Des « Ambulances vertes » pour une meilleure qualité de logement
L‘Observatoire de la qualité de l’air créé en 2001, sous l‘égide du ministère de l‘Environnement, du ministère de la Santé et du ministère de l‘Equipement, a ainsi mis en lumière plusieurs paramètres d‘intérêt dans le cadre de ses enquêtes : allergènes d‘animaux, bactéries, CO, NO2, composés organiques volatils, fibres minérales artificielles et température (humidité relative, CO2). légionelles, les pesticides, l‘amiante, le radon et le plomb… Longtemps ignorée, cette réalité assez effrayante, commence à être prise en compte en Europe, encore très en frtance
Les Ambulances Vertes
Elles sont apparues pour la première fois en Allemagne en 1992 puis en Suisse et au Luxembourg, il est à noter que la Belgique est désormais l’ Etat membre le plus avancé dans ce domaine. C’est le Comité Interprovincial de Médecine Préventive qui coordonne les ambulances vertes en Wallonie. Un service similaire existe en Flandre. Les " Ambulances vertes ", aussi appelés Services d’analyse en milieux intérieurs (SAMI), mènent des inspections pour déterminer l’impact des pollutions intérieures sur la santé humaine et mettent en place des mesures pour y remédier.
Les " Ambulances vertes " ont pour mission d’analyser les milieux intérieurs, qu’ils soient bâtiments publics ou privés). Une « Ambulance verte » est une équipe de techniciens qui peut effectuer des prélèvements de l’air, du bois ou d’autres matériaux, afin d’identifier les sources polluantes à l’intérieur des logements souvent à l’origine d’allergies diverses. Ce service réalise gratuitement des audits sanitaires des bâtiments (ex : taux anormalement élevés de radon) mais aussi et surtout guider, informer, sensibiliser et conseiller les occupants sur la manière d’adapter leur logement en matière d’aération, d’entretien, de chauffage,… et d’impact sur la santé.
Les analyses sont effectuées sur base de plaintes et après prescription du médecin traitant.
L’exemple de Bruxelles
Dans la région de Bruxelles , c’est le CRIPI, Cellule Régionale d’Intervention en Pollution Intérieure, qui remplit la mission des ambulances vertes et qui intervient à domicile sur demandes. « Les demandes concernent un large éventail de symptômes dont les plus fréquents sont les problèmes d’asthme, de rhinites chroniques, problèmes ORL, dermatologiques, céphalées et autres symptômes chroniques. Dans 44% des cas, la demande concerne un enfant de moins de 12 ans. Les polluants chimiques les plus souvent identifiés sont le benzène (souvent lié au tabagisme), les différents composés émis par les solvants (peintures, colles, produits d’entretien, …), les terpènes (émis principalement par les désodorisants pour l’air), le formaldéhyde (provenant de bois agglomérés, matériaux de construction, produits cosmétiques, …). Au niveau des analyses biologiques, près de 40% des logements présentent des contaminations fongiques visibles, dont 18% ont une surface de contamination supérieure à 3 m. »
6 mois après remédiation. sur les 50% de réponses reçues, l’amélioration de l’état de santé des patients se ferait ressentir dans 60% des cas selon l’avis des médecins et 80% des cas selon l’avis des patients.
Une initiative soutenue par ECOLO (l’équivalent des Verts en Belgique)
Dans son programme : ECOLO indique « qu’il veut offrir à tous les citoyens la possibilité de bénéficier de l’intervention de services spécialisés dans la détection et la réponse aux pollutions intérieures, en généralisant les ambulances vertes ».
C’est sur la proposition d’ECOLO, que les "Ambulances vertes" ont été mises en place dans la province de Namur, puis ensuite dans les autres provinces et à Bruxelles.
D’autres partis belges soutiennent aussi les "Ambulances vertes", c’est le cas du parti Socialiste et du Centre démocrate humaniste (cdH), parti démocrate humaniste francophone.
Le 16 mai 2007, ces deux partis font une Proposition de résolution commune devant le Parlement wallon.
La proposition de résolution recommande « notamment une meilleure protection du citoyen :
en développant un système d’information unique à l’attention du citoyen qui regrouperait les données harmonisées issues de tous les niveaux de pouvoir.
en systématisant l’intervention des SAMIs dans les lieux de travail, les crèches, les écoles, les hôpitaux et les maisons de repos. »
En France
Lors des dernières élections municipales à Paris, les candidats Verts ou du Modem ont fait référence aux "Ambulances vertes" . Mais globalement, le sujet de la qualité de l‘air intérieur est encore très peu abordé en France, où la surveillance porte principalement sur l‘air extérieur (10 % de l‘exposition globale).
A signaler cependant la création un diplôme de Conseiller médical en environnement intérieur. Il aide les médecins à la fois dans le diagnostic et le traitement des maladies respiratoires et allergiques liées à l’air intérieur. Ses missions : se rendre au domicile du patient, réaliser un audit de qualité de l’environnement intérieur, proposer des conseils d’éviction en fonction des niveaux d’exposition mesurés et des habitudes culturelles du malade.
Mais le nombre de ces professionnels reste très bas.
Le chemin à parcourir est encore long. Il y a tellement à faire ! -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour en savoir plus :
Les ambulances sur le site de l’actualité du Développement Durable en Belgique
Contacts :
A Bruxelles, il s’agit du CRIPI (Cellule Ré g i o n a l e d’Intervention en Pollution Intérieure) au 02 775 77 69. Le service H a b i tat Santé propose le
même service : 02 242 02 92,
www.habitat-sante.org
En Wallonie, le SAMI (Service d’Analyse des Milieux Intérieurs) qui offre ce service à Namur (081 72 37 43) et à Liège (04 250 66 38), www.sami.be.


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