles à ces jeunes, il les met très vite devant leurs responsabilités. Il propose une construction des savoirs à partir du concret, ce qui n’exclut pas une théorisation progressive (par exemple en accédant ensuite à des BTS).
Il impose une prise en compte rapide de compétences sociales « non-scolaires », ponctualité, politesse, propreté, mais aussi capacité à s’affirmer, à prendre des initiatives. C’est un lieu d’épanouissement possible pour certains jeunes, mais surtout pas une solution magique pour intégrer (ou faire disparaître du paysage) les jeunes les plus en difficulté !
Il ne peut fonctionner correctement que dans des métiers intéressants, où l’exécution laisse une place convenable à l’initiative personnelle, et ne peut pas servir à enfermer les exclus dans les tâches ingrates dont personne ne veut. Il demande un dialogue honnête entre les familles, les employeurs et les centres de formation d’apprentis, une implication de tous ces partenaires. Mais il reste une option à ne pas négliger dans la palette éducative que nous voulons construire.
PROGRAMME MUNICIPALES-CANTONALES. POLITIQUES EDUCATIVES ET SCOLAIRES.
Au cours des précédentes mandatures, les Verts ont défendu des politiques au sein des Conseils Municipaux ou des Conseil Généraux. L’évolution de l’école rend cette action encore plus nécessaire et utile. Elle concerne les dimensions scolaires et éducatives. Certaines (contenus, horaires, méthodes) dépendent de l’Etat et du Ministère, d’autres relèvent des mairies ou des Conseils Généraux. Nous les énumérons du para scolaire au scolaire.
Deux domaines où les Verts ont une compétence directe et reconnue.
Les bâtiments
construction/ rénovation.
Les écoles ou les collèges ne sont pas « écologiques » : construction, rénovation bâtiment HQE (chauffage solaire, chaudières bois).
utilisation des bâtiments scolaires
Un aspect moins discuté concerne l’utilisation des bâtiments scolaires (salles informatiques des collège mal utilisées pendant et hors temps scolaire), bâtiments sportifs.
On doit pouvoir proposer des découpages de lieux (utilisation partielle des bâtiments) à condition de résoudre la question des personnels.
Nourriture et cantines bio.
La question de l’alimentation est aujourd’hui cruciale pour des raisons économiques et sanitaires : la cantine assure un repas par jour pour certains élèves ; le développement de l’obésité renvoie aux pratiques alimentaires.
L’organisation de repas bio dans les cantines est déjà pratiqué. La transition vers une nourriture saine et non industrielle bute sur des questions de personnes (il est nécessaire de former les intendants/ TOS/ pour faire basculer les pratiques) et des questions d’offre (organisation des filières). Cela ne devrait pas faire oublier un autre obstacle, les contraintes d’hygiènisme (chaîne du froid … ) ou les habitudes des équipes qui préfèrent un fonctionnement économe en temps et fatigue (standardisation – marchandisation de la nourriture). Création d’observatoire de la santé alimentaire et développement de l’éducation à la santé /nourriture (cf programme de la santé, Maison de santé).
Le culturel est une dimension classique de l’intervention des politiques de gauche.
Institution culturelles : culture, parentalité, technologie.
L’inégalité culturelle existe devant l’école : l’accès de tous à l’école (école obligatoire, collège) laisse intacte la question de l’égalité de réussite.
Le soutien scolaire s’est institutionnalisé partout. Il est associatif et bénévole. Il repose sur des pratiques de soutien individuels (type AFEV) ou de soutien dans les lieux associatifs. Il mêle le pire, le moins bon et rarement le meilleur. Il est indispensable de former les intervenants.
Ne pas se cacher que le soutien scolaire est le cheval de Troie des mouvements religieux : il faut s’efforcer de « trier » les associations à soutenir et les autres ; le contrôle peut se faire localement.
Les technologies nouvelles (culture électronique, TV de quartier, musiques).
La culture moderne est technologique (internet, télés) ; c’est un outil non démocratique (fracture numérique) et non égalitaire (on trouve à condition de disposer d’une culture non numérique). Deux volets, les machines et la culture : Ouverture des salles informatiques (cf supra). Formation aux logiciels (notamment logiciels libres). Un travail de culture « populaire » peut se faire par ce média et dans ces lieux : cf soutien à la citoyenneté et à la culture par les technologies nouvelles (cf Brest-multimédia, M. Briand et la télévision Cap Canal, Lyon, Ph. Meirieu).
La parentalité et l’éducation.
Les transformations des familles, des relations parentales joint à l’impératif de se réaliser et de définir sa propre vie, aboutit à des parents destabilisés et des enfants non éduqués. Il faut créer des lieux d’échanges et d’éducation. Ouverture d’un café des parents, d’une Maison de la parentalité (professionnels et bénévoles)
Les collectivités territoriales s’intéressent directement au scolaire
Le temps scolaire
C’est une question centrale de la vie des enfants/élèves d’âge scolaire et de la vie sociale. Il existait plusieurs organisations : semaine de cinq jours ; semaine de 4 jours, suppression du samedi ; semaine de 4 jours (suppression du samedi) et réduction du temps de vacances.
Le Ministère semble avoir tranché cette importante question des rythmes scolaires, avec des considérations assez simplistes. Ne peut-on pas prendre la tête d’une réflexion et d’une proposition d’un autre temps scolaire (moins dense et avec moins de vacances). Débat entre élus et partenaires école (IEN, parents, syndicats, association) en relation avec les contextes familiaux (types de familles, d’activité professionnelle) et sociaux (dispositifs para scolaires existants).
Ouverture d’établissement « spécifiques »
Il existe une possibilité de créer des écoles « innovantes » à condition de mobiliser un certain nombre de concours : accord inspecteur, équipes d’enseignants, parents, etc. Soutien des communes à ces créations.
Carte scolaire et égalité
L’égalité sur le territoire est largement mis à mal par la ghettoisation de l’habitat. Il n’y a pas de moyen miracle. Le redécoupage des zones de scolarisation, la carte scolaire sont des moyens de restaurer l’égalité. D’autres moyens existent (busing)…
LIVRES. SITES INTERNET.
A. Finkelkraut, La querelle de l’école, 2000, Stock.
Un ensemble de points de vue présenté par un polémiste.
H. Hamon, Tant qu’il y aura des élèves, 2006, Seuil
Une photographie contrastée et juste (après tant qu’il y aura des profs » 1986).
P. Meirieu, Ecole : demandez le programme !, ESF, 2006
Des suggestions sur les formes de pédagogie (organisation des savoirs, du temps, des groupes d’élèves, de l’orientation…).
F. Dubet, L’école des chances. Qu’est-ce qu’une école juste ?, Seuil, 2004
Le point sur la mulitiplicité des formes de justice et d’égalité
ML.Viaud, Des Collèges et des lycées différents, PUF, 2005
Ce livre étudie les (trop) rares établissements secondaires expérimentaux. L’auteure conclut sur la nécessité d’innover pour débloquer le système.
M. Duru, L’inflation scolaire, les désillusions de la méritocratie, Seuil, 2006
Avantages et inconvénients du développement de la scolarisation .
- http://www.cafepedagogique.net : Actualité de l’école. réflexions, luttes, débats, techniques et exemples concrets de pratiques. et devenir. : organisation regroupant tous les professionnels de l’éducation, personnels d’encadrement, chefs d’établissement, inspecteur.
- http://www.cahiers-pedagogiques.com/ : Revue des pionniers des « classes nouvelles » (1947) : lieu de rencontre de ceux qui ne se résignent pas à la déploration sur l’école.


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