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Veolia en difficulté à Paris et en banlieue parisienne : la bourse s’inquiète...

samedi 24 mai 2008
Voilà qui va mettre du baume au cœur des élus et des usagers qui se mobilisent à Paris et en banlieue parisienne en faveur d’une remunicipalisation de l’eau dans la capitale et en banlieue. Les analystes de Cheuvreux, filiale du Crédit Agricole, s’inquiètent de l’éventualité de voir Veolia perdre les contrats de Paris et du Sedif en 2009 et 2010, et chiffrent le manque à gagner qui en découlerait pour l’entreprise. Cerise sur le gâteau, les deux analystes auteurs de la note en date du 20 mai 2008, qualifient M. André Santini, président du Sedif, de « politicien favorable aux entreprises privées... » Après « la terre qui ne ment pas », « la bourse qui ne ment pas ! ». Nous vivons une époque formidable.

Un article de Marc Laimé repris du site "eaux glacées et publié sous licence creative commons

Datée du 20 mai 2008, la note rédigée par Benoit Trochu et Damien de Saint-Germain, de Cheuvreux, dont on peut augurer qu’ils vont se faire sonner les cloches, est titrée :

« Bataille pour les contrats de l’eau parisiens : premier round. »

« Veolia vient juste de remporter deux contrats de construction d’usines de traitement d’eaux usées en région parisienne (214 millions d’euros de chiffre d’affaires pour Veolia Environnement de 2008 à 2012).

Paris semble perdu, la région Ile-de-France en péril.

Deux contrats doivent être renégociés dans les deux prochaines années.

- La distribution de l’eau à Paris à la fin de 2009 : selon nos estimations, (ce contrat) représente 20 millions d’euros d’Ebitda * pour Veolia (et 10 millions d’euros pour Suez Environnement). Le maire de Paris a annoncé durant la campagne électorale que la distribution de l’eau sera remunicipalisée à la fin du contrat. Quoique la municipalité parisienne souhaite recourir à l’expertise de Veolia et Suez environnement, il semble clair que les deux entreprises ont très peu de chances de conserver leurs contrats.

L’impact serait de EURO.5 par action pour Veolia.

- La distribution de l’eau et la potabilisation pour l’Ile-de-France (banlieue parisienne) à la fin de 2010 : le président du syndicat en charge de cette activité (M. André Santini, président du Sedif, note Eaux glacées), est un politicien favorable aux entreprises privées. Toutefois, le contrat, qui représente un Ebitda* de 100 à 150 millions d’euros pour Veolia, selon nos estimations, doit faire l’objet d’un appel d’offres. Nous pensons que Veolia a de bonnes chances de le conserver, mais en acceptant de réduire ses tarifs, comme c’est généralement le cas actuellement lors de la renégociation des contrats en France.

Si le contrat était perdu, l’impact représenterait EUR3 par action pour Veolia.

Quoiqu’il en soit, quoique l’impact de ces deux contrats ne soit pas significatif en termes de valorisation, le « bruit » entourant ces renégociations n’est pas favorable à Veolia et Suez Environnement. »

* Ebitda : Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization.

PDF - 124.8 ko La note de Cheuvreux du 20 mai 2008.

Dans leur univers exotique les « analystes » sont réputés être gens bien informés. Nonobstant, nous le rappelons pour mémoire, les errements coupables de leur lointain cousin, M. Jérôme Kerviel, dont les gazettes nous narraient il y a peu les fredaines.

Du coup nous sommes conduits à nous interroger. Comment nos deux jeunes brillants talents peuvent-ils s’aventurer à supputer que Veolia conserverait le contrat du Sedif, quand le président d’icelui, M. Santini, et son bureau, annonçant leur réélection dans un communiqué en date du 15 mai 2008, assurent, en le soulignant, qu’en matière de choix du futur mode de gestion du Sedif, « Rien n’est décidé ».

Les mystères de la communication institutionnelle et financière nous demeurent décidément insondables...

Par ailleurs, accordant un entretien au quotidien gratuit 20 minutes en date du 21 mai 2008, le président du Sedif n’hésite pas à y confier que : "la gestion directe autonome, ce n’est pas raisonnable. (...) C’est quand même plus facile quand on a un concessionnaire."

On voit donc que nos deux analystes ne se trompent guère sur la dilection de M. André "Rien n’est décidé" Santini pour la gestion privée, dilection qu’il affiche donc ouvertement. Les délégués du Sedif apprécieront...

L’analyse que nous livrions ici même il y a peu semble se confirmer...

©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
Forum
26 mai 2008 A Brest...
A Brest, je ne dis pas merci à ceux qui ont renvoyé le débat au retour à une gestion publique à l’après campagne électorale.
Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net