Déclaration de Julie Le Goïc et Nathalie Chaline, élues vertes, adjointes au maire de Brest
Election du Maire et des adjoint-e-s le 22 mars 2008
Monsieur Le Maire,
Présents-es pour la troisième fois au sein de la majorité de la municipalité brestoise, les Verts souhaitent voir se poursuivre et s’intensifier les efforts pour une ville juste, écologique et dynamique.
Pour voir se concrétiser cette vision, il importe que la Ville veille à ce que les droits de ses habitants soient respectés. Du droit de tous et toutes à l’égalité, quel que soit le sexe, l’origine, le milieu social. Qu’il s’agisse du droit de chacun à disposer d’un logement décent, pourvu d’une bonne isolation thermique et sonore, écologiquement performant. Du droit d’accès de tous à toutes les cultures. Du droit de vote de tous les habitants y compris les immigrés.
La Ville se doit de créer, de renforcer le lien social, par l’action de ses mairies, de ses conseils de quartiers, en favorisant les solidarités individuelles et collectives. Nous devons poursuivre l’action de protection des personnes isolées, personnes âgées, handicapés ou exclues. L’effort en matière de garde d’enfants doit être accentué et l’offre diversifiée pour permettre à tous et toutes l’accès au travail.
Notre rôle en matière de santé publique est primordial. A ce sujet, il nous paraît important que toutes les activités du CHU soient maintenues et nous soutenons à ce titre la revendication pour le maintien des allogreffes pédiatriques à Brest. La santé publique ne peut que pâtir d’une gestion selon des intérêts comptables et personnels. La santé publique c’est aussi poursuivre les actions déjà engagées sur la santé mentale, les addictions, la nutrition. Mais c’est aussi protéger les habitants des expositions aux pollutions environnementales et les informer sur celles-ci.
La gestion de l’environnement doit être au coeur de notre action durant ce mandat. L’urgence écologique et sanitaire est telle que nous devons agir contre les nombreuses sources de pollutions auxquelles est confrontée Brest. La plupart d’entre elles sont générées par les actions humaines et sont donc contrôlables. Certaines de ces pollutions attendent depuis trop longtemps d’être prises en compte. Nous citerons simplement les déchets perdus puis retrouvés de l’Amoco, qui 30 ans après, nous rappellent que s’il y a bien une chose durable, c’est la pollution.
Des déchets, nos activités quotidiennes en produisent également. La municipalité doit favoriser la réduction des déchets à la source en aidant les initiatives telles que le compostage des déchets organiques, toilettes sèches, couches lavables. Le zéro déchet n’étant malheureusement pas envisageable, il faut aller vers un tri sélectif plus efficace. Il est temps qu’à certaines matières toxiques ne soient plus incinérées à Brest. L’incinération étant de plus une solution peu écologique, nous devons nous intéresser à d’autres façons de valoriser nos déchets, comme la méthanisation.
Gérer l’environnement c’est offrir aux Brestois une meilleure qualité de vie, c’est leur permettre d’être mieux informés sur la qualité de l’air, celle de l’eau, c’est leur offrir des espaces et des locaux publiques moins pollués, permettre des expériences comme les jardins collectifs.
Le volet des transports est central dans cette vision d’un mieux-vivre à Brest. Il faut bien sûr poursuivre le bon travail entamé sur le tramway, en y intégrant fortement de façon cohérente les autres modes de déplacements non-polluants. Nous devons faciliter les transports en vélo (pistes cyclables, location de vélo et de matériels) et les déplacements piétons (zones piétonnes, attention portée au respect des passages piétons par les automobilistes, multiplication des initiatives de pédibus...). Nous devons également nous pencher sur des solutions de voitures partagées, de co-voiturage.
En ces temps de hausse drastique des prix pétroliers, alors que les familles hésitent à prendre leur voiture pour les sorties du week-end, nous devons nous interroger sur la pertinence de construire plus de routes dans l’agglomération brestoise.
La question des transports amène bien évidemment celle de l’énergie. Les enjeux dans ce domaine dépassent Brest même : réchauffement climatique, hausse des prix du pétrole, pénurie prochaine, risques sur l’approvisionnement en gaz, danger du nucléaire... face à ces données, il nous paraît vital de mener une politique volontaire d’économies d’énergie, de maîtrise de nos émissions de CO2. Brest doit tendre à se libérer des risques qu’une totale dépendance énergétique fait peser sur le budget de la ville et des habitants. Plus d’autonomie énergétique nous paraît nécessaire, avec une part essentielle des énergies renouvelables, éolien, hydrolien, solaire...
Economie, autonomie, voilà des mots que nous retrouvons dans un dossier qui nous tient particulièrement à coeur : celui de l’eau. La gestion de l’eau peut et doit revenir à la collectivité. Dans un contexte d’eau polluée, et d’économies de la ressource, les élus locaux nous paraissent mieux placés pour protéger les habitants, et pour les informer sur leurs propres responsabilités. L’accès à l’eau pour tous est un droit que nous pouvons et devons garantir à chacun.
Notre vision de la ville est celle d’une Brest Ouverte, ouverte sur le pays, la région, l’Europe et le monde. Une ville dynamique favorisant l’émergence de projets au sein du pays de Brest. Une ville multi-culturelle, accueillant les diversités et donnant une vraie place aux différentes langues régionales et minoritaires. Une ville écologique anticipant les problèmes qui s’annoncent et offrant ainsi une meilleure protection à ses habitants.
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« La santé publique ne peut que pâtir d’une gestion selon des intérêts comptables et personnels »
Alors là, tout à fait d’accord, et je pense que les représentants des Verts en poste à la Mairie feront tout leur possible pour y veiller, ils le peuvent et le veulent.


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